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Économie

France : la préférence pour le chômage

D'après l'Unedic, l'organisme gérant l'assurance-chômage, l'amélioration du marché du travail en France sera des plus modestes d'ici à 2015. Son rapport annuel prévoit la destruction de 27 000 postes en 2014, suivie d'une hausse de 66 000 en 2015 sous l'effet conjoint d'une accélération de l'activité et des mesures d'allègement des coûts du travail pour les entreprises. Toutefois, compte tenu de la hausse de la population active, le nombre de chômeurs continuerait de croître en 2014 et en 2015. On ne peut manquer de faire le rapprochement entre les conditions d'emploi et le coût du travail. La relation chômage-inflation salariale est l'une des plus examinées depuis les travaux pionniers de W. H. Phillips. La croissance des salaires est supposée évoluer inversement avec le chômage. Si tel est le cas, l'ajustement des salaires (freinage ou baisse absolue) devrait permettre de rééquilibrer le marché du travail. Or il est difficile de mettre en évidence ce type de phénomène en France. L'économie française montre une relative insensibilité des salaires en période de bas de cycle, ce qui expliquerait la faiblesse du taux de marge des entreprises, l'absence d'incitation à l'embauche et l'existence d'un chômage élevé. On a pu rapprocher ce constat de l'usage singulier qui est fait du salaire minimum en France (le smic). Un rapport désormais ancien du conseil d'analyse économique signalait en 2008 que la France avait une application exceptionnellement uniforme du smic, ne prévoyant aucune dérogation en fonction de l'âge, la région ou la situation économique, ce qui est couramment pratiqué dans de nombreux pays. Il s'ensuit une concentration des travailleurs sur les bas salaires. Aujourd'hui, 15 % des salariés sont rémunérés au niveau du smic, cette part montant à 50 % sur l'intervalle 1-1.5 smic. De surcroît, le niveau absolu du smic est élevé, notamment parce qu'il a bénéficié au fil du temps de multiples revalorisations discrétionnaires. Si le smic n'avait évolué qu'en suivant l'indexation des prix, son niveau serait 20 % plus bas. Or comme il faut corriger cet excès, on a empilé diverses procédures d'allègements de charge sur les bas salaires. Au total, le système français est d'une grande complexité et d'une redoutable inefficacité, pénalisant le plus ceux qu'il est censé aider, à savoir les jeunes et les moins qualifiés.

D'après l'Unedic, l'organisme gérant l'assurance-chômage, l'amélioration du marché du travail en France sera des plus modestes d'ici à 2015. Son rapport annuel prévoit la destruction de 27 000 postes en 2014, suivie d'une hausse de 66 000 en 2015 sous l'effet conjoint d'une accélération de l'activité et des mesures d'allègement des coûts du travail pour les entreprises. Toutefois, compte tenu de la hausse de la population active, le nombre de chômeurs continuerait de croître en 2014 et en 2015. On ne peut manquer de faire le rapprochement entre les conditions d'emploi et le coût du travail. La relation chômage-inflation salariale est l'une des plus examinées depuis les travaux pionniers de W. H. Phillips. La croissance des salaires est supposée évoluer inversement avec le chômage. Si tel est le cas, l'ajustement des...
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