Dans son dernier rapport sur les perspectives de croissance dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), la Banque mondiale (BM) a prévu une croissance de 1,5 % pour le Liban en 2014 contre des taux de 3,3 % pour la région et de 2,1 % pour les pays en développement de la zone MENA. Selon le rapport de la BM, cité par le Lebanon this Week de la Byblos Bank, le Liban a été considéré comme « économie la plus lente » parmi 17 pays ayant enregistré un taux de croissance positif dans la région pour 2014, à égalité avec l'Iran.
La Banque mondiale a précisé que ces prévisions pour 2014 supposaient que l'incertitude politique serait rapidement dépassée avec une amélioration des conditions de sécurité. L'institution a en outre souligné que les conditions de sécurité pesaient lourdement sur la confiance du consommateur et celui des investisseurs tout en affectant le secteur touristique, lequel constitue un moteur économique pour le pays.
La BM a ajouté que même si les élections présidentielles et législatives doivent se tenir cette année, il y a de fortes chances pour que ces dernières n'aient pas lieu en temps prévu. Selon les mêmes sources, le blocage politique et l'environnement sécuritaire défavorable compliquent davantage la mise en place de réformes nécessaires pour retrouver une position budgétaire soutenable, permettre la réactivattion des infrastructures de base, la promotion du développement du secteur privé et la création d'emplois.
Par ailleurs, et toujours selon les mêmes sources, « le nombre croissant de réfugiés syriens continue de poser de sérieux défis budgétaire, médical et éducationnel ». Plus globalement, la Banque mondiale a indiqué s'attendre à ce que la croissance du PIB libanais demeure « en dessous de son potentiel sur le moyen terme. » La BM a par ailleurs prévu un taux d'inflation à 1,9 % pour 2014 contre 2,6 % en 2013, 5,4 % pour la région MENA et 6,3 % pour les pays en développement de la région.
Selon la BM, le déficit budgétaire devrait se creuser à 10,4 % du PIB en 2014 contre 9,5 % du PIB l'année dernière et un excédent budgétaire de 0,3 % du PIB pour la région et de 6,5 % pour les pays en développement de la région MENA. Le déficit budgétaire prévu pour le Liban en 2014 est le 5e plus important parmi les pays de la région MENA, derrière la Libye (-32,3 % du PIB), la Jordanie (-14,5 % du PIB), la Cisjordanie et la bande de Gaza (-12,9 % du PIB) et l'Égypte (-11,6 % du PIB). La BM a souligné le risque important de creusement de la dette dans un contexte de ralentissement économique et d'élargissement du déficit budgétaire.
En parallèle, la Banque mondiale a estimé la croissance du PIB en 2013 à 0,9 %, contre 2,6 % pour la région MENA et 1 % pour les pays en voie de développement de la même région. Enfin, toujours selon les mêmes sources, la balance des paiements a enregistré un déficit équivalent à 2,5 % du PIB l'an dernier.

