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Culture - Expositions

La toile de la connectivité dans la vie contemporaine au cœur de l’art

L'art dans tous ses états et ses ramifications. Un tir groupé d'une dizaine d'artistes étrangers, pour la plupart de New York, la mégalopole qui crée l'événement, sur les cimaises du Metropolitan Art Society* (rue Trabaud).

« Forever », lettres tracées en lumignons rouge sang...

Cadre raffiné et princier, pour 24 œuvres attestant, sous le titre vaporeux de «Forever», de la connectivité dans la vie contemporaine.
Devant le parquet en vinyle aux zébrures en noir et blanc de Jim Lambie et sous les spots dardés sur toiles (panneaux de bois renforcés par du fer), photographies et sculptures, les œuvres exposées exsudent le speed grinçant des villes pressées et empressées et vibrent d'une tranchante modernité. Sous ce plafond aux corniches travaillées, on retrouve dix artistes: Kristin Baker, Mira Dancy, Chris Johanson, Ryan Johnson, Mélodie Mousset, Ben Wolf Noam, le couple Tim Noble et Sue Webster, Brian Scott Campbell et Torey Thornton.
À 24 ans, Torey Thornton, entre abstraction et couleurs intenses, avec une touche qui a, à travers l'acrylique éclaboussée, toute la tendresse de l'enfance, recompose l'univers avec des images qui ne cillent ni devant le soleil ni devant la fonte des neiges... Avec un rien de malicieux quant à son autoportrait à décrypter.
Chris Johanson saisit le visiteur par le collet, par ce nœud gordien des couleurs qui se tortillent et s'étalent comme des rubans dénoués, battus par le vent, telle l'imbrication complexe de toute innervation de sentiments et de réactions humaines.
La sculpture en bronze, peinte en noir, de Ryan Johnson est dominée par une fine rythmique, légère et architecturée, avec une savante élégance, tel un vaisseau qui fend l'air. On retient surtout son opus sur bois de pin où l'enfance est une nostalgie infinie.
Plus sages et aux influences de Matisse et Picasso sont les compositions sur papier de Brian Scott Campbell. Monde aux angles rabotés et télescopage de lignes témoignant d'une certaine sensualité, liberté et jungle urbaine.
Kristin Baker, avec son acrylique sur panel PVC, explore les couches de couleurs qui se superposent pour une transparence ou une opacité maximales. En des tons délavés et pastel. Comme des cieux qui n'ont pas fini d'ouvrir ou fermer leurs portes.
Trônant sur le mur central est ce flamboyant «forever», lettres tracées en lumignons rouge sang, tel un nez vermillon de clown ou d'une enseigne de lupanar, avec des gouttelettes de sang ou des larmes en grappes de raisins muscats... Comme un constat ironique sur le romantisme fallacieux des éternités qui ne durent que ce qu'elles durent et tant qu'elles durent! Et pied de nez au slogan d'une sécurité peu sûre, d'une garantie sans garantie, la signature: celle du couple désuni, mais collaborant toujours en conception bicéphale, Tim Noble et Sue Webster. En effet, une sacrée fièvre, pour un serment d'amour longue durée, comme le dit sans ambages le titre!
Couleurs fortes et atmosphère orientalisante pour des contrastes marqués chez Ben Wolf Noam. On passe outre ces pseudoécritures arabes que Wajih Nahlé a déjà porté depuis belle lurette au sommet de leur perfection symbolique et plastique et on regarde avec curiosité ces pigments soufflés sur du cuivre ciselé en moucharabiehs bagdado-mauresques, jouant un peu naïvement des regards, du mystère et de l'intimité.
Mélodie Mousset revisite les portraits en photos «magrittiennes», ludiques et surréalistes. En apposant aux visages des pierrailles aux allures d'un inquiétant masque vénitien jailli du ventre de la terre ou cueilli aux rives des plages. Plus originale encore est sa sculpture en céramique et argile aux impressions d'une étoffe délicate et dentelée telle une broderie soyeuse et aérienne...
Mélange de genre, de technique, de style et d'inspiration pour une exposition qui ne recule devant aucun usage des technologies de pointe. Dans un étroit mixage et interaction des matières et des disciplines: éléments de la nature et introspection, ethnographie et spiritualité, et bien d'autres dualités improbables... Comme un témoignage sur la modernité au train d'une vertigineuse vitesse d'évolution.
À peine effleuré, l'objet est déjà obsolète. Mais la toile de communication, de connexion et de connectivité, aux embranchements insoupçonnables et sans limite, est telle une galaxie à découvrir, un coquillage à fouiller, un cosmos à explorer...
L'art moderne, bien plus que fantaisie, provocation ou imaginaire débridé, est aussi enfant d'une société au consumérisme déroutant, éreintant. Et bien entendu inspirant! D'où la nécessité d'une certaine vigilance, d'un certain tri. Malgré les excentricités, les outrances ou les extravagances, l'art et les artistes, pour cela, hardis dénonciateurs et poètes de la fulgurance, ont toujours été de fins limiers et une boussole de premier plan.

*Jusqu'au 31 juillet.

Cadre raffiné et princier, pour 24 œuvres attestant, sous le titre vaporeux de «Forever», de la connectivité dans la vie contemporaine.Devant le parquet en vinyle aux zébrures en noir et blanc de Jim Lambie et sous les spots dardés sur toiles (panneaux de bois renforcés par du fer), photographies et sculptures, les œuvres exposées exsudent le speed grinçant des villes pressées et empressées et vibrent d'une tranchante modernité. Sous ce plafond aux corniches travaillées, on retrouve dix artistes: Kristin Baker, Mira Dancy, Chris Johanson, Ryan Johnson, Mélodie Mousset, Ben Wolf Noam, le couple Tim Noble et Sue Webster, Brian Scott Campbell et Torey Thornton.À 24 ans, Torey Thornton, entre abstraction et couleurs intenses, avec une touche qui a, à travers l'acrylique éclaboussée, toute la tendresse de l'enfance,...
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