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Nos lecteurs ont la parole - Semaan Boubess

« Ma fi dawlé ! »

« Eeh, ma fi dawlé ! » C'est la réponse que j'ai eue lorsque je me suis permis de faire remarquer à un ressortissant étranger, roulant au volant de sa mobilette, qu'il prenait l'avenue Charles Malek à contresens. Waooo ! J'etais resté estomaqué. Un gars venu de l'Asie du Sud qui s'exprimait dans notre langue, mais qui avait bien compris qu'il serait impuni car pas d'État... C'est le genre de douche qui vous réveille pour vous faire réaliser à quel point cette exclamation est juste.
Plusieurs ministres de l'Intérieur successifs avaient promis jadis de sévir contre tous les motards qui prendraient les chemins à contresens, ceux qui ne porteraient pas leur casque; certains de ces responsables avaient même voulu interdire la circulation des motos à des heures déterminées. Les rois de la livraison à domicile avaient haussé le ton et crié à la ruine. Il n'en fallait pas plus pour que « l'État » abdique encore devant le fameux prétexte économique.
Aujourd'hui, toutes ces enseignes qui revendiquent l'esprit citoyen, le respect de l'environnement, l'image moderne et civique à coups de logos, de communication, de sites Internet et autres, confient à des employés (parfois étrangers et probablement sans permis de conduire ou même de séjour) des motos et leur imposent de livrer le plus de points possibles et le plus vite. Résultat : nous voyons des hommes habillés de beaux polos verts, orange, etc. rouler aux quatre coins de la ville, faisant fi des arrêtés de cet État invisible.
Cela est une honte, avant même que d'être un danger. Et si l'on décidait, chers concitoyens, de boycotter ces maisons spécialisées dans les livraisons rapides tant que leurs directions n'auront pas imposé à leurs coursiers les règles strictes que l'État n'arrive pas à faire appliquer. En faisant une diète de temps en temps ou en privilégiant la concurrence exemplaire, et donc en faisant pression là où cela leur ferait le plus mal (la poche), peut-être que les consommateurs parviendront à aider l'État à se relever...
En fait, je rêve, j'oubliais que des policiers en bel uniforme font partie de cette catégorie de motards. Donc, laissons tomber, c'est trop tard. Il avait raison, le gars venu de l'autre bout du monde.

Semaan BOUBESS

« Eeh, ma fi dawlé ! » C'est la réponse que j'ai eue lorsque je me suis permis de faire remarquer à un ressortissant étranger, roulant au volant de sa mobilette, qu'il prenait l'avenue Charles Malek à contresens. Waooo ! J'etais resté estomaqué. Un gars venu de l'Asie du Sud qui s'exprimait dans notre langue, mais qui avait bien compris qu'il serait impuni car pas d'État... C'est le genre de douche qui vous réveille pour vous faire réaliser à quel point cette exclamation est juste.Plusieurs ministres de l'Intérieur successifs avaient promis jadis de sévir contre tous les motards qui prendraient les chemins à contresens, ceux qui ne porteraient pas leur casque; certains de ces responsables avaient même voulu interdire la circulation des motos à des heures déterminées. Les rois de la livraison à domicile avaient...
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