Les peuples et les gouvernements de l'Union européenne sont sensibles aux événements qui se déroulent dans les pays du Moyen-Orient du fait de la proximité de ces pays, de leur richesse pétrolière et de leur ancienne appartenance aux mandats européens. Ils sont encore plus sensibles à ce qui se déroule au Liban, et cela pour plusieurs raisons dont la principale est que ce pays se prévaut d'être pays de message, de dialogue entre les différentes communautés et de creuset des grandes civilisations qui régissent ce monde.
Les États-Unis d'Amérique sont encore plus sensibles que d'autres à ce qui se passe au Moyen-Orient pour des raisons économiques et commerciales et surtout en raison de leur engagement inconditionnel à la pérennité d'Israël et à sa protection contre ses voisins et ennemis irréductibles.
Les pays d'Amérique latine sont attentifs aux mouvements qui secouent le Liban et la Syrie du fait de la présence privilégiée des lobbys syriens et libanais sur leur sol .Ceux-ci ont donné à ces États des personnalités de premier plan dans les domaines politique, commercial et financier.
La grande majorité de ces peuples, surtout ceux de l'Union européenne (France, Allemagne, Royaume-Uni), souhaitent voir se terminer cette guerre sauvage et fratricide que mène le régime d'Assad contre son peuple et voir se stabiliser la situation politique et sécuritaire du pays voisin, le Liban.
Dans les alambics de Genève 1 et de Genève 2, la Russie prend gain et cause pour le régime syrien et raidit ses positions face à l'Occident pour laisser cette guerre suivre son cours, au risque de la voir s'éterniser, dans le but de garder des relations privilégiées avec un pays méditerranéen et surtout d'en finir avec les jihadistes de Tchétchénie, une province rebelle de la Russie. Seule l'Amérique s'était abstenue de faire échec à cette politique de la Russie par esprit de prudence et de responsabilité face à une possible détérioration excessive des relations entre les deux grandes puissances.
Seul Obama reste hésitant et complaisant face aux pratiques hargneuses et cyniques de Poutine.
C'est cette mollesse de l'attitude américaine qui a provoqué le raidissement de la position russe dans la crise ukrainienne et amené Poutine à se comporter, en annexant la presqu'île de la Crimée, comme Hitler l'avait fait en occupant l'Autriche en 1939 et de là à envahir les autres pays de l'Europe occidentale.
C'est cette mollesse qui a suscité la révolte et l'indignation de milliers de jeunes Européens, Américains, Arabes, Asiatiques de tout bord ,qui ont accouru à la rescousse du peuple martyr de Syrie et à s'impliquer dans cette guerre pour aider ce peuple à s'émanciper de la tyrannie et de la sauvagerie de son dictateur.
L'Amérique d'aujourd'hui ne ressemble en rien à l'Amérique des Kennedy des années 60 ou des Bush des années 2000. L'Amérique d'aujourd'hui a failli à son rôle de contrôleur et de surveillant universel pour s'arc-bouter sur des positions qui ne sont pas siennes et donner ainsi la chance à la Russie de réapparaître sur l'échiquier international en tant que puissance inéluctable et de faire de Poutine un dur incontournable.
Cette mollesse va porter tous les jeunes, partis combattre en Syrie, à découvrir, quand ils auront regagné leur pays, que chez eux aussi il y a des aberrations qu'il va falloir combattre.
C'est à vous, Monsieur Obama, de mesurer toutes les conséquences des retombées à venir...
Émile SFEIR
Ingénieur


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