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Culture - Musique

Élégance et tendresse pour un piano à quatre mains au féminin

Présentées par le Kulturzentrum à l'Assembly Hall (AUB) dans un cycle de concerts de piano à quatre mains, Irina Unger et Peggy Voigt ont offert un moment de grâce dans un environnement empoisonné, dont le goût de cendre est encore dans toutes les bouches...

Deux virtuoses interprétant des pages de Debussy, Mendelssohn-Bartholdy, Brahms, Chopin et Schubert. Photo Samy Ayad

Circonstances atténuantes pour la musique et la culture dans une situation sociale préoccupante. C'est devant un maigre cercle de mélomanes que les deux pianistes, en une belle complicité et deux fringants solos, ont présenté un menu à prédominance romantique. Avec un choix éclectique de pages de Debussy, Mendelssohn-Bartholdy, Brahms, Chopin et Schubert.
Chemisiers noirs pour les deux artistes, colliers en pierres semi-précieuses anthracite autour du cou et jupes longues satinées, rouge bordeaux pour Irina Unger et vert bouteille pour Peggy Voigt. Entamé en 1991, le duo d'artistes a un parcours considérable. Applaudies déjà en 2008 au pays du Cèdre, elles récidivent l'aventure et offrent un bouquet d'œuvres conciliant brio et sens du détail. Avec parfois de négligeables mises au point pour certaines synchronisations ou fini des phrases, compensées par une sensibilité vive servant avec zèle les partitions.
Ouverture avec une Petite suite de Claude Debussy, fin mélodiste et ciseleur de partitions aux notes luisantes et fluides. Quatre tableaux sonores («En bateau», «Cortège », «Menuet» et «Ballet») pour traduire un univers tout en teintes élégantes et tendres.
Suit, en interprétation solo avec Irina Unger, le Rondo capriccioso op 14 de Felix Mendelssohn-Bartholdy. Lyrisme feutré, aux consonances amples à la fois vivaces et nostalgiques du compositeur des Romances sans paroles. Éloquence ici du clavier qui n'a justement pas besoin de paroles...
Pour prendre le relais, quatre danses hongroises de Brahms. Les quatre mains font merveille dans ces pièces pétillantes. Sémillante, à l'esprit tzigane, nourrie d'une sève folklorique dense, cette narration reste une étape majeure dans l'inspiration du fidèle ami-amant de Clara Schumann.
Chopin, le prince du clavier, marque sa présence avec deux valses. Valses au rythme tourbillonnant où les arpèges et les accords sont une richesse ajoutée (comme si on pouvait ajouter ou retrancher quelque chose aux œuvres du pèlerin polonais!) à ces danses qui n'en sont pas. Et qui restent de vrais bijoux d'une mémoire collective où grands sentiments, robes à crinoline et salons cossus se confondent.
Chaleureuse solitude des touches avec Peggy Voigt pour une Fantaisie-Impromptu, toujours de Chopin. Frémissement, tourmente, rêverie, passion et poésie pour une des œuvres les plus célèbres du grand voyageur qui a laissé son cœur dans sa Pologne natale. Et interprétée ici avec beaucoup de doigté.
Pour conclure, la Fantaisie en fa mineur de Frantz Schubert. Une des œuvres les plus connues du répertoire pianistique à quatre mains et qui reste un brillant maillon dans l'écrin des «schubertiades». Narration riche en accords opalescents et arpèges perlés. Avec une mélodie qui ressurgit à chaque fois comme une lame de fond. Résignation, mélancolie, souffle de révolte et intermittence de cœur, voilà tout Schubert entre sourire et tristesse, ombre et lumière, fuite et confrontation, lutte et abandon, rêverie et action. On ne dira jamais assez les beautés sonores de cette œuvre qui jette toujours du baume sur le cœur et reste une porte ouverte à plus d'une interrogation.
Petite salve d'applaudissements, gracieuse révérence des deux pianistes à l'humilité touchante et départ dans le silence de la nuit d'un public assailli par les grandes et poisseuses vagues de chaleur d'un juin finissant. Et comme dit l'adage populaire: la vie continue.

Circonstances atténuantes pour la musique et la culture dans une situation sociale préoccupante. C'est devant un maigre cercle de mélomanes que les deux pianistes, en une belle complicité et deux fringants solos, ont présenté un menu à prédominance romantique. Avec un choix éclectique de pages de Debussy, Mendelssohn-Bartholdy, Brahms, Chopin et Schubert.Chemisiers noirs pour les deux artistes, colliers en pierres semi-précieuses anthracite autour du cou et jupes longues satinées, rouge bordeaux pour Irina Unger et vert bouteille pour Peggy Voigt. Entamé en 1991, le duo d'artistes a un parcours considérable. Applaudies déjà en 2008 au pays du Cèdre, elles récidivent l'aventure et offrent un bouquet d'œuvres conciliant brio et sens du détail. Avec parfois de négligeables mises au point pour certaines synchronisations...
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