Le ministre de la Santé, Waël Abou Faour, a annoncé hier être parvenu à un accord entre la direction de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri et les fournisseurs d'équipements médicaux et de médicaments, auxquels l'établissement doit 53 milliards de livres libanaises. Sur base de cet accord, l'hôpital public s'engage à régler 15 % de sa dette à ses fournisseurs avec l'avance qu'il a obtenue du gouvernement. En contrepartie, les fournisseurs doivent livrer à l'hôpital les équipements et médicaments nécessaires pour une période de trois mois. Ce qui permettra à l'établissement d'avoir les stocks nécessaires pour poursuivre sa mission.
Cette annonce survient à l'issue d'une réunion de crise entre le ministre Abou Faour et les fournisseurs créditeurs de l'hôpital Rafic Hariri, alors que l'hôpital menace d'interrompre ses activités par manque d'équipements. Une réunion qui s'est déroulée en présence notamment du PDG de l'hôpital, Fayçal Chatila. « J'espère que cet accord contribuera à la mise en application du plan de sauvetage de l'hôpital », a souligné le ministre Abou Faour. Il a précisé que l'accord concernera uniquement les sociétés qui s'engagent à équiper l'hôpital pour une période de trois mois. « Le ministère et l'hôpital devront se résoudre à dénoncer l'accord avec les fournisseurs qui ne respectent pas ce délai », a-t-il affirmé.
Concernant les revendications salariales des fonctionnaires de l'hôpital (qui n'ont toujours pas perçu leurs salaires), le ministre de la Santé a assuré que « les droits des employés sont consacrés » et que « leurs salaires seront payés ». « Le ministère des Finances va virer les salaires dès aujourd'hui », a-t-il dit, évoquant « la promesse » faite par le ministre des Finances. M. Abou Faour a toutefois mis en garde ceux qui seraient « tentés de prendre en otage l'hôpital ou les malades » et qui « font appel aux médias ». « Je pourrais prendre des mesures à leur encontre », a-t-il dit. Et d'assurer que les solutions liées à l'hôpital Rafic Hariri ne sont pas provisoires, « elles se situent dans le cadre d'une restructuration mise en place par le conseil d'administration de l'établissement, en collaboration avec le ministère de la Santé ».
Lutte contre la polio
Sur un autre plan, M. Abou Faour a appelé à l'application de mesures strictes pour lutter contre la polio infantile. Il a invité toutes les institutions concernées à appliquer ces mesures, notamment les ministères des Affaires étrangères, de l'Intérieur, du Tourisme et de la Santé, la Direction générale de la Sûreté générale et la Direction de l'Aviation civile. Et ce pour les voyageurs à destination et en provenance des pays suivants : la Syrie, l'Irak, le Pakistan, le Cameroun, l'Afghanistan, la Guinée équatoriale, l'Éthiopie, la Somalie et le Nigeria.
Rappelant les dangers de cette maladie et les risques de contagion, le ministre a invité les ministères à ne délivrer de visa qu'aux voyageurs de ces pays munis de certificat de vaccination contre la polio. Même chose pour les Libanais venant de ces pays. « Tous les voyageurs qui viennent de ces pays ou qui s'y rendent doivent obligatoirement prendre une dose orale de vaccin OPV, quatre semaines au moins avant la date du voyage, ou, au pire des cas, juste avant le voyage », a-t-il encore précisé. Il a enfin conseillé à tous ceux qui ont été vaccinés depuis plus d'un an de faire un rappel.


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