Au XXIe siècle, il y a encore des enfants qui meurent de faim, des citoyens sauvagement massacrés, des civils cruellement bombardés, des êtres humains qui endurent quotidiennement la vie, une vie condamnée, coupable d'être menée dans telle région ou tel pays. Des chiffres révèlent chaque jour l'ampleur de cette situation hideuse : des enfants, des femmes et des hommes meurent de faim, sont violés, assassinés, dévorés même, témoignant d'une barbarie de ceux qui ont entamé la guerre, mais aussi de la violence masquée des grands chefs du monde, chefs qui courtisent les violents, paient de façons différentes cette violence, nourrissent la haine et modèlent volontairement les principes de liberté, de justice, d'égalité, de respect, de solidarité, qui façonnent les valeurs humaines selon de petits calculs basés sur un égoïsme aberrant et sur des intérêts personnels.
Le monde entier condamne la violence, mais la réalité contraste fortement avec les discours. Le vécu quotidien du peuple syrien ne concerne personne : le sang cher ne l'est pas aux yeux des chefs politiques, le déni de tous les droits de l'homme, des droits de la femme, des droits de l'enfant, des droits affichés dans de beaux textes pour souligner l'évolution de la race humaine ne sont que des mots, juste des mots, témoignant un développement indigent et souffrant d'une carence chronique d'actions concrètes.
Tous les acteurs de cette bataille sont-ils conscients de la réalité ? Le peuple est divisé en plusieurs catégories : les uns souffrent depuis très longtemps d'une carence atroce de liberté, suffoquent sous la férule d'un régime dictatorial. Les longues années d'injustice ont consommé toute leur patience et ils ont décidé de se manifester pacifiquement pour dénoncer cette situation et réclamer leurs droits, leur liberté, leur aspiration à vivre. Ils se sont rassemblés chaque jour, chaque soir pendant des mois sur les places publiques en chantant, en dansant, et des milliers de voix ont scandé fort des slogans contre le régime. D'autres acteurs, beaucoup plus malins, ont eux aussi participé aux manifestations, mais ils ne revendiquent pas la liberté mais plutôt l'extrémisme religieux, yeux aveuglés, cœurs morts, cerveaux paralysés par l'extrémisme. Un désastre impitoyable règne, accouchant d'un horrible désordre. Un conflit de valeurs, un combat acharné, une lutte sanglante, une guerre hideuse, camouflée sous des titres séduisants : la liberté, la démocratie... Et le sang coule, le sang de ceux et celles qui sont des victimes de leurs principes, de leur croyance à ces mythes.
Je ne suis pas contre les politiques de la Russie, ni contre celles des États-Unis, ni celles de l'Iran, ou celles des pays du Golfe. Je suis contre la violence impardonnable, contre les hypocrites qui attisent les haines, contre les traîtres aveugles devant les massacres quotidiens.
Des milliers de gens sont tués, bombardés, massacrés, violés, torturés, dévorés, déchirés en Syrie et dans d'autres pays. Des milliers de gens ont été forcés de quitter leur terre natale, de se réfugier dans des pays voisins dans des conditions de vie pitoyables. Arrêtez d'interpréter la réalité, arrêtez de classer le bien et le mal selon le critère des gains personnels et intervenez sérieusement pour changer le réel.
Se peut-il que les hommes ne se sentent pas interpellés ?
Les grands chefs politiques prononcent des discours et des groupes règlent leurs comptes. Ouvrons nos yeux, ouvrons nos cœurs, faisons le ménage de nos idées moisies, nettoyons-nous des préjugés qui affectent nos jugements. Ramassons les miettes de notre humanité, réveillons l'humain en nous, ressuscitons les valeurs humaines mortes, victimes de notre égoïsme, victimes du moi, un moi malade, prisonnier de ses propres frontières, un moi incapable de se voir petit dans le grand nous : l'humanité.
Donia ZEINEDDINE
Étudiante en doctorat
des sciences de l'éducation –
Université de Sherbrooke
(Montréal, Canada)


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11 h 29, le 20 mai 2014