Une vue générale de la réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe hier au Caire. Mohamed el-Shahed/AFP
Israël, inhabituellement montré du doigt par l'allié américain pour le blocage du processus de paix, a réagi hier en incriminant les Palestiniens, contre lesquels il a commencé à prendre des sanctions. Les ministres du gouvernement de Benjamin Netanyahu ont ainsi reçu instruction de limiter les contacts avec leurs homologues palestiniens, sauf en matière de sécurité et de négociations, selon une source gouvernementale israélienne. « En réponse aux violations palestiniennes des promesses faites dans le cadre des négociations de paix, il a été demandé aux ministres de s'abstenir de rencontrer leurs homologues palestiniens », a précisé cette source sous le couvert de l'anonymat, en allusion à la signature des demandes d'adhésion de la Palestine à 15 conventions et traités internationaux.
Le ministre israélien de l'Environnement, Amir Peretz (centre droit), a qualifié la décision de M. Netanyahu « d'inutile et de prématurée », appelant à une réunion du gouvernement à ce sujet. Le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, y a vu « une gifle à tous ceux qui parient sur le succès du processus de paix avec l'ennemi israélien », appelant « l'Autorité et le président Abbas à lâcher la bride à la résistance pour dissuader l'occupation israélienne ».
Le Premier ministre palestinien, Rami Hamdallah, a aussitôt annoncé avoir organisé des réunions d'urgence des institutions et ministères « pour étudier les répercussions de la décision du gouvernement israélien imposant des sanctions supplémentaires au peuple palestinien ». Le ministre palestinien du Travail, Ahmad Majdalani, a toutefois minimisé la portée de cette décision, soulignant que « 90 % des affaires quotidiennes se traitent avec l'administration militaire israélienne. Dans les faits, il n'y a pas de rencontres organisées entre ministres palestiniens et israéliens, à part entre ministres des Finances ». Une source gouvernementale palestinienne a indiqué que les premières sanctions pourraient être un début de gel du transfert des taxes collectées par Israël pour le compte de l'Autorité palestinienne. Les Israéliens ont en effet fait savoir qu'ils n'excluaient pas des sanctions économiques. Lors de précédentes périodes de tensions entre les deux parties, il est arrivé à Israël de suspendre les versements des taxes.
Le secrétaire d'État américain John Kerry avait critiqué mardi les deux parties, mais s'en était pris plus particulièrement à Israël qu'il a accusé d'avoir entravé le processus de paix. Le gouvernement Netanyahu est resté largement silencieux sur cette mise en cause des États-Unis, qui fournissent à Israël une aide militaire annuelle de 3,1 milliards de dollars, soit environ 20 % du budget israélien de la Défense. Les rares ministres à s'exprimer ont rejeté sur les Palestiniens la responsabilité de la crise.
La Ligue arabe soutient Abbas
Toutefois, malgré ces échanges d'accusations, les rencontres entre négociateurs israéliens et palestiniens sous médiation américaine devaient reprendre après la réunion de la Ligue arabe au Caire. Cette dernière a fait porter hier à Israël « l'entière responsabilité de la dangereuse crise » des négociations, soutenant la position du président palestinien, Mahmoud Abbas, qui a accusé Israël d'avoir pour « objectif stratégique de gagner du temps ». À l'issue de leur réunion, les ministres arabes des Affaires étrangères ont estimé que les nouvelles exigences posées par Israël pour les libérations de détenus déliaient M. Abbas de son engagement de s'abstenir de toute démarche auprès de la communauté internationale. Lors d'une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, a affirmé que « malgré tout, les Palestiniens et les Arabes sont toutefois engagés à poursuivre les négociations et les efforts engagés par M. Kerry pour parvenir à sortir de la crise ».
De son côté, le président chinois Xi Jinping a appelé Israël à prendre des décisions « courageuses » dans le nouveau tour de table avec les Palestiniens. « Le processus de négociations israélo-palestiniennes est maintenant entré dans une phase décisive. Il y a des opportunités mais également des difficultés. La Chine espère qu'Israël conserve présent à l'esprit l'enjeu de la paix, qu'il fasse preuve de sagesse stratégique (...) », a déclaré M. Xi, qui n'a pas présenté de propositions particulières mais a dit que son pays entendait « jouer un rôle constructif » dans les négociations de paix.
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En titre annonce on lit : la REPLIQUE d'israel aux palestiniens et en quand on deroule on lit : Israel sanctionne les palestiniens . C'est pas serieux comme procede , c'est surtout pas honnete , ca ne veut pas dire la meme chose . Un peu de serieux dans vos choix de titre , je pensais que vous en aviez fini avec cette methode pas digne d'un grand journal comme l'olj .!
11 h 27, le 10 avril 2014