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Liban

Gemayel dément tout lien avec l’affaire Marcello Dell’Utri

Dans la presse

Selon « La Repubblica », l'ex-sénateur italien arrêté au Liban avait été envoyé par Berlusconi pour aider le chef des Kataëb dans la course à la présidence.

15/04/2014

L'arrestation de l'ex-sénateur italien, Marcello Dell'Utri, au Liban continue de faire des vagues. Le cofondateur du parti de l'ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi se serait rendu au pays du Cèdre à la demande de ce dernier, a rapporté dimanche le quotidien britannique The Guardian. Silvio Berlusconi, selon le quotidien italien La Repubblica, aurait informé une délégation de son parti, Forza Italia, qu'il a enjoint à Marcello Dell'Utri de se rendre au Liban suite à une demande de Vladimir Poutine. Le président russe aurait appelé M. Berlusconi à faire tout son possible pour aider le président du parti Kataëb, Amine Gemayel, à remporter la course à la présidence, ajoute le Guardian citant le quotidien italien.

Interrogé à de multiples reprises par L'Orient-Le Jour, le bureau de M. Gemayel n'a pas, dans un premier temps, souhaité faire de commentaires, n'étant pas au courant de l'affaire. Un peu plus tard, le bureau de l'ancien président de la République a fermement démenti dans un communiqué les informations rapportées par la presse. « Ces informations sont erronées et montées de toutes pièces et leur publication vise à leurrer l'opinion », peut-on lire dans le communiqué. Le texte ajoute qu'un démenti a été également publié dimanche par le bureau de Silvio Berlusconi dans le quotidien italien Libero et que l'ancien Premier ministre italien a qualifié l'information de « chimérique », et, selon le communiqué du président Gemayel, « sur laquelle il ne faudrait pas s'attarder ». Marcello dell'Utri a été arrêté samedi dans la capitale libanaise alors qu'il était en fuite sous le coup d'une condamnation pour complicité avec la mafia, a annoncé le ministre italien de l'Intérieur. « Marcello Dell'Utri se trouve dans les bureaux de la police libanaise », a précisé Angelino Alfano, à Rome, à des journalistes en marge d'un congrès de son parti, le Nouveau Centre Droit. Un haut responsable judiciaire libanais a confirmé samedi à l'AFP « l'arrestation dans un hôtel de Beyrouth d'un citoyen italien », sans communiquer son nom. « Il a été arrêté sur la base d'une alerte d'Interpol, à la demande des autorités italiennes », a précisé la source. Selon le Guardian, Marcello Dell'Utri devait comparaître lundi devant un tribunal libanais pour être entendu dans le cadre de cette affaire.
Samedi à Rome, le ministre Alfano a souligné que l'Italie demanderait, comme « c'est naturel et logique », l'extradition de M. Dell'Utri vers l'Italie. Selon le haut responsable libanais, des accords d'extradition existent entre le Liban et l'Italie. La même source a refusé de commenter des informations des médias italiens selon lesquelles M. Dell'Utri voyagerait avec un passeport diplomatique libanais. La police antimafia italienne, saisie d'une demande d'arrestation depuis mardi dernier, avait indiqué vendredi que l'ex-sénateur était « introuvable » et le considérait comme en fuite. Il fait depuis vendredi l'objet d'un mandat d'arrêt européen valable dans toute l'Union européenne et les pays avec lesquels l'Italie a signé des traités d'extradition. Selon son avocat, Giuseppe Di Peri, « il faudra voir si l'extradition est prévue pour le type de délit qui lui est reproché, en l'occurrence la complicité externe avec la mafia ».

Fuites d'une conversation téléphonique
De son côté, l'ambassade d'Italie au Liban a fait savoir, samedi, via son porte-parole Anthony Righetti, qu'elle « prête l'assistance consulaire habituelle » à M. Dell'Utri. Selon le Guardian, certains quotidiens italiens ont publié dimanche des extraits d'une conversation enregistrée entre le frère jumeau de l'ex-sénateur et un de ses amis. Cette fuite a démontré aux juges chargés de l'affaire qu'il existe « un risque sérieux et concret » que Marcello Dell'Utri tente de s'établir à l'étranger avant la sentence définitive prévue mardi prochain de la Cour de cassation, ajoute le quotidien britannique. M. Dell'Utri, 72 ans, avait néanmoins fait diffuser vendredi un communiqué où il niait ces informations et affirmait être « à l'étranger pour une période de soins et de repos ». Le Guardian ajoute que lors de la conversation, Alberto Dell'Utri aurait déclaré, le 8 novembre dernier, que son frère « a dîné dix jours plus tôt à Rome avec un important politicien libanais, un ancien président qui s'apprête à se présenter de nouveau à l'élection présidentielle. Il prévoit de se rendre le 14 novembre à Beyrouth pour suivre l'affaire ». Cette conversation, rapportée par la presse italienne et enregistrée à l'insu du frère de M. Dell'Utri et son ami, aurait en outre révélé que l'ancien sénateur avait planifié de fuir et de s'établir entre le Liban et l'Afrique de l'Ouest. Il aurait ainsi pu se procurer un passeport diplomatique de la Guinée-Bissau. La disparition de Marcello Dell'Utri avait suscité une levée de boucliers dans la classe politique, l'extrême gauche et l'ancien procureur antimafia Antonio Ingroia affirmant que lui avoir permis de « fuir à l'étranger était honteux et indécent pour un pays civilisé ». « Contrairement à hier quand avait été révélée la cavale du référent des assassins de mon père, aujourd'hui les institutions montrent leur meilleur visage », a commenté samedi Fiametta Borsellino, fille du juge Paolo Borsellino tué dans un attentat à la bombe mafieux en 1992. Dans ses motivations de la condamnation de Dell'Utri à 7 ans de prison en mars 2013, la cour d'appel de Palerme l'avait accusé d'avoir notamment servi de « médiateur dans le pacte entre Silvio Berlusconi et la mafia » en vertu duquel cette dernière avait assuré la protection du Cavaliere entre 1974 et 1992, contre espèces sonnantes et trébuchantes. Dell'Utri avait dirigé la branche publicitaire de l'empire médiatique de Silvio Berlusconi, Mediaset. Très proche de l'ex-Cavaliere, il l'avait aidé à fonder le mouvement Forza Italia qui allait le porter en 1994 au pouvoir.

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