M. Gabriel Menassa, le spécialiste bien connu des affaires économiques, vient d'adresser au président de la Chambre des députés, président de la Commission douanière, une très intéressante suggestion pour le redressement économique du Liban.
Après avoir constaté que la montagne libanaise ne saurait lutter contre la Syrie agricole ni la Palestine industrielle, et que tous les remèdes proposés par les commerçants ne sont que des palliatifs, M. Menassa conclut que le transit pourra, seul, assurer – et largement – l'existence de la population et les besoins du Trésor.
L'ancien sous-secrétaire d'État suggère l'adoption au Liban du libre-échange et l'extension à tout le territoire du régime de la zone franche.
« Le territoire libanais, d'une superficie de 10 000 km2, pourrait très facilement être assujetti à une réglementation économique et douanière spéciale et devenir une zone franche entre l'Occident et les pays d'Orient (...)
« L'adoption d'une politique de libre-échange ne tuerait nullement l'industrie libanaise : certes, certaines de nos industries devraient être soit encouragées par des primes, soit, et en nombre très restreint, provisoirement protégées (...) Par contre, de très nombreuses industries de transformation seraient créées sur tout le territoire libanais, employant une main-d'œuvre très nombreuse, et donneraient des bénéfices nets bien plus considérables à l'économie libanaise (...) »
« L'adoption d'une politique libre-échangiste drainerait des capitaux considérables, la plupart étrangers (...) »

