Le député Walid Joumblatt a confirmé hier avoir reçu hier les mandats d'arrêt qui lui ont été adressés ainsi qu'à notre collègue Farès Khachan par la justice syrienne. Le leader druze est accusé d'« atteinte au prestige de l'État syrien ».
Dans une première réaction, M. Joumblatt a déclaré : « Je voudrais préciser que je n'ai jamais planifié de porter atteinte au prestige de l'État syrien dont il faut indiscutablement préserver l'unité tout en œuvrant à le protéger d'un éventuel effondrement. »
Le chef du Parti socialiste progressiste a expliqué que c'est la raison pour laquelle il avait exhorté la communauté internationale à appliquer les décisions de Genève (pour le règlement de la crise syrienne), en vue de sauvegarder ce qui reste de la Syrie, notamment après que le régime se fut déchaîné (contre sa population) en commettant des crimes horribles, causant le déplacement de millions de Syriens à l'intérieur et à l'extérieur du pays, et en procédant à l'arrestation, de manière arbitraire, de centaines de milliers d'entre eux, aujourd'hui portés disparus.
M. Joumblatt a réitéré son appel en faveur « d'une solution politique, en vue de préserver la hiérarchie de l'État syrien afin d'épargner à la Syrie l'effritement et la partition ». Un objectif qui devrait se concrétiser dans le cadre d'une « période transitoire qui succéderait à une phase de reddition de comptes de la part des responsables des massacres et du terrorisme qui ont achevé de briser les familles de plusieurs milliers de prisonniers », a-t-il dit. Il rappelle par la même occasion la nécessité de faire la lumière « sur le sort de dizaines de milliers de disparus et des victimes des disparitions forcées ».
Une justice sans crédibilité, selon Rifi
Critiquant le mandat dans la forme, M. Joumblatt a regretté le fait que les poursuites aient été engagées « à Lattaquié et non à Damas de sorte à ce qu'elles puissent mieux correspondre à la nature de l'accusation, sa profondeur et sa gravité ». « D'autant que le régime (syrien) qui les as initiées est généralement très attaché à l'État de droit et aux institutions, et qu'il est actuellement en voie de préparer la plus grande opération démocratique et électorale que les plus grandes démocraties n'ont jamais connue à travers l'histoire », a-t-il ironisé.
Et de conclure sur la même lancée : « Je n'oublierai surtout pas de joindre ces dernières poursuites judiciaires à toutes celles qui les ont précédées. Je les compilerai dans un ouvrage que je ferai relier pour les distribuer gratuitement aux amis. »
En soirée, le ministre de la Justice, Achraf Rifi, a déclaré avoir transmis les mandats d'arrêt à la commission juridique des législations et consultations « qui a relevé qu'ils comportaient une erreur dans le fond et dans la forme ». À ce sujet, il a précisé, dans un entretien accordé à la chaîne du Futur, que le régime syrien actuel a proclamé à plusieurs reprises une amnistie générale pour tous les crimes commis durant la récente période, le dernier en date étant celui de 2013. « Nous rejetterons par conséquent ces mandats pour des raisons de forme et de fond. »
Et de conclure en affirmant que « la justice syrienne a perdu sa crédibilité aux yeux du monde entier », rappelant au passage qu'« aucun État tiers arabe ou autre n'a engagé auparavant des poursuites à l'encontre de personnalités libanaises ».


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MASSI7 FIYA YIA WALID !
15 h 36, le 24 mai 2014