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Culture - Note De Lecture

Khaled Hosseini à l’ombre des cerfs-volants de Kaboul...

Troisième roman de Khaled Hosseini, l'auteur culte des « Cerfs-volants de Kaboul ». Un titre d'une poésie absolue : « Ainsi résonne l'écho infini des montagnes »* (Belfond, 488 pages, traduit de l'américain par Valérie Bourgeois). Au cœur de la douleur, des séparations et de l'espoir, une saga humaine retentissante.

Khaled Hosseini.

Il y a des auteurs qui fusionnent à jamais, et cela tout à notre plaisir et notre émotion, avec des thèmes qui les hantent. Fiévreusement. Et dont ils occultent leur charge passionnelle et affective, pour une saine libération, en les couchant sur du papier. Cela s'appelle écrire.
Écrire pour se confier, raconter et témoigner. Écrire pour dessiller les yeux, tenter d'émouvoir, de corriger et redresser les torts, si possible. Écrire pour dire un pays, une situation, un destin, un cœur toujours gros de ce que la vie lui donne et lui refuse à la fois...
Khaled Hosseini, auteur culte des Cerfs-volants de Kaboul, est de ces écrivains-là. Sa plume se confond avec sa terre d'origine, l'Afghanistan, ses dérives et ses écarts « talinabesques ». Une plume scalpel pour reconstituer le puzzle d'une vie, évoquer les défaillances et les écarts d'un système politique, dévoiler l'inadmissible de l'obscurantisme, s'accrocher de toutes ses forces aux besoins de liberté, de dignité et d'épanouissement.
Né à Kaboul en 1965, fils d'un diplomate qui a obtenu le droit d'asile aux États-Unis, nationalisé américain, brillant médecin, Khaled Hosseini a fait un tabac avec son premier roman les Cerfs-volants de Kaboul. Pour des millions de lecteurs, à travers un roman à la trame adroitement menée, il a donné la possibilité de jeter un regard compassionnel et critique, à travers une fenêtre grande ouverte, dévoilant toutes les noirceurs inimaginables et révoltantes sur un pays hermétiquement fermé.
Adulé, récompensé, planétairement lu, son ouvrage (traduit en plus de douze langues) est un superbe condensé d'émotions fortes et de virulentes dénonciations. Un rapport étroit d'amour et de haine, de soif de transparence et de lever de voile sur un système politique retors. Un livre qui a mis l'Afghanistan non seulement en plan de mire, tristement international, mais surtout en avant-plan d'un pays violemment contesté. Pour un débat pour la liberté, pour l'éducation, pour un choix de droit de vie.
Ouvrage qui a toutes les allures d'un roman-fleuve. Un roman-fleuve à la manière russe: ironie de la littérature qui se fie des conventions (!) et que le cinéma a vite fait d'ailleurs de se l'approprier. Et c'est avec succès qu'il a été porté sur grand écran par le Suisse Marc Forster. Tout en étant tourné, pour tant d'images chocs de séquestration et de fuites invraisemblables, à Kachgar en Chine, vu l'impossibilité de le tourner en cette terre d'Asie centrale où s'étalent Jalalabad et Kandahar.
Neuf ans plus tard, Khaled Hosseini, après un second ouvrage (Mille soleils splendides), reprend le même thème et, comme une sonate majestueuse, il brasse l'histoire de son pays d'origine, en un tempo lent et englobant plusieurs mouvements.
Musique douce, lancinante, grave et parfois heureuse où s'inscrivent les grands paysages de l'Afghanistan, ainsi que ses notions de vie de famille, ses aspirations humaines, sociales, politiques. Aspirations profondes, controversées, âprement et violemment défendues et combattues. Pour l'amour de la vie tout court. Dans un monde à part qui n'a pas fini d'étonner les citoyens du monde.
Pour ce troisième opus, volumineuse narration pour un saut dans l'espace et le temps, voilà un palpitant voyage qui va de l'Afghanistan aux États-Unis, en passant par l'Inde, la Grèce et la France. Tel se présente le dernier opus de Khaled Hosseini, Ainsi résonne l'écho infini des montagnes.
De la Californie où il s'est installé, Khaled Hosseini brosse le portait d'une brochette de personnages pris dans l'étau de l'aventure humaine. Autour d'une indéfectible et immense affection entre un frère et une sœur, Abdullah et Pari, tournent les destinées ballottées de Saboor, Parwana, Nabi, Wadhate, Nila, Masoona, Timar, Idriss, Adel et bien d'autres... Personnages attachants et fugaces, dans un océan de transhumances et de contradictions humaines. Tout en levant les voiles, en nuances marquées au fusain, sur les ravages de la guerre, la place si réduite allouée à la femme, l'outrageante puissance des
narcotrafiquants.
Migration, émigration et nostalgie d'une terre où la vie est intenable, faite de misère, de lumière écrasante et de poussière. Autant de thèmes qui piochent dans la géographie et les cœurs des hommes pour tenter de retrouver les racines d'un être, comprendre les notions d'origine et reconstituer le puzzle des vies disséminées aux quatre vents.
Un roman de Khaled Hosseini, ici aux multiples procédés de narration (correspondances épistolaires, interviews, soliloques, description balzacienne fouillée, dialogues toujours pertinents), est toujours foisonnant, fourmillant de détails. À la fois saga et palpitants instants d'émotion, donnant la voix à plus d'une génération.
Des impérissables souvenirs de l'enfance aux douloureuses déceptions du grand âge, en passant par des instants de bonheur ou de perdition, c'est un roman qui ne se raconte pas. On le découvre au gré des pages qui se tournent facilement. Avec plaisir et émotion, pour un vibrant voyage qui a rendez-vous avec un humanisme qui décape toute corne et callosité autour du cœur.

* « Ainsi résonne l'écho infini des montagnes », Khaled Hosseini – Belfond – à la librairie al-Bourj.

Il y a des auteurs qui fusionnent à jamais, et cela tout à notre plaisir et notre émotion, avec des thèmes qui les hantent. Fiévreusement. Et dont ils occultent leur charge passionnelle et affective, pour une saine libération, en les couchant sur du papier. Cela s'appelle écrire.Écrire pour se confier, raconter et témoigner. Écrire pour dessiller les yeux, tenter d'émouvoir, de corriger et redresser les torts, si possible. Écrire pour dire un pays, une situation, un destin, un cœur toujours gros de ce que la vie lui donne et lui refuse à la fois...Khaled Hosseini, auteur culte des Cerfs-volants de Kaboul, est de ces écrivains-là. Sa plume se confond avec sa terre d'origine, l'Afghanistan, ses dérives et ses écarts « talinabesques ». Une plume scalpel pour reconstituer le puzzle d'une vie, évoquer les défaillances...
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