« Vive les vacances. » Mais pas la « vacance ». Surtout quand elle se produit en début d'été. Et au niveau du plus haut poste de l'État. On a beau se dire et se répéter « #LiveLoveLebanon », quelle que soit la saison, la nature a horreur du vide. Et une république en manque de président, c'est bien le pire. Surtout quand nulle force majeure ni état d'urgence n'ont empêché les députés de la nation d'élire un chef à un État en pleine déliquescence. Au lieu de s'empresser auprès de l'homme malade, ils ont, au contraire, cultivé l'absentéisme. Abonnés absents à leur devoir élémentaire, qu'ils aillent donc cultiver leurs tomates, leurs oranges, leurs salades. Surtout, qu'ils s'enferment dans leurs jardins respectifs. Et qu'ils n'en ressortent plus pour nous raconter leurs bobards. Quand un fruit n'est pas mûr, il ne sert à rien de nous promettre une récolte mirifique la saison suivante.
On aimerait tant ne plus les revoir, ces serviteurs de la nation qui ont failli à leur devoir. Élus par les citoyens pour un seul mandat, quelques mois auparavant, ils ont poussé la coquetterie jusqu'à autoproroger ce statut. Et le salaire qui va avec. Évidemment, sans consulter leurs mandants. La cause : juste un état d'incapacité avérée de ces députés réunis à concocter et voter une loi électorale susceptible de maintenir le bon déroulement de la démocratie, dans les délais... Conséquence absurde de ce mauvais résultat : au lieu de se retirer et laisser la place à d'autres, qui seraient peut-être meilleurs à la besogne, ils se sont donc auto-octroyé un mandat-bonus de 17 mois à plein salaire ! Absurde...
On aurait dû se douter ce jour-là qu'ils n'étaient pas très attachés à la pratique électorale. Ni à la bonne dévolution du pouvoir. Et que le vide ne les déstabilise pas. Bien au contraire. Cela semble être leur élément naturel. Ils s'y retrouvent à presque chaque échéance constitutionnelle, aussi à l'aise que des poissons dans l'eau. En témoigne la gymnastique de la corde raide maintenue au-dessus du vide pendant des mois... Jusqu'à la naissance du gouvernement Salam au forceps. Un Conseil des ministres qui va maintenant exercer les fonctions de chef de l'État à titre « intérimaire ».
Heureusement qu'à chaque fois, et en vertu du principe de continuité des services publics, tout fait toujours semblant de fonctionner.
Voilà, dans ce pays, un vide en chasse un autre. Une course dans le vide donc.
Et pendant ce temps, les citoyens fument. Dans des restaurants, des bars, des lieux publics fermés où il est interdit de par la loi de fumer. Vous leur demanderiez de respecter la loi, qu'ils en seraient tous secoués, étonnés. Répondant au même appel du vide, ces citoyens, à leur tour, s'en fichent.
Un État de droit ? De la fumée aux yeux. Au niveau de l'État. Et à tous les étages donc. Sauf que, maintenant que c'est le chef de l'État qui manque à l'appel, cet écran de fumée risque de disparaître pour de bon. Et on verra alors l'abysse. Fumez donc.
Lina ZAKHOUR
Auteure de « Moi et la loi (au Liban) », éd. A. Antoine


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
QUAND LES PAYS BRÛLENT AUTOUR DE NOUS... QUAND NOUS BRÛLONS... PARLER DE VACANCES... C'EST : LE VIDE... DANS LE VIDE !!!
09 h 42, le 23 juin 2014