Dans un contexte de « printemps arabe » qui a tourné aux conflits violents, quel rôle peut espérer jouer la société civile ? C'est à cette question épineuse que s'est attaqué le journaliste Habib Maalouf, dans une étude réalisée à l'initiative du Forum civil euro-méditerranéen, branche Liban, qu'il préside actuellement, et à laquelle ont contribué également plusieurs experts, en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert. Une conférence visant à lancer le débat autour de cette question, et fondée sur cette étude, a été organisée mercredi par les deux organisations.
Habib Maalouf a expliqué que l'objectif de cette étude et du débat qui l'accompagne est d'explorer les moyens de rendre cette société civile plus efficace, et pour cela, « il faut bien qu'elle existe ». Voilà pourquoi, dit-il, il est nécessaire de définir les objectifs et l'identité de cette société civile arabe. Un débat qui, au-delà des préoccupations des associations civiles, quelle que soit leur spécialisation, s'étend à la relation qu'entretient la société civile avec les régimes politiques des pays, le secteur privé, les acteurs économiques... pour la promotion d'un système politico-socio-économique qui serait « adéquat » à ses yeux.
Le débat qui a eu lieu durant la conférence était axé sur une définition de l'expression « société civile », savoir si elle renferme les partis politiques, les syndicats et les médias, et s'assurer que la différence est claire entre cette société dite « civile » et les concepts de « religieux », « militaire » et « privé ». La société civile a donc été définie comme le « contraire » d'une société militarisée, elle n'est soumise qu'aux règles civiles, dans une société démocratique régie par une Constitution, où sont protégées les libertés individuelles et politiques, et où est consacré le principe de séparation des pouvoirs. Une société où l'intérêt général prime sur l'intérêt individuel, même si elle tient compte du bien-être des individus qui la composent. Une société où, de ce fait, les ressources sont gérées de manière durable, en vue de protéger les intérêts des habitants actuels, tout comme ceux des générations futures.
La seconde étape du projet du Forum civil euro-
méditerranéen sera de rassembler, dans un grand congrès, les représentants d'associations, d'organisations et de réseaux civils au Liban et dans les pays de la Méditerranée, en vue de la création d'une « charte » et d'un « nouveau code social », ainsi qu'une « liste de revendications » à promouvoir dans le monde arabe et les pays euro-
méditerranéens en général. Ces revendications viseront à présenter des idées pour des solutions pacifiques aux problèmes de la région, pour un changement au niveau de la relation entre régimes et société civile, et pour un impact sur les conventions euro-méditerranéennes et les projets de partenariat.
Liban
Vers un « nouveau » rôle de la société civile dans un monde changeant
OLJ / le 27 juin 2014 à 00h00


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"La société civile a donc été définie comme celle qui n'est soumise qu'aux règles civiles, dans une société démocratique régie par une Constitution, où sont protégées les libertés individuelles et politiques, et où est consacré le principe de séparation des pouvoirs. Une société où l'intérêt général prime sur l'intérêt individuel. Une société où les ressources sont gérées de manière durable, en vue de protéger les intérêts des habitants actuels, tout comme ceux des générations futures." ! Si c'est ça la définition de la "société civile", cela veut bien dire que celle-ci n'existe pas encore en réalité dans ce "genre" de patelins ou de pays.... yâ hassirtîhhh !
07 h 24, le 27 juin 2014