Des mesures exceptionnelles sont prises depuis hier autour de la prison de Roumieh
« La situation sécuritaire est sous contrôle » : c'est l'expression répétée hier dans les discours, notamment celui du Premier ministre, Tammam Salam, et du ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, tandis que se tenaient plusieurs réunions sécuritaires parallèles. « La situation sécuritaire et intérieure est sous contrôle, et le Liban n'offre aucun environnement favorable au terrorisme », a souligné précisément le Premier ministre lors d'une interview à la chaîne al-Jazira.
Plus tôt, le Conseil central de sécurité s'était réuni dans la matinée au siège du ministère de l'Intérieur, sous la présidence du ministre Nouhad Machnouk. Le point a été fait sur la mise en œuvre du plan sécuritaire, et de la poursuite du démantèlement des réseaux terroristes. Plusieurs décisions, qui restent confidentielles, ont été prises à ce niveau. Le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, était absent de la réunion.
Le ministre de l'Intérieur a reçu ensuite une délégation de l'Association des banques au Liban, emmenée par le président de l'association, François Bassil, qui a remis au ministre un chèque en guise de contribution de l'ABL pour la réhabilitation des prisons. C'est à cette occasion que le ministre a répondu aux questions des journalistes sur la situation sécuritaire et les nouvelles mesures convenues. « La situation sécuritaire est sous contrôle, et les trois dernières opérations terroristes ont été mises en échec, en dépit des pertes et des dégâts engendrés. » « Nous persévérons dans notre lutte avec le soutien de tous les Libanais », a-t-il affirmé. Appelé à rassurer les Libanais, il a ajouté que « les services de sécurité sont en alerte et travaillent sur la base d'une étroite coordination ». « Ces services accomplissent tous leurs devoirs et coordonnent parfaitement », a-t-il encore insisté, précisant que la preuve en est la mise en échec des trois derniers attentats. « Nous ne reculerons devant rien », a-t-il affirmé précisant ne pouvoir révéler la teneur des débats, qui restent secrets.
Réunions parallèles
Il a également affirmé « ne pas craindre du tout une réédition de l'expérience irakienne au Liban, les circonstances que traverse le pays, ainsi que sa nature, étant complètement différents de l'Irak ».
Une réunion sécuritaire s'est également tenue en outre au siège du ministère de la Défense. Le vice-président du Conseil et ministre de la Défense, Samir Mokbel, s'est réuni avec le président du tribunal militaire, le général Khalil Ibrahim, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sakr Sakr, le président de la Cour de cassation militaire délictuelle, le juge Samir Akiki, le président de la Cour de cassation militaire criminelle, le juge Élias Nayfé, le premier juge d'instruction militaire, Riad Bou Ghida. Le ministre de la Défense s'est informé de la marche de la cour militaire, face à la multiplication des arrestations effectuées par les services compétents dans le cadre de la mobilisation sécuritaire. Il n'a pas manqué de saluer à cet égard les efforts et le sérieux du tribunal militaire dans le suivi des crimes et attentats-suicide. Le ministre a reçu ensuite le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi.
Une autre réunion sécuritaire s'est tenue au Akkar, sous la présidence du mohafez, Imad Labaki. Les responsables sécuritaires des Forces de sécurité intérieure et de la Sûreté de l'État étaient présents à la réunion. L'idée de former une chambre d'opérations conjointe entre tous les services afin d'optimiser les opérations antiterroristes. D'autres points épineux, comme la gestion humanitaire et sécuritaire de la présence des réfugiés syriens, ont également été passés en revue.
Mesures exceptionnelles autour de Roumieh
Sur le terrain, la mobilisation se concentre à l'heure actuelle au niveau de la prison de Roumieh. Des mesures exceptionnelles sont prises depuis hier autour de la prison, suite à des informations sur de possibles attentats-suicide aux portes du centre pénitentiaire dans le but de libérer les détenus islamistes.
Aujourd'hui, des mesures de circulation exceptionnelles seront prises au niveau du périmètre de la prison, et tous les axes y menant seront bloqués, comme l'ont annoncé les Forces de sécurité intérieure.
Au niveau judiciaire, le juge d'instruction militaire, Imad Zein, a émis un mandat d'arrêt contre un Palestinien accusé d'appartenir au Front al-Nosra. Ce Palestinien prévoyait de mener « des actions terroristes et de combattre en Syrie ». Il risque la peine de mort.
Toutefois, les troubles ponctuels semblent incontournables : à Tripoli, dans le quartier de Raml, une charge explosive de 800 grammes, placée au bord de la route dans une boîte métallique remplie de billes métalliques, a explosé au passage d'une patrouille militaire à l'aube (à 3h15 précisément), sans faire de victimes, selon un communiqué de l'armée. Enfin, la route de l'ambassade du Koweït en direction de la Cité sportive a été bloquée en fin d'après-midi avec des pneus brûlés par des citoyens furieux du rationnement drastique du courant électrique.



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