Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed), a appelé hier le Congrès américain à répondre aux défis à long terme auxquels sont confrontés les États-Unis en matière budgétaire, en soulignant que la situation actuelle n'était pas tenable.
« Nous constatons que si l'on regarde à un horizon de 20, 30 ou 50 ans, sans changement supplémentaire en matière budgétaire, il est prévu que le ratio de la dette rapportée au produit intérieur brut (PIB) atteindra un niveau insupportable », a-t-elle déclaré lors d'une audition par la commission du Budget du Sénat. « Je rejoins mon prédécesseur pour dire que je pense qu'il est important que le Congrès s'attaque à ce problème », a-t-elle ajouté.
Au deuxième jour de ses auditions par les parlementaires américains, Janet Yellen a noté que le récent resserrement de la politique budgétaire avait été l'un des « vents contraires » qui ont nui aux efforts entrepris par la Fed pour favoriser la reprise économique.
À l'inverse, a-t-elle ajouté, l'amélioration attendue de la situation budgétaire est l'une des raisons pour lesquelles la Banque centrale s'attend à une légère accélération de la croissance d'ici à la fin de l'année.
« Mon prédécesseur demandait, dans un sens, que la politique budgétaire ne soit pas un poids », a-t-elle expliqué en référence à Ben Bernanke, qui a quitté la présidence de la Fed en janvier. « J'approuve mon prédécesseur tout en soulignant que la durabilité à long terme de la politique budgétaire et de la dette est quelque chose de très important. »
Interrogée sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer la situation budgétaire des États-Unis, elle a refusé de répondre. « Je ne veux pas peser sur tel ou tel élément », a-t-elle dit.
Comme elle l'a fait mercredi devant la Commission économique conjointe du Congrès, Janet Yellen a dit que la Fed maintiendrait probablement des taux d'intérêt proches de zéro pendant un certain temps au vu du potentiel d'amélioration considérable du marché du travail.
Elle a également répété que le ralentissement du marché immobilier pourrait remettre en cause la perspective d'une accélération de la croissance cette année par rapport à l'an dernier. « La reprise du secteur du logement est très importante et la voir se poursuivre est un élément important pour notre reprise », a-t-elle déclaré.
Elle a aussi évoqué hier, comme la veille, l'éventualité d'« évolutions défavorables à l'étranger » comme une montée des tensions géopolitiques ou des turbulences sur les marchés émergents.
(Source : Reuters)


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