Rechercher
Rechercher

Économie - Conjoncture

Le chaos thaïlandais inquiète le Japon et ses constructeurs automobiles

Vue de Bangkok la nuit. Photo Bigstockphoto.com

Les Japonais, qui ont massivement investi en Thaïlande ces dernières années pour contourner le risque chinois, s'inquiètent de l'aggravation de la crise politique dans ce pays où les constructeurs d'automobiles nippons tiennent le haut du pavé.
« Nous avons de grandes inquiétudes face à la situation en Thaïlande », a souligné hier le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga, quelques heures après l'imposition de la loi martiale par l'armée thaïlandaise, après des mois de crise politique.
Et pour cause : le Japon est de loin le premier investisseur direct en Thaïlande. En 2013, les sociétés nippones y ont placé près de 6,9 milliards de dollars, plus de la moitié du total investi dans cette importante économie d'Asie du Sud-Est, d'après la Banque centrale thaïlandaise. Près de 4 000 sociétés japonaises, notamment des secteurs industriels comme l'automobile ou l'électronique, sont actives dans ce pays, d'après un récent rapport du centre de recherche Teikoku Databank.
Les entreprises nippones ont investi de longue date dans l'économie thaïlandaise, mais leur présence sur place s'est amplifiée depuis deux ans avec l'intensification de la crise diplomatique sino-japonaise autour d'îles de mer de Chine orientale, les Senkaku, administrées par Tokyo mais revendiquées par Pékin sous le nom de Diaoyu. La nationalisation par le Japon, en septembre 2012, de trois de ces îlots avait entraîné de massives manifestations antinippones en Chine et ce climat avait fait plonger les ventes de produits japonais, particulièrement de voitures, dans l'Empire du Milieu.

Les constructeurs attentistes
La Thaïlande a depuis, avec d'autres pays d'Asie du Sud-Est, profité de l'ambition du Japon de ne pas mettre trop d'œufs dans son panier chinois, mais des observateurs pointent le risque de voir désormais l'archipel chercher des solutions de substitution plus stables.
L'attitude des groupes d'automobiles japonais fortement implantés en Thaïlande est particulièrement surveillée, car ils tiennent non seulement une grande part du marché local mais exportent aussi massivement depuis ce pays vers le reste de l'Asie du Sud-Est et au-delà.
Interrogés par l'AFP à leur siège japonais, les porte-parole des constructeurs ont souligné que leurs opérations sur place se déroulaient comme à l'accoutumée, malgré la loi martiale. Le premier constructeur mondial, Toyota, a expliqué que sa production se déroulait « normalement » et qu'« aucun effet » négatif n'était visible chez les concessionnaires jusqu'à présent. Le groupe a toutefois appelé ses employés à la prudence : « Nous suivons la situation et agirons si besoin », a-t-il ajouté. Près de 850 000 véhicules sont sorties de ses chaînes d'assemblage en Thaïlande l'année dernière.
Nissan, dont le français Renault est le premier actionnaire, a également déclaré hier que son activité était normale. « Notre projet d'ouvrir une seconde usine d'assemblage est toujours d'actualité », a assuré le groupe. « Le potentiel de croissance de la Thaïlande ne doit pas être sous-estimé et demeure malgré les perturbations actuelles », a-t-il ajouté.
La semaine dernière, son PDG, Carlos Ghosn, avait toutefois laissé entendre que le chaos politique thaïlandais pourrait peser sur de futures décisions d'implantation. Le groupe dispose actuellement d'une capacité de production locale de 280 000 véhicules par an.
Chez Honda aussi, la construction d'une seconde usine d'assemblage a commencé, mais sa mise en service interviendra après la date prévue au départ (avril 2015), à cause des incertitudes pesant sur le climat des affaires dans ce pays. « Si la situation s'améliore, nous pourrons terminer cette usine et démarrer la production », a-t-on expliqué chez Honda, qui a produit plus de 200 000 véhicules en Thaïlande l'an passé.

Les Japonais, qui ont massivement investi en Thaïlande ces dernières années pour contourner le risque chinois, s'inquiètent de l'aggravation de la crise politique dans ce pays où les constructeurs d'automobiles nippons tiennent le haut du pavé.« Nous avons de grandes inquiétudes face à la situation en Thaïlande », a souligné hier le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga, quelques heures après l'imposition de la loi martiale par l'armée thaïlandaise, après des mois de crise politique.Et pour cause : le Japon est de loin le premier investisseur direct en Thaïlande. En 2013, les sociétés nippones y ont placé près de 6,9 milliards de dollars, plus de la moitié du total investi dans cette importante économie d'Asie du Sud-Est, d'après la Banque centrale thaïlandaise. Près de 4 000 sociétés...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut