90 ans est un âge plus que vénérable, au plein sens du terme. Autant sinon plus que pour les humains, cela est vrai d'un quotidien : lequel, par définition, est amené, tous les jours que Dieu fait, à parcourir de bout en bout, et en toute hâte, le cycle toujours recommencé de la vie.
Du berceau à l'archivage, de la maquette à la mise sous presse, c'est bien face à un spécimen unique que vous savourez votre café du matin, fugace moment d'actualité voué à s'effacer très vite devant l'édition suivante, déjà en fiévreuse gestation. Sous le label de L'Orient, du Jour ou de L'Orient-Le Jour, ces éphémères créatures de papier ont été les vigilants témoins de l'histoire contemporaine du Liban et du monde.
Cette saga s'étalant sur neuf décennies, il m'a été donné d'en vivre déjà plus de la moitié, avec son lot de satisfactions et d'angoisses, de joies et de tristesses, de chaleureux contacts et de cruelles disparitions survenues dans l'exercice du métier. Et, comme au tout premier jour, c'est sous le double signe de la loyauté et de la fidélité que me paraît tracé le destin de ce journal. La fidélité, c'est celle des lecteurs comme des annonceurs et, bien sûr, des actionnaires qui, par maintes fois en temps de guerre ou de tempête, ont vaillamment assuré la survie économique de L'Orient-Le Jour. La loyauté, c'est celle d'une équipe rédactionnelle et technique, âme de ce quotidien invariablement vissée à l'institution, à son indépendance, sa vocation, sa mission nationale, à l'éthique de la profession comme à son incessant combat pour la francophonie libanaise : formidable capital humain jamais démenti au fil des générations.
À l'heure où la presse écrite mondiale connaît des crises de santé (et même d'identité !), c'est cette alchimie opérant en permanence entre fidélité et loyauté, entre rigueur des chiffres comptables et inestimable valeur de la matière grise, qui porte L'Orient-Le Jour à envisager avec confiance et sérénité un avenir pourtant incertain. Aussi vrai qu'un vrai journal ne saurait être une entreprise commerciale comme il en existe tant dans notre remuant pays, L'Orient-Le Jour n'est pas, lui non plus, un journal comme les autres. La continuité dans la qualité, pari tenu en toutes circonstances : c'est bien cela que nous continuerons de fêter tous ensemble sur le boulevard du temps qui passe.
Du berceau à l'archivage, de la maquette à la mise sous presse, c'est bien face à un spécimen unique que vous savourez votre café du matin, fugace moment d'actualité voué à s'effacer très vite devant l'édition suivante, déjà en fiévreuse gestation. Sous le label de L'Orient, du Jour ou de L'Orient-Le Jour, ces éphémères créatures de papier ont été les vigilants témoins de l'histoire contemporaine du Liban et du monde.
Cette saga s'étalant sur neuf décennies, il m'a été donné d'en vivre déjà plus de la moitié, avec son...

