La moquée as-Salam à Tripoli, qui avait été la cible d'un attentat à la voiture piégée le 23 août dernier qui avait fait de nombreuses victimes entre morts et blessés, a été rouverte officiellement hier en présence des notables de la ville, dont le ministre de la Justice Achraf Rifi et l'ancien Premier ministre Nagib Mikati. Devant un auditoire nombreux, le mufti de Tripoli, cheikh Malek Chaar, a prononcé un discours dans lequel il a commencé par remercier ceux qui ont contribué à la restauration de la mosquée, en tête desquels l'ancien Premier ministre Nagib Mikati, mais aussi l'ancien Premier ministre Saad Hariri, dont les ingénieurs ont établi les plans de la reconstruction, en plus d'une partie du financement. Le mufti a insisté sur le fait que la reconstruction de la mosquée a été la meilleure réponse à l'attentat terroriste et il a ajouté que le processus de réconciliation entre les fils de Tripoli ne s'arrêtera pas avant d'être achevé, tout en espérant que cela se produise le plus rapidement possible, d'autant que les instances politiques sont en train de contribuer largement à le conclure.
L'ancien Premier ministre Nagib Mikati a aussi pris la parole pour exprimer sa joie de la réouverture de cette mosquée afin qu'elle redevienne un lieu de rencontre et de réconciliation. Il a affirmé, dans le même contexte, que Tripoli peut et doit abriter tous ses fils, qu'ils soient chrétiens, musulmans ou alaouites, ajoutant que ceux qui ont commis l'horrible attentat contre la mosquée voulaient justement détruire cette entente et prendre pour cible Tripoli dans sa diversité. Il a insisté par ailleurs sur l'urgence de punir les responsables de l'attentat qui, selon lui, sont connus par les enquêteurs.
De son côté, le ministre de la Justice Achraf Rifi qui représentait le Premier ministre Tammam Salam et l'ancien Premier ministre Saad Hariri a mis l'accent sur l'ampleur de l'attentat qui a visé Tripoli, puisque deux voitures piégées ont explosé quasi simultanément devant deux mosquées de la ville à l'heure de la prière du vendredi. « Heureusement, a-t-il dit, grâce aux efforts des présidents Hariri et Mikati et de tous les hommes de bonne volonté, cette mosquée a été reconstruite et une partie des coupables sont sous les verrous grâce aux efforts du département des informations au sein des FSI. » Rifi a assuré que la justice suivra son cours, puisque le double attentat a été déféré devant la Cour de justice, et que, selon lui, les coupables seront condamnés et les innocents innocentés. Il a ajouté que l'État est responsable de la sécurité de tous les Libanais et justement pour l'État une communauté ne peut pas être responsable de ces actes terroristes, quelle que soit l'identité des coupables. Enfin, il a adressé un message de remerciements au patriarche maronite, le cardinal Raï, qui a pris la peine de se rendre personnellement à Tripoli pour présenter ses condoléances aux proches des victimes. Il a conclu son allocution en menaçant ceux qui songeraient à attaquer Tripoli de représailles, ajoutant qu'il faut redoubler d'efforts pour relancer la vie économique dans la ville et mettre un terme au problème du chômage des jeunes.
À la fin de la cérémonie officielle de réouverture de la mosquée, le mufti Chaar a dit la prière du vendredi avant de prononcer un sermon dans lequel il a appelé toutes les autorités religieuses, politiques et officielles du pays de placer les intérêts nationaux en tête de leurs préoccupations. Le mufti a aussi rendu hommage au département des informations aux FSI qui a réussi à identifier les coupables des attentats terroristes avant de saluer tous les habitants de Tripoli pour leur patience et l'attachement qu'ils portent à leur ville.


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