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Moyen Orient et Monde - Proche-Orient

Le gouvernement de réconciliation palestinien prête serment et promet de mettre fin à la division

Israël a l'intention de boycotter le cabinet composé de personnalités indépendantes et soutenu par le Hamas.

Le président palestinien Mahmoud Abbas entouré des membres du nouveau gouvernement d’union nationale. Abbas Momani/AFP

Le nouveau gouvernement d'union nationale palestinien a prêté serment hier devant le président Mahmoud Abbas. « Aujourd'hui, avec la formation d'un gouvernement d'union nationale, nous annonçons la fin de la division palestinienne qui a fait beaucoup de tort à notre cause nationale », a déclaré M. Abbas à la Mouqataa, le siège de la présidence palestinienne à Ramallah (Cisjordanie), après la brève prestation de serment des ministres.
Ce cabinet de « consensus » est dirigé par le Premier ministre sortant Rami Hamdallah, un universitaire respecté mais relativement peu connu à l'étranger. M. Hamdallah assume également le portefeuille de l'Intérieur et, après un désaccord réglé à la dernière minute avec le Hamas, celui des Prisonniers.
Composé de 17 ministres, dont 5 de Gaza, c'est un exécutif de transition qui a pour mission prioritaire de préparer des élections présidentielle et législatives d'ici à la fin de l'année. Il a été accueilli sans réjouissances particulière par la « rue palestinienne », échaudée par des échecs précédents.

 

« Union de tous les Palestiniens »
Le mouvement islamiste Hamas a néanmoins salué un gouvernement d'union de « tous les Palestiniens » et lui a remis formellement le pouvoir qu'il détenait jusqu'à présent dans la bande de Gaza. « Le gouvernement palestinien de consensus national est le gouvernement d'un peuple et d'un seul système politique », a déclaré le Premier ministre de facto du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, qui a remis sa démission et celle de son gouvernement.
« Nous quittons le gouvernement mais pas la nation. Nous quittons les ministères mais pas les affaires de la nation », a dit M. Haniyeh dans un discours télévisé.
L'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dominée par le mouvement nationaliste Fateh de M. Abbas, et le Hamas avaient signé le 23 avril un nouvel accord de réconciliation pour mettre fin à la division politique depuis 2007 entre la Cisjordanie, dont l'Autorité palestinienne administre les zones autonomes, et la bande de Gaza dirigée par le Hamas et sous blocus israélien.
Le président Abbas a d'ores et déjà promis que le nouveau gouvernement rejetterait la violence, reconnaîtrait Israël et respecterait les engagements internationaux, afin de rassurer la communauté internationale sur sa volonté de paix avec Israël.
Il a reçu dimanche un appel téléphonique du secrétaire d'État américain John Kerry et a cherché à le tranquilliser, arguant que le nouveau gouvernement ne comportait aucun ministre du Fateh ou du Hamas, selon une source informée palestinienne. M. Kerry « a exprimé son inquiétude sur le rôle du Hamas dans un tel gouvernement, sur l'importance que le nouveau gouvernement rejette la violence, reconnaisse l'État d'Israël et respecte les engagements signés », a insisté la porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki.

 

Attendre et voir
Côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exhorté les États-Unis et l'UE à ne pas « se précipiter » pour reconnaître un gouvernement palestinien soutenu par le Hamas.
« Le terrorisme islamiste redresse la tête en Europe, nous en avons vu l'illustration avec l'horrible crime commis au musée juif de Bruxelles », a affirmé hier M. Netanyahu dans une déclaration. « Il est étrange pour moi que les pays européens condamnent fermement ce crime tout en parlant avec ambiguïté, voire de façon amicale, d'un gouvernement avec le Hamas, une organisation terroriste qui se livre à ce genre de crime et qui en fait l'apologie », a estimé le Premier ministre.
Le cabinet de sécurité israélien s'est réuni durant la nuit de dimanche à lundi, selon le Jerusalem Post, et a confirmé la décision de geler toutes les négociations avec l'Autorité palestinienne aussi longtemps qu'elle maintiendrait son accord avec le Hamas.
Le gouvernement israélien a déjà décidé de ne pas reconnaître le nouveau gouvernement palestinien ni de maintenir la moindre relation avec lui.
En guise de rétorsion, le gouvernement de M. Netanyahu devrait bloquer une partie des taxes qu'il perçoit chaque mois au nom des Palestiniens, au risque d'aggraver la situation financière de l'Autorité palestinienne, selon les médias.
Interrogé par l'AFP, le bureau de Benjamin Netanyahu s'est refusé à confirmer ou démentir ces informations.
L'annonce palestinienne a déclenché la colère de l'extrême droite israélienne.
« Le gouvernement terroriste du Hamas n'est pas légitime », a estimé sur sa page Facebook le ministre israélien de l'Économie Naftali Bennett, chef du parti religieux et nationaliste Foyer juif.
Plus modéré, le quotidien Israël Hayom, considéré comme le porte-voix du Premier ministre, a appelé à « une réponse intelligente » à la constitution du nouveau gouvernement palestinien. « Il faut condamner et attendre », a préconisé le journal dans son éditorial.

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