Voici le président Chamoun composant le premier numéro de l’automatique.
Un vieux monsieur, mort il y a vingt-huit ans, était samedi soir le roi de la fête.
La fête, c'était l'inauguration du téléphone automatique et le vieux monsieur, Lars Magnus Ericsson.
Ayant déjà visité l'installation de fond en comble, je me sentais un peu de la maison et, partant, fier de ce qui s'y passait.
Entouré d'un nombre impressionnant de « hautes personnalités », le président de la République mettait en mouvement cette mécanique perpétuelle, le téléphone automatique.
M. S.O. Tonnaeus, directeur délégué de la LM Ericsson de Stockholm, et Me Victor Moussa, avocat-conseil de la société, prodiguaient, entourés des experts de la compagnie, de merveilleuses explications au sujet de la nouvelle installation.
Ceux qui avaient, deux ans durant, été à la peine étaient ce soir-là à l'honneur.
L'automatique a mis longtemps à nous parvenir. La Syrie en jouit depuis plusieurs années. En Turquie, de toutes petites villes comme Mersine l'ont depuis quatre ans (...) mais ne nous attardons pas en vaines considérations : la qualité du matériel installé nous console de sa trop longue absence.
Il nous restera peut-être encore, pendant quelque temps, une amère nostalgie de ces demoiselles du central, de leurs énervements : « Mais raccrochez monsieur ! », de nos impatiences, « ... il y a une heure que je sonne... », et l'arrière-goût enfin d'un appareillage vétuste, mais combien sympathique... puisque appartenant au passé.
E.S.


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