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Nos lecteurs ont la parole - Dr Carine Chamoun Chammas

Nous méritons mieux que « ça »

Citoyens, amis, frères,
Comme des brebis abruties par des années de domestication, nous sommes là, inertes et passifs, à regarder passer nos jours. Nos années s'écoulent les unes après les autres identiques dans leur médiocrité. Nous les égrenons comme si elles ne nous concernaient pas.
Regardons-nous dans la glace : les joues rondes et roses de notre enfance, les cheveux en bataille et les sourires arrogants de notre adolescence ont cédé la place à des creux, des cernes, des bedaines plus ou moins imposantes, des calvities plus ou moins assumées, des cheveux gris plus ou moins escamotés, des virgules autour des yeux et des sillons plus francs sur nos fronts. Insidieusement, quand on pense à demain, ce sont nos enfants qui jouent les premiers rôles... Comme si demain nous oubliera comme hier nous a sacrifiés et aujourd'hui nous ignore.
Dans nos journaux du matin, depuis trente ans que nous les ouvrons, c'est la même une qui se répète. Nabih est toujours sur son perchoir, Samir et Michel n'ont pas fini de compter leurs billes et de solder leurs comptes, Walid, retranché derrière sa moustache, thésaurise et fait et défait nos fils à sa guise. Hassan veut encore jouer tout seul et n'est jamais content. Quant à ceux qui sont morts, nous avons à peine remarqué leur absence, vu que leurs fils, frères, cousins, neveux, etc. les ont remplacés. Tout ce petit monde vit dans sa bulle. Ils sont aveugles et sourds à nos souffrances. Mais surtout ils ne sont pas muets et ils continuent de nous assommer des mêmes discours soporifiques, hargneux, méprisants et idiots. Pendants des années, ils ont tranquillement chômé, émergeant parfois de leur coma pour pondre quelques lois insipides et tronquées, pour laver, essorer, passer et repasser la Constitution de façon à l'accommoder à leurs tailles sans cesse changeantes. Pendant des années encore, ils vont vivre grassement de nos deniers se récompensant eux-mêmes de la fatigue accumulée d'avoir trop mangé, trop voyagé, trop travaillé.
Ce n'est plus permis. Ça suffit. À tout ce beau monde, il est temps de dire : Ouste ! Dégagez ! Au rebut ! Assez d'hypocrisie, de mensonges, de dés truqués, f...-nous la paix !
Il est temps de vivre. Respirer. Légiférer. Nous disputer sainement dans un hémicycle reconquis. Voter. Dire oui. Dire non. Gagner. Perdre. À la régulière. De façon civilisée.
Nous voulons construire. Pas Dubaï, non. Nous voulons construire nos vies. Faire de notre ciel le plus bel endroit de la terre.
Nous voulons penser sereinement à demain. Parce que demain, c'est déjà aujourd'hui.
Nous voulons des couleurs. Ôter le noir du deuil et de la suie de nos murs et de nos âmes. Parce que la vie est trop courte pour s'habiller triste.
Nous voulons simplement vivre. Aussi bêtement que ça. Parce que c'est beau, la vie. Pour les grands et les petits.
Alors il va falloir oser. Parce que on a tous à y gagner. Parce que l'impossible n'est rien. Parce que oui, on le peut.
Et surtout, surtout parce que nous le valons bien.

Dr Carine CHAMOUN CHAMMAS

Citoyens, amis, frères,Comme des brebis abruties par des années de domestication, nous sommes là, inertes et passifs, à regarder passer nos jours. Nos années s'écoulent les unes après les autres identiques dans leur médiocrité. Nous les égrenons comme si elles ne nous concernaient pas.Regardons-nous dans la glace : les joues rondes et roses de notre enfance, les cheveux en bataille et les sourires arrogants de notre adolescence ont cédé la place à des creux, des cernes, des bedaines plus ou moins imposantes, des calvities plus ou moins assumées, des cheveux gris plus ou moins escamotés, des virgules autour des yeux et des sillons plus francs sur nos fronts. Insidieusement, quand on pense à demain, ce sont nos enfants qui jouent les premiers rôles... Comme si demain nous oubliera comme hier nous a sacrifiés et...
commentaires (2)

Nous pourrions commencer par réclamer deux amendements à la constitution : En tout premier lieu Il faudrait éliminer la possibilité de « nommer » un président. Ne devrait être élu président de la république qu’un homme ou une femme maronite répondant aux règles constitutionnelles de candidatures et ayant officiellement déposé sa candidature et son programme dans un délai constitutionnel lequel serait suivi d’une approbation des candidatures et du déroulement des campagnes électorale bien avant l’élection au sein du parlement. Et deuxièmement : la constitution devrait qualifier d’obligations toutes les fonctions de nos élus parlementaires et tout manquement à ces obligations devrait être sévèrement sanctionné par la constitution. Tout élu entravant le fonctionnement normal du parlement devrait être sanctionné et déchu de son immunité parlementaire. A partir de là ne se porteront candidats au Parlement et à la présidence de la république que les hommes et les femmes sérieusement motivés par l’intérêt supérieure de la nation…

Bibette

12 h 09, le 05 juillet 2014

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Commentaires (2)

  • Nous pourrions commencer par réclamer deux amendements à la constitution : En tout premier lieu Il faudrait éliminer la possibilité de « nommer » un président. Ne devrait être élu président de la république qu’un homme ou une femme maronite répondant aux règles constitutionnelles de candidatures et ayant officiellement déposé sa candidature et son programme dans un délai constitutionnel lequel serait suivi d’une approbation des candidatures et du déroulement des campagnes électorale bien avant l’élection au sein du parlement. Et deuxièmement : la constitution devrait qualifier d’obligations toutes les fonctions de nos élus parlementaires et tout manquement à ces obligations devrait être sévèrement sanctionné par la constitution. Tout élu entravant le fonctionnement normal du parlement devrait être sanctionné et déchu de son immunité parlementaire. A partir de là ne se porteront candidats au Parlement et à la présidence de la république que les hommes et les femmes sérieusement motivés par l’intérêt supérieure de la nation…

    Bibette

    12 h 09, le 05 juillet 2014

  • Bravo Dr. Carine, bien dit! Mais, a partir de la, ou va-t-on? Nous savons tous ou presque tous, que nous sommes sur le mauvais chemin. Mais qui va nous pointer sur la voie droite? J'ai dit et redit a ces "ânes" bâtés de la finance qu'au rythme auquel nous allons, notre dette publique atteindra $184 milliards en 2032, même si l'on consacrait tous les revenus de notre pétrole et de notre gaz a la repayer, et $284 milliards autrement. J’en ai parle aux responsables, et qu'ont-ils répondu? Rien qu'un petit sourire entendu. Qu’espérez-vous après ceci, Dr. Carine? Un Miracle?

    George Sabat

    08 h 10, le 03 juillet 2014

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