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Moyen Orient et Monde - Syrie

« Daech contrôle chaque aspect de la vie à Raqa »

Des islamistes de Daech patrouillant dans les rues de Raqa. Photo d'archives AFP

Drapeaux noirs, combattants et emblèmes de Daech (État islamique en Irak et au Levant (EIIL)) à chaque coin de rue : pas de doute sur qui fait la loi à Raqa depuis que cette ville du Nord syrien est devenue la « capitale » de ce groupe jihadiste.


Cette localité, stratégiquement située dans la vallée de l'Euphrate et à moins de 200 km de la frontière irakienne, est devenue selon des militants la base de Daech. Depuis l'arrivée en 2012 de ses premiers combattants dans la seule capitale provinciale qui échappe entièrement à Bachar el-Assad, le groupe a imposé progressivement un régime brutal et extrêmement organisé qui a tous les atours d'un État. Au sommet de la hiérarchie on trouve des Saoudiens et des Irakiens, et, dans une moindre mesure, des Tunisiens, décrivent experts et militants. En bas de l'échelle, se trouvent Syriens, Égyptiens, Européens et Tchétchènes.
« Quand les jihadistes sont arrivés dans la province, ils formaient un groupe de 10 ou 15. Aujourd'hui, Daech contrôle chaque aspect de la vie à Raqa », raconte Omar al-Huweidi, écrivain et spécialiste de Daech originaire de Raqa ayant fui en Turquie. Le groupe a pris le contrôle total de la ville en mars, après le retrait des forces gouvernementales, défaites par les rebelles. Daech a ensuite chassé les rebelles et instauré sa loi, interdisant à la population de fumer ou d'écouter de la musique. Désormais, à Raqa, qui comptait 250 000 habitants avant 2011, « Daech a des bureaux pour tout ce que vous pouvez imaginer : la santé, l'éducation, la sécurité, le secours islamique, la gestion des relations tribales, et même une ambassade de l'émirat d'Alep », explique M. al-Huweidi.

 

(Lire aussi : L'ayatollah Sistani réitère son appel à la guerre contre Daech)

 

Sans pitié et très intelligent
Daech, une émanation d'el-Qaëda qui n'a cependant jamais fait allégeance au chef du réseau extrémiste, Ayman al-Zawahiri, a un temps voulu fusionner avec la branche officielle d'el-Qaëda en Syrie, le Front al-Nosra, mais ce dernier a refusé, ouvrant une guerre fratricide. « La différence, c'est que le Front al-Nosra attend la chute du régime pour imposer les hudud, alors que Daech a déjà commencé » à appliquer ce code de sanctions prévues par la charia, comme par exemple l'amputation de la main d'un voleur, explique M. Huweidi. L'émir de Daech à Raqa, Abou Louqman, est un Syrien sans pitié et très intelligent, selon un habitant. Autour de lui gravitent des jihadistes étrangers, irakiens et saoudiens qui, selon des militants, prennent la plupart des décisions. Selon Hadi Salameh, un militant travaillant à Raqa, préférant utiliser un pseudonyme, les combattants les plus hauts placés sont irakiens, dont beaucoup d'anciens militaires de Saddam Hussein, renversé par les États-Unis en 2003. « Les chefs sont choisis selon plusieurs facteurs, notamment s'ils ont fait de la prison en Syrie ou sous d'autres régimes arabes, aux États-Unis, en Irak ou à Guantanamo », précise-t-il. Le chef de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi, aurait lui même passé quatre ans dans un camp de détention américain. On sait peu de choses sur lui et « le mystère qui l'entoure a contribué au culte de la personnalité » dont il fait l'objet, selon Aymenn Jawad al-Tamimi, universitaire spécialiste des mouvements islamistes.


Pour la population, pendant ce temps, la vie à Raqa est extrêmement difficile. « Les jihadistes étrangers blessés passent en priorité à l'hôpital. Les Syriens, même les enfants, sont (des citoyens) de deuxième catégorie », raconte M. Salameh. Mais les habitants doivent se plier au règne de la terreur de Daech, d'autant que « des membres-clés de toutes les tribus ont juré loyauté à Daech, plus par peur que par conviction », explique M. Huweidi.

 

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Drapeaux noirs, combattants et emblèmes de Daech (État islamique en Irak et au Levant (EIIL)) à chaque coin de rue : pas de doute sur qui fait la loi à Raqa depuis que cette ville du Nord syrien est devenue la « capitale » de ce groupe jihadiste.
Cette localité, stratégiquement située dans la vallée de l'Euphrate et à moins de 200 km de la frontière irakienne, est devenue selon...

commentaires (2)

De la façon que ce hézébbblàh, contrôle lui aussi chaque aspect de la vie quotidienne au sein de ses 2 ou 3 périphériques Cazas.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

15 h 02, le 21 juin 2014

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Commentaires (2)

  • De la façon que ce hézébbblàh, contrôle lui aussi chaque aspect de la vie quotidienne au sein de ses 2 ou 3 périphériques Cazas.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    15 h 02, le 21 juin 2014

  • Faites votre choix , rien ne va plus , la roue tourne plus vite que prévue et les retardataires resteront sur le quai de gare , à se demander quand est ce que le prochain train de la salvation va passer !

    FRIK-A-FRAK

    14 h 26, le 21 juin 2014

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