Quelle est cette force infernale, ce sortilège qui envoûte certains Libanais, qui occupe leurs esprits, qui leur brouille le cerveau, provoquant obsessions irréductibles, accusations et petits calculs interminables, inculpations satiriques, freinant tout progrès dans le pays et effaçant toute tolérance dans les cœurs.
Depuis plus de trente ans, le Liban souffre, s'infléchit et recule. On assiste à son anéantissement sans s'en soucier, en poursuivant nos échanges d'accusations. Nous faisons toutes ces années du surplace. Ils ont détruit l'entente qui existait entre nous, celle qui constituait notre harmonie, notre identité et notre vigueur. Nous sommes devenus le maillon faible, un peuple qui ne se meut qu'à reculons, doté d'un semblant de république paralysée, d'un État dans l'État, gouverné par des chefs de clans qui freinent toute évolution et tout État de droit.
Notre pays s'est vidé de ses jeunes, nos responsables renient toute responsabilité et ont toujours des excuses à donner. Nous évitons depuis longtemps leurs talk-shows, leurs monologues, les propos qui ne disent plus rien, les conflits habituels et les calomnies vulgaires. Ils continuent leurs débats sans se lasser, pourvu qu'ils accaparent le pouvoir. Par la faute du comportement bizarre de leurs dirigeants, les Libanais se sentent tous les jours humiliés et désespérés.
Les élections présidentielle et parlementaires devraient bien se dérouler. Le blocage doit cesser. Les Libanais devraient urgemment faire leurs choix et les résultats seraient acceptés par tous. Mais certains protagonistes sont toujours incapables de tourner la page et d'enterrer le passé. Demain, ce seraient de nouvelles étapes que sont la formation du gouvernement, puis les élections municipales. De quoi agrémenter nos conversations, occuper notre temps libre, avec toutes les péripéties qui accompagnent de telles démarches. Elles détournent l'attention des citoyens de leurs revendications primaires, nourrissent les polémiques, mais les Libanais sont assoiffés de vivre et de s'épanouir dans leur patrie, entourés de leurs familles et amis. Après de longues années d'expatriation, ils exigent plus que jamais la satisfaction de leurs droits, l'amélioration de leur qualité de vie. Ils désirent un État fort, des lois édictées et respectées par tous, une séparation des pouvoirs, une transparence dans les institutions, des chances égales dans tous les domaines.
Il est temps de freiner la régression du pays, de renoncer à ce langage agressif qui déroute et qui dégoûte aussi. Le discours politique doit changer si l'on veut redresser le pays et laisser aux autres responsables, qui veulent accomplir leurs devoirs, l'occasion de le faire. Aujourd'hui, la diplomatie est de rigueur. Même si les motivations sont importantes, les calomnies et la discorde n'éradiquent pas la corruption. Le Liban appartient aux Libanais, les politiciens sont leurs porte-parole, et nul ne devrait se considérer libre de semer la pagaille. Nul ne doit se sentir seul et unique expert en matière de réforme. Les patries ne se construisent pas dans une ambiance de haine, d'accusations et de rejets. Un climat d'entraide et de confiance doit régner pour réussir une telle entreprise.
Comment faire pour convaincre la diaspora libanaise de se déplacer pour les élections et d'investir dans leur propre pays ? Un État de droit solide et cohérent est le seul et unique espoir. Le devoir appelle, il faut s'atteler à la tâche pour l'émergence d'un État moderne.
Sans la collaboration de tous les Libanais, les miracles restent impossibles à réaliser. Il faudrait modifier nos comportements despotiques, supprimer l'égocentrisme, accepter, respecter et surtout aimer nos différences qui forment notre unicité. Une seule et unique priorité: planifier l'avenir à l'abri des lois, oui, mais aujourd'hui et sans remettre à demain. «C'est dans le silence des lois que naissent les grandes actions» (Marquis de Sade).
Andrée SALIBI


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
CORRECTION ! Merci : Ce pays ? Un mensonge qui, accessoirement, les réunit tout autour d’un pin maritime(douglas) même pas Cédraie ; arbre mort recouvert de lucioles et de termites. Un mensonge tissé d'insignifiances, enfoui sous des kilos de lait et de miel, d'achttâh et de äassal ; un "pur" mensonge auquel personne profondément ne croit. Yâ hassratâh !
01 h 41, le 15 mai 2014