On ne sait vraiment pas par quel bout prendre le monde. Nous avons en amont Internet qui casse les barrières, bouscule le temps, ouvre des portes illimitées, explore des horizons insoupçonnés et surtout rapproche ; rapproche les nations, les peuples, les individus, mélange les races, les nationalités et les religions. Internet qui nous permet de communiquer avec l'autre, à l'autre bout de la terre, en un clic. Et puis en aval, un monde qui se referme, des pays qui dressent des barrières, des lignes de démarcation qui se creusent encore plus profondément et qui se transforment en plaques tectoniques porteuses de séismes à venir. L'autre est pointé du doigt, il devient l'homme à abattre. La poussée aux extrêmes fait rage, les exterminations aveugles aussi, le monde est en crise, nous dit-on; le monde et ses habitants deviennent de plus en plus pauvres. Alors on se cantonne, on se rationne, on élague, on punit, on castre. C'est la loi de la jungle moderne : celle d'un XXIe siècle qui marquera l'histoire: la grande tout comme la petite.
Même le football, «le sport du pauvre», a peiné à se frayer un chemin du côté du petit écran. On privatise aujourd'hui en balisant demain. Hier ne laisse même plus de traces. D'ailleurs la nostalgie n'est plus au goût du jour. Nous avons dû assurer les premiers matchs du «Mundial» sur nos smartphones. Désormais chaque individu possédant un pactole conséquent de mégabites a l'illusion – autonomie oblige – d'être à la tête d'un mini-État. C'est ça la technologie qui avance à la vitesse du son: personne n'arrive plus à la suivre. Silence on (re)tourne en rond. Comme le ballon que se disputent les 32 pays champions en puissance. Jusqu'à ce que le massacre en sacre un seul.
Mais pour nous autres, avouons que ça reste quand même un sacré bol d'air frais, venu juste à temps pour balayer nos idées noires. Même si nous avons été transportés au temps de l'Empire ottoman l'espace d'un «Mundial» 2014 assuré sur notre chaîne locale en turc après moult tractations de toute dernière minute. À quand le retour du mandat français?


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef