Le gouvernement français subit une nouvelle déconvenue après la débâcle des européennes : le chômage est reparti à la hausse en avril, atteignant un record de 3 364 100 demandeurs d'emploi sans activité.
Après une stabilisation en mars, Pôle Emploi a accueilli fin avril en métropole 14 800 nouveaux inscrits (+0,4 %) en catégorie A (sans aucune activité), a annoncé hier le ministère du Travail. Des chiffres qui « reflètent la conjoncture observée en ce début d'année » et « appellent à la mobilisation générale pour la croissance et l'emploi », estime le ministère dans un communiqué, mais qui « ne dessinent pas encore la tendance du 2e trimestre ».
« Mon objectif est que la moyenne (du chômage) sur le deuxième trimestre de cette année soit inférieure à la moyenne du premier trimestre », qui est de 14 000 demandeurs d'emploi sans activité en plus par mois, assurait François Rebsamen hier matin dans la presse.
À plus long terme, le ministre du Travail s'est fixé l'objectif de ramener le nombre de chômeurs sans activité « le plus près possible des trois millions » d'ici à la fin du quinquennat de François Hollande en mai 2017.
Depuis son élection en mai 2012, environ 440 000 nouveaux demandeurs d'emploi sans activité ont poussé la porte de Pôle Emploi. L'établissement n'a plus enregistré de baisse des inscriptions depuis octobre 2013.
Fin avril, la hausse est encore plus marquée en incluant les demandeurs d'emploi exerçant une petite activité, (+36 400, +0,7 %), pour un total de 4 985 900 à la fin avril (5 285 600 avec l'Outre-mer).
La situation des moins de 25 ans, qui s'améliore en moyenne depuis un an, s'est un peu dégradée le mois dernier (+0,2 % sur un mois, -3,8 % sur un an). Malgré cette hausse, « la situation des jeunes s'améliore face au risque du chômage », commente le ministère, qui annonce « une amplification de (la) dynamique » des emplois d'avenir.
Pas de baisse en 2014, selon l'Unédic
De leur côté, les plus de 50 ans subissent une nouvelle détérioration : +0,7 % sur un mois et un bond de +11,6 % sur un an. « François Rebsamen présentera en juin des orientations nouvelles » pour les seniors, rappelle le ministère du Travail.
« L'alternance sera comprise dedans mais il y aura aussi des mesures que Pôle Emploi devra mettre en œuvre pour faciliter l'accueil, l'accompagnement, le suivi des seniors », avait dévoilé M. Rebsamen au début du mois.
La situation est aussi préoccupante en ce qui concerne les chômeurs de longue durée. Activité réduite comprise, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits depuis plus d'un an enregistre une forte hausse de 1,1 % sur un mois (+10,5 % sur un an). L'augmentation est encore plus importante pour les inscrits depuis plus de trois ans (+1,5 % sur un mois, +17,6 % sur un an).
L'aggravation du chômage est malvenue pour le gouvernement Valls, après la déroute des européennes dimanche, qui ont vu le Front national arriver en tête, devant l'UMP et le PS. M. Rebsamen a notamment attribué la défaite des siens au « ras-le-bol » des chômeurs.
L'exécutif mise sur le pacte de responsabilité et ses 30 milliards d'euros de crédits d'impôt (CICE) et d'exonérations de cotisations patronales pour créer jusqu'à 500 000 emplois à l'horizon 2017.
Le ministre du Travail a par ailleurs annoncé hier à l'Assemblée nationale que des « réformes importantes » seraient « proposées » à la conférence sociale des 7 et 8 juillet, contre le chômage des jeunes, de longue durée, et des seniors.
Mais il ne faut pas attendre de baisse du chômage dans l'immédiat, selon l'Unédic. L'organisme qui gère l'assurance chômage table sur 103 200 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaires en 2014 et 60 000 en 2015. Par ailleurs, aucun organisme international ne prévoit de véritable reprise de l'emploi en 2014.
Le ministre du Travail a concédé à la mi-mai qu'une croissance nulle ne permettrait pas de créer des emplois, après que l'Insee eut annoncé une stabilité du PIB au premier trimestre alors que Bercy tablait sur une croissance de 0,1 %.
François Hollande a admis début mai qu'il n'aurait pas la crédibilité nécessaire pour briguer un deuxième mandat si le chômage ne baissait pas d'ici à 2017.
(Source : AFP)

