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Économie

Salaires US : du bruit ou du signal ?

Avec une hausse de 1,8 % sur un an en mai, l'inflation est désormais proche de la cible de 2 %. La présidente de la Fed ne s'en inquiète pas du tout. La raison de cette sérénité, partagée par une majorité du FOMC, est double. D'une part, l'inflation reste basse. D'autre part, les salaires sont peu robustes, n'augmentant guère plus vite que les prix. Les salaires réels sont presque stables, alors qu'une situation normale serait caractérisée, selon Mme Yellen, par des gains réels de l'ordre de 1-2 %. Son hypothèse est qu'avec des salaires modérés, le risque inflationniste est faible. Il est difficile d'établir une relation robuste et stable concernant la causalité entre prix et salaires. L'argument de Mme Yellen n'est pas forcément faux, mais il doit être utilisé avec prudence.
Cela étant, on commence à observer plusieurs signes de pression sur les salaires, reflétant l'amélioration rapide – et, en tout cas, plus rapide qu'attendu par la Fed elle-même – des conditions sur le marché du travail. Le « job gap », c'est-à-dire l'écart du chômage à son niveau d'équilibre, est au plus bas depuis 2008. Les petites et moyennes entreprises disent désormais que les pressions salariales sont revenues à la normale, après six années passées en situation de grande ou très grande faiblesse. Enfin, se développe un débat autour de la hausse du salaire minimum. Barack Obama plaide pour une hausse de 40 %, de 7,25$ à 10$ de l'heure du minimum fédéral (le salaire horaire moyen est de 24,4$). Il serait surprenant que les républicains soutiennent cette proposition au Congrès mais, en attendant, certains États, le plus souvent dirigés par des gouverneurs démocrates, ont déjà ajusté leur propre minimum, qui peut s'écarter du référent fédéral. Si l'on tient compte des hausses déjà mises en place et de celles qui sont annoncées, il est indéniable que la dynamique a changé de sens depuis environ 18 mois. Aux États-Unis, la part des salariés touchant le salaire minimum fédéral est faible (de l'ordre de 5 %) et son impact direct sur la dynamique générale est de ce fait modéré. Il n'en demeure pas moins que les salaires minimums et les salaires moyens évoluent généralement de concert. À suivre donc...

Avec une hausse de 1,8 % sur un an en mai, l'inflation est désormais proche de la cible de 2 %. La présidente de la Fed ne s'en inquiète pas du tout. La raison de cette sérénité, partagée par une majorité du FOMC, est double. D'une part, l'inflation reste basse. D'autre part, les salaires sont peu robustes, n'augmentant guère plus vite que les prix. Les salaires réels sont presque stables, alors qu'une situation normale serait caractérisée, selon Mme Yellen, par des gains réels de l'ordre de 1-2 %. Son hypothèse est qu'avec des salaires modérés, le risque inflationniste est faible. Il est difficile d'établir une relation robuste et stable concernant la causalité entre prix et salaires. L'argument de Mme Yellen n'est pas forcément faux, mais il doit être utilisé avec prudence.Cela étant, on commence à observer...
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