Réuni mardi pour discuter des mécanismes d'action du gouvernement concernant la signature des décrets et des décisions en l'absence d'un président de la République, le Conseil des ministres n'a pas pu aboutir à une formule finale pour mettre fin à la polémique en ce sens, même si le ministre de l'Information Ramzi Jreige a assuré que « le gouvernement traitera les dossiers sur une base consensuelle ». La question, en effet, reste entière. La signature des décrets nécessitera-t-elle celle de l'ensemble des 24 ministres ?
Dans les milieux du 14 Mars, on accuse les ministres du 8 Mars de s'attacher à l'unanimité comme prétexte pour paralyser l'activité de l'exécutif, mais jusqu'à présent, aucune réponse claire n'a semblé clôturer le débat. Dans un entretien accordé hier à l'agence al-Markaziya, le ministre Jreige a en effet affirmé que l'étude du sujet sera poursuivie ultérieurement. Essayant d'éclaircir la question, il a noté que « les discussions au sein du Conseil des ministres étaient très positives et sérieuses », et que « le sujet mérite d'être étudié en profondeur car il touche à des questions d'ordre constitutionnel ».
« Les points de vue étaient assez convergents mais nous n'avons pas décidé encore d'un mécanisme final de travail. Nous sommes d'accord toutefois sur la nécessité de faire prévaloir le consensus et l'intérêt national », a expliqué le ministre. À la question de savoir si les ministres des Kataëb, du Hezbollah et du Courant patriotique libre ont réclamé l'adoption des décrets à l'unanimité, M. Jreige a déclaré que « le ministre Bassil représentait seul le CPL mardi, en l'absence du ministre Bou Saab ». « Quant au ministre Alain Hakim, représentant les Kataëb, il n'a pas pris de position officielle émanant de son parti. Et moi j'ai juste mis l'accent sur la nécessité de ne pas oublier l'échéance présidentielle qu'il faut honorer le plus tôt possible », a poursuivi le ministre de l'Information, qui a rappelé que le cabinet assure le fonctionnement des institutions conformément à l'article 62, en cas de vacance présidentielle. Et d'ajouter : « Nous avons discuté de la signature des décrets et s'il faut confier au Premier ministre cette tâche, mais la séance n'a pas connu de tensions et l'étude du sujet sera poursuivie ultérieurement. M. Salam a clairement appelé les ministres en fin de séance à assumer leurs responsabilités. »
Sur un autre plan, M. Jreige a écarté la possibilité d'une éventuelle paralysie du cabinet. Il a enfin affirmé ne pas partager l'avis du président Nabih Berry qui a mis en garde contre la transformation du cabinet en gouvernement d'expédition des affaires courantes au cas où la législation restait paralysée. « Le cabinet a reçu la confiance du Parlement et rien ne peut limiter ses prérogatives », a-t-il indiqué.


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