Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a proposé à ses homologues européens et arabes réunis en Grèce d'inclure dans leur projet de résolution un appel à la communauté internationale à aider le Liban, dans le cadre du groupe international d'appui au pays, à gérer le dossier des réfugiés syriens.
En visite en Grèce où il participe à la troisième réunion ministérielle UE-Ligue arabe à Athènes, le ministre Bassil a souligné la gravité de la situation dans laquelle le Liban se trouve, du fait de la présence de centaines de milliers de réfugiés sur son sol, qui « avec les Palestiniens représentent 50 % de la population libanaise ». « La situation est devenue intolérable et risque de dégénérer si elle se poursuit. Nous invitons nos amis et frères à œuvrer rapidement pour soutenir nos institutions et notre infrastructure et non seulement les réfugiés. La présence même du Liban, pas seulement sa stabilité, est menacée », a-t-il averti.
Rappelant que l'Union européenne, qui est devenue le premier partenaire commercial du Liban, a récemment débloqué des fonds pour aider le Liban à supporter le poids des réfugiés syriens, le ministre a indiqué que cette mesure « n'a pas vraiment aidé le pays à gérer le flux énorme de populations déplacées et son impact sur lui ».
M. Bassil a souligné l'importance du facteur temps dans cette affaire. « La situation démographique et socio-économique évolue effroyablement au point de menacer l'existence de notre pays, après avoir eu des répercussions très négatives sur notre économie. Le chômage a augmenté de 30 % dans certaines régions et notre système éducatif doit gérer un accroissement de 60 % du nombre des élèves », a-t-il dit.
Face à cette situation, a-t-il expliqué, le gouvernement « n'avait d'autre choix que de décider d'arrêter le flux des réfugiés syriens, notamment ceux qui viennent de régions éloignées ou sûres, et 42 % d'entre eux appartiennent à cette catégorie, de réduire le nombre de ceux qui sont présents au Liban en appliquant les critères internationaux pour le statut de réfugié et d'établir des campements dans la zone frontalière ou dans les zones sûres en Syrie ».
M. Bassil en a de nouveau appelé aux États représentés à la conférence, sollicitant leur aide pour que le Liban puisse mettre en application cette nouvelle approche, avant de s'arrêter sur « la prolifération de groupuscules terroristes au Liban ». Il a souligné dans ce cadre l'importance d'un appui à l'armée et a invité les États présents à participer activement à la conférence internationale qui se tiendra mardi prochain à Rome, pour discuter du soutien à l'armée libanaise.
Liban
Bassil en Grèce : Le dossier des réfugiés syriens menace l’existence même du Liban
OLJ / Par ATHÈNES, de Khalil FLEYHANE, le 12 juin 2014 à 00h00


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