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Nos lecteurs ont la parole - Georges Tyan

Dieu fait bien les choses !

Très bien ! Une fois de plus nous sommes sans président de la République. Cela ne m'émeut pas outre mesure ; je continuerai à manger, dormir, aller à mon bureau, comme si de rien n'était. Les noctambules iront à leurs interminables soirées et rien n'empêchera nos belles naïades de se dorer au soleil.
Ce n'est pas la fin du monde quand même. Je ne fais pas de politique, je ne me mêle plus de la chose publique, alors après moi le déluge, et comme on dit en libanais : « On les a bien vus dans la montée, nous les contemplerons dans la descente. »
Rien ne change, rien ne se crée, rien ne se perd. Toutefois, je me perds moi-même dans des méandres. Le fil de mes idées se balade au gré de pensées qui me transportent de-ci de-là, pareil à une feuille morte ; ne manquent que les sanglots longs et les violons d'une mélopée qui raconte la triste fin d'une belle aventure qui s'appelait Liban.
Le Liban de mon père, de mes ancêtres, celui de la convivialité, de la liberté, de la beauté, du pardon. Le Liban bon enfant, avec un cœur grand comme ça. Il a accueilli tous les déracinés de la terre, tant et si bien qu'il a fini par perdre son identité. Désordonné, il n'a jamais appris à classer ses priorités, laissant le hasard se jouer de lui.
Le Liban ami de tout le monde et finalement de personne, voulant couler une vie facile à l'ombre de puissances devenues tutélaires, qui ordonnent puisqu'elles donnent. En élève assidu et docile, il a retenu de ceux qui, tout au long des siècles, ont foulé son sol, l'ont colonisé. Le pire, mais jamais le meilleur...
Liban petit bout de ciel, qu'il chantait le Wadih !
Au ciel, d'après ce qu'on m'a appris chez les bons pères jésuites, il y a les anges, des gens gentils, affables, serviables, aimants. Des personnes qui ont fait le bien autour d'eux, guéri des malades, procédé à des miracles, suivi les préceptes des livres saints et les canons de la droiture. J'ai beau observer ceux que je trouve en face de moi, je peine à déceler la moindre ressemblance.
Loin de moi la tentation de la bigoterie, quoiqu'il me reste à l'esprit quelques beaux passages des Évangiles : « J'avais froid, vous m'avez vêtu. » Si quelqu'un se prenait à actualiser ces belles paroles, il écrirait à coup sûr : « J'avais froid, vous m'avez dépouillé encore plus. »
En fait, les livres saints regorgent de tableaux imagés, de lignes directrices toutes simples qui, si elles étaient appliquées, nous auraient épargné pas mal de déconvenues. Elles ne sont nullement l'apanage des hommes de religion, qui de temps à autre se dressent sur leurs ergots, tout ego dehors, se donnent en spectacle, moralisent doctement, pour finalement aller se fracasser contre le mur, nous entraînant dans leur sillage.
Je pourrais noircir des pages et des pages encore, sans aucun résultat, le Liban est pour la troisième fois de son histoire sans président de la République. Ce n'est pas grave en soi vu ce qu'il reste à la fonction comme prérogatives. Toutefois, le pays ne peut fonctionner normalement sans personne à ce poste, même s'il est plus honorifique qu'effectif.
De grâce, que les fakirs remisent leurs serpents, des sornettes nous en avons assez entendu ces temps derniers, de même que n'avons fait qu'avaler des couleuvres de toute taille, de tout genre et de toute couleur.
Elle est lamentable, la banqueroute de cette classe politique en qui nous avions placé tant d'espoirs. Il s'est vite avéré qu'elle n'était pas de taille à relever les défis, elle est là juste pour la fanfaronnade, la galerie, le m'as-tu-vu et la belle parlotte. De la terre meuble en somme, rien de solide sur quoi édifier l'avenir d'une nation. Au fil du temps, des dérobades, des reculades, ce qui advient était, pour certains observateurs, prévisible.
Je ne vais pas pleurer non plus une fin de règne en demi-teinte, l'histoire seule jugera. N'empêche qu'il y a dans l'air comme un goût d'amertume, d'inachevé. La tristesse de n'avoir pu remettre en main propre le flambeau de la continuité au milieu d'une foule en liesse. Demain aurait paru moins sombre.
Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir, demain sera un autre jour. Ce qui est arrivé est une sorte de sélection naturelle, Dieu fait bien les choses. Il ne me revient pas, sans fausse humilité, de juger de la capacité de ceux qui ont été écartés. Pourtant j'estime qu'au sein de cette communauté qui est la mienne, il existe des personnes aptes à diriger le Liban.
Enfin à tous les politiciens qui finassent, appelant la communauté dont sera issu le chef de l'État à s'entendre entre eux avant toute chose, ravivant à peu de frais les dissensions tout en s'en lavant les mains, je rappelle que le président de la République libanaise est le président de tous les Libanais, sans distinction.

Très bien ! Une fois de plus nous sommes sans président de la République. Cela ne m'émeut pas outre mesure ; je continuerai à manger, dormir, aller à mon bureau, comme si de rien n'était. Les noctambules iront à leurs interminables soirées et rien n'empêchera nos belles naïades de se dorer au soleil.Ce n'est pas la fin du monde quand même. Je ne fais pas de politique, je ne me mêle plus de la chose publique, alors après moi le déluge, et comme on dit en libanais : « On les a bien vus dans la montée, nous les contemplerons dans la descente. »Rien ne change, rien ne se crée, rien ne se perd. Toutefois, je me perds moi-même dans des méandres. Le fil de mes idées se balade au gré de pensées qui me transportent de-ci de-là, pareil à une feuille morte ; ne manquent que les sanglots longs et les violons d'une...
commentaires (3)

On peut dire que la scène se passe ici, i.e. nulle part depuis ! On dirait qu’avec cette marelle présidentielle, la principale préoccupation de ces 8 Malsains est de passer le + de monde possible à la trappe. Et qu’à l’aide de ces palotins, il se vide à tout va ce patelin, pendant que d’autres ne seraient préoccupés que de se procurer 1 parapluie miteux et troué ! Mais on peut aussi l’assimiler à celui à qui on arrache les beaux insignes, et qu’on casse. Tout comme, depuis, avec ces 8 Martiens-ci, on a osé le dégrader le Beau et dit Pays. L’humilier, le mortifier même en le privant des éhhh Sains Libanais réservés eux on le sait, aux seuls États civilisés, florissants et évolués. Mais, face aux terrifiantes aspérités de cette malsaine réalité, trêve d’échappatoires stérilisées. Certes, le sabre-zoulfikâr fakkîhàRien dans les reins, ces ex-futurs politiciens imbibés de 8 Malsanité peuvent dénouer en few instants furtifs ce qu’ils avaient mis des années à emberlificoter. Et, comme en cette malsanité on ne meurt jamais, ils peuvent jouir du soulagement boSSfàRien que leur échappée finale a tout revigoré dans leur néfaste milieu 8 martien. Il n’en reste pas moins que, autant qu’ils sont ; experts en expertises, politicards puînés ou assidus des cafés à narguilé ; ils n’en finissent pas de diagnostiquer tant et plus ces crises boSSféràRieNiques-fakkîhdiotistes-bääSSyriaNiques gigognes qui les épuisent, le Pays avec et leur sœur-syrie aussi ! Et même qui, surtout, les débilisent.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

13 h 17, le 30 mai 2014

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Commentaires (3)

  • On peut dire que la scène se passe ici, i.e. nulle part depuis ! On dirait qu’avec cette marelle présidentielle, la principale préoccupation de ces 8 Malsains est de passer le + de monde possible à la trappe. Et qu’à l’aide de ces palotins, il se vide à tout va ce patelin, pendant que d’autres ne seraient préoccupés que de se procurer 1 parapluie miteux et troué ! Mais on peut aussi l’assimiler à celui à qui on arrache les beaux insignes, et qu’on casse. Tout comme, depuis, avec ces 8 Martiens-ci, on a osé le dégrader le Beau et dit Pays. L’humilier, le mortifier même en le privant des éhhh Sains Libanais réservés eux on le sait, aux seuls États civilisés, florissants et évolués. Mais, face aux terrifiantes aspérités de cette malsaine réalité, trêve d’échappatoires stérilisées. Certes, le sabre-zoulfikâr fakkîhàRien dans les reins, ces ex-futurs politiciens imbibés de 8 Malsanité peuvent dénouer en few instants furtifs ce qu’ils avaient mis des années à emberlificoter. Et, comme en cette malsanité on ne meurt jamais, ils peuvent jouir du soulagement boSSfàRien que leur échappée finale a tout revigoré dans leur néfaste milieu 8 martien. Il n’en reste pas moins que, autant qu’ils sont ; experts en expertises, politicards puînés ou assidus des cafés à narguilé ; ils n’en finissent pas de diagnostiquer tant et plus ces crises boSSféràRieNiques-fakkîhdiotistes-bääSSyriaNiques gigognes qui les épuisent, le Pays avec et leur sœur-syrie aussi ! Et même qui, surtout, les débilisent.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 17, le 30 mai 2014

  • Superbe article de Monsieur TYAN.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    12 h 53, le 30 mai 2014

  • Antoine Ged 24 mai 2014 Mon Général et Cher Président du Liban, Alors que je prends connaissance de tous les messages que l'on m'a adressés dans l'après-midi, ébaubi je suis de tous ces " Adieu, Président " si étranges dont vous gratifient vos ami(e)s. Qu'est-ce à dire, Monsieur le Président...? Auriez-vous subitement envie d'abandonner ainsi votre pays quand le Liban a plus que jamais besoin de son Président...? Pourquoi ce départ précipité que nul(le) au monde, pas plus ici qu'au Liban d'ailleurs, n'a jamais appelé de ses voeux...? Très sincèrement, Monsieur le Président, dites-nous ce que signifient ces adieux...? La lassitude vous aurait-elle subitement gagné de servir votre pays...? Seriez-vous devenu à ce point oublieux du sort que l'armée réserve à toutes celles et tous ceux qui oseraient renier notre Liban...? Monsieur Michel Sleiman et Cher Président du Liban, rassurez-nous...! Et redite-le autant à nous ici qu'aux vôtres là-bas... Ceci n'est qu'une farce très facétieuse que " L'Orient-Le Jour " nous a faite en chantant à sa manière sa joie de vous savoir éternellement à la tête du Liban... Pour tout vous dire, peu me chaut que vous laissiez planer le doute. Tant chacun sait, ici tout autant que là-bas, que Président du Liban vous êtes et que Président du Liban vous resterez jusqu'à la nuit des temps... Très fidèlement à vous encore et toujours... Au revoir, Président...! Votre dévoué, Antoine Hakim-Ged

    Ged Antoine

    06 h 55, le 30 mai 2014

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