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À La Une - crise

Déploiement sécuritaire en Ukraine pour la présidentielle

Washington menace Moscou de sanctions.

Les autorités ukrainiennes vont déployer plus de 75.000 hommes dimanche pour assurer la sécurité de la présidentielle. AFP/GENYA SAVILOV

Les autorités ukrainiennes vont déployer plus de 75.000 hommes dimanche pour assurer la sécurité de la présidentielle que les séparatistes prorusses promettent de perturber sous l’œil bienveillant de Moscou menacé à nouveau par Washington de sanctions.

A quatre jours de la présidentielle, le "front de l'Est" ukrainien, où les militaires et les insurgés armés prorusses s'affrontent sporadiquement depuis le 13 avril, connaît une accalmie après les violences du début de la semaine.

Le président par intérim Olexandre Tourtchinov, accompagné par les ministres de l'Intérieur et de la Défense, s'est rendu pour la première fois près de Slaviansk, un des bastions rebelles de l'Est, encerclé par l'armée. Les habitants de l'Est "commencent à comprendre que les terroristes séparatistes mènent la région à un gouffre", a affirmé M. Tourtchinov selon un communiqué.

La campagne électorale, avant un scrutin tant attendu par les autorités de Kiev et par les Occidentaux, ne déchaîne pas les passions. Le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko est donné grand favori par les instituts de sondage avec plus de 20 points d'avance sur l'ancienne icône de la révolution orange de 2004, Ioulia Timochenko, qui a raté son retour en politique après sa libération de prison fin février.

A 48 ans, le "roi du chocolat" - référence à sa fortune faite dans les chocolat Roshen - promet de mettre fin à l'insurrection dans l'Est et de régler la crise avec la Russie de Vladimir Poutine en trois mois.
"Je connais bien Poutine, j'ai une grande expérience de discussions avec lui, c'est un négociateur fort et difficile", a-t-il déclaré à l'AFP, tout en estimant qu'un compromis est possible.

 

55.000 policiers et 20.000 volontaires
La crise ukrainienne, née fin 2013 d'un mouvement de contestation à Kiev de l'autorité de l'ex-président Viktor Ianoukovitch, suivi d'un rattachement de la Crimée à la Russie et du déclenchement d'une insurrection armée dans l'Est, a consacré le retour des ambitions de la Russie sur la scène internationale et ouvert une période durable de confrontation entre Russes et Occidentaux.

 

(Lire aussi: Présidentielle en Ukraine: des milliardaires, des nationalistes, des pro-russes, et une diva)

 


Mercredi, le vice-président américain Joe Biden a mis en garde une énième fois la Russie. "Si la Russie sape l'élection en Ukraine nous devons rester déterminés à imposer des coûts supplémentaires", a-t-il déclaré appelant "tous les pays à user de leur influence afin d'assurer un climat stable qui permette aux Ukrainiens de voter en toute liberté".

Pour assurer le bon déroulement du scrutin, Kiev a annoncé le déploiement de 55.000 policiers et 20.000 volontaires. Les séparatistes des régions de Lougansk et de Donetsk ont en effet promis d'empêcher le déroulement du scrutin dans l'Est, où près de 2 millions d'électeurs pourraient avoir des difficultés à se rendre aux urnes.


Retrait des troupes russes non confirmé
Ces derniers jours, la confusion a régné concernant l'éventuel retrait des troupes russes massés depuis mars le long de la frontière avec l'Ukraine. Les gardes-frontières n'observent plus de mouvement juste de l'autre côté de leur frontière avec la Russie mais ni les Etats-Unis ni l'Otan n'ont pu confirmer leur retrait total.

Les Etats-Unis ont, par ailleurs, envoyé un croiseur lance-missiles en mer Noire pour continuer de rassurer les alliés est-européens de l'Otan. Moscou a réalisé un test de missile balistique de longue portée depuis l'une de ses bases proche de la mer Caspienne.

 

 (Lire aussi : Nouvelle guerre froide ou simple calcul des risques ?)


Mercredi, le gouvernement ukrainien a organisé une 3e table ronde, à Mykolaiïv, pour le "dialogue national" censé désamorcer la crise. Mais cette "table ronde", pas plus que les précédentes, n'a donné de résultat.

 

Enorme contrat de fourniture de gaz à la Chine
Dans l'autre conflit, gazier celui-là, qui oppose Kiev à Moscou, et menace potentiellement l'approvisionnement de l'Europe en gaz, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé le président russe Vladimir Poutine à respecter son "engagement" de poursuivre les livraisons de gaz à l'Europe.
Il a également estimé que l'UE devait réduire ses achats de gaz et de pétrole russes.

La semaine dernière, Vladimir Poutine avait affirmé que la Russie n'avait reçu aucune "proposition concrète" de l'UE concernant les paiements de l'Ukraine pour les livraisons de gaz russe à venir, et avait appelé l'UE à une implication "plus active".

La Russie menace de suspendre ses approvisionnements dès le 3 juin si l'Ukraine ne règle pas par avance une facture de 1,66 milliard de dollars pour ses achats du mois de juin. Les autorités ukrainiennes ont rejeté mardi l'exigence posée par Moscou de prépaiement.

Le président Poutine, de son côté, a signé à Shanghai un méga-contrat d'approvisionnement de la Chine en gaz russe sur 30 ans, évalué à 400 milliards de dollars. Il devrait prendre effet en 2018.

 

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