Le ministre Ali Hassan Khalil a insisté sur l’importance du budget comme outil de gouvernance et de politique financière.
Le ministre des Finances Ali Hassan Khalil a tenu hier une conférence de presse au cours de laquelle il a présenté le projet de budget pour l'année 2014. Rappelons que le Liban n'a pas de budget depuis 8 ans maintenant.
Le ministre Khalil a mis en évidence la nécessité de faire approuver le budget parce que le « Liban a besoin d'une politique budgétaire pour gérer une situation socio-économique qui subit les conséquences d'un vide présidentiel et les remous dus à la crise syrienne ». Il a également souligné l'importance d'adopter un budget afin de redorer le blason du Liban face à l'opinion publique internationale et éviter de voir la notation souveraine du Liban être dégradée.
« Les chiffres avancés dans le projet de budget peuvent être sujets à des modifications », a toutefois déclaré M. Khalil qui a précisé que les dépenses ont été définies en prenant en considération les besoins conjoncturels des administrations publiques. Il a ajouté que le financement de la grille des salaires n'avait pas été pris en compte dans le projet de budget 2014.
Les dépenses étatiques
Dans son intervention, le ministre a indiqué que les dépenses budgétaires avaient été évaluées à 21 927 milliards de livres (contre 21 229 milliards de livres dans le projet de budget 2013). Dans les détails, le crédit alloué au service de la dette s'élève à 5 892 milliards de livres, celui des transferts à EDL totalise 3 056 milliards de livres (contre 2 869 milliards de livres en 2013). Les dépenses courantes, soit 90,2 % du total des dépenses et 27,6 % du PIB, ont été évaluées à 19 779 milliards de livres, tandis que les dépenses relatives aux investissements ont atteint 2 147 milliards de livres, soit 9,8 % du total des dépenses et 2,99 % du PIB.
Les recettes
Au niveau des revenus de l'État, le ministre des Finances a indiqué qu'ils seraient de l'ordre de 14 257 milliards de livres. Ce recul (ils avaient au départ été évalués à 15 984 milliards de livres) est dû à des modifications fiscales de l'ordre de 3 678 milliards de livres. Dans les détails, les recettes fiscales ont été estimées à 10 825 milliards de livres dans le projet de budget 2014 (contre 12 287 milliards de livres dans le projet de budget 2013). Pour ce qui est des recettes non fiscales, elles totaliseraient 3 432 milliards de livres, en recul de 12,6 % par rapport au budget 2013.
Le déficit a donc été estimé à 7 669 milliards de livres, soit 34,9 % du total des dépenses et 10,19 % du PIB évalué à 71 608 milliards de livres.
Parallèlement, Ali Hassan Khalil a indiqué que son ministère poursuivait le projet d'assainissement des finances publiques et des clôtures des comptes mis en place par son ministère depuis plusieurs mois.
Il a en outre appelé les députés à se rendre à la séance parlementaire du 10 juin afin de « continuer les discussions autour de la grille des salaires ».


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