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Économie

Où va l’euro ?

La politique monétaire affecte l'inflation et l'activité économique à travers une variété de canaux de transmission. La modification du taux directeur est supposée se diffuser sur l'ensemble des taux de marché et avoir des effets sur les dépenses des agents économiques. C'est le canal des taux d'intérêt. En régime de changes flexibles, un changement de taux directeur affecte la valeur relative de la devise par rapport aux autres et peut influer sur la compétitivité et les exportations. C'est le canal des taux de change. Les deux canaux peuvent évoluer dans la même direction ou à l'opposé l'un de l'autre. Dans les années 1990, à l'initiative de la Banque du Canada, on a cherché à mesurer de manière synthétique l'influence de ces deux canaux et d'en faire, le cas échéant, un objectif de politique monétaire. Ce concept, nommé indice des conditions monétaires (ICM), a eu alors une certaine vogue. Il offrait un moyen commode d'analyser la politique monétaire sous un angle multidimensionnel, même dans le cas de banques centrales n'ayant pas formellement adopté cette approche.
Dès sa création, en 1999, la BCE s'est montrée hostile au concept d'ICM, le rejetant pour des raisons techniques touchant à la construction de l'indice et des raisons conceptuelles liées à son interprétation.
À partir de la fin 2001, quand le taux de change de l'euro s'est mis à s'apprécier très fortement (on partait d'un point bas au voisinage de 0,85 dollars pour arriver à un pic de 1,60 dollars en 2008), la BCE ne voulait surtout pas se trouver dans la situation où on aurait pu lui dire : « La hausse de l'euro équivaut à un fort durcissement de la politique monétaire ; si cette évolution n'est pas souhaitable, vous devriez le compenser en baissant vos taux directeurs. »
Les choses ont radicalement changé ces derniers temps, comme l'illustrent les propos tenus par les officiels de la BCE au sujet de la place de l'euro dans l'analyse de la stabilité des prix. Après avoir rappelé que le taux de change n'est pas un objectif en soi, tous s'empressent désormais de dire que la hausse de l'euro depuis 2012 a contribué à faire baisser l'inflation dans une « zone de danger ». Le message est assez clair : si la BCE n'a rien fait pour s'opposer à la remontée de l'euro jusqu'à présent, il en sera autrement à l'avenir. Il n'est plus question de laisser la hausse se poursuivre. Le seuil de 1,40 dollar reste en vue, mais n'a pas été franchi. Il sera intéressant de voir si l'action suivra la rhétorique au cas où ce seuil serait « attaqué ».

La politique monétaire affecte l'inflation et l'activité économique à travers une variété de canaux de transmission. La modification du taux directeur est supposée se diffuser sur l'ensemble des taux de marché et avoir des effets sur les dépenses des agents économiques. C'est le canal des taux d'intérêt. En régime de changes flexibles, un changement de taux directeur affecte la valeur relative de la devise par rapport aux autres et peut influer sur la compétitivité et les exportations. C'est le canal des taux de change. Les deux canaux peuvent évoluer dans la même direction ou à l'opposé l'un de l'autre. Dans les années 1990, à l'initiative de la Banque du Canada, on a cherché à mesurer de manière synthétique l'influence de ces deux canaux et d'en faire, le cas échéant, un objectif de politique monétaire. Ce...
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