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Moyen Orient et Monde

Pollard, l’espion devenu icône d’Israël, possible pion dans le processus de paix

Négociations
OLJ/AFP
02/04/2014

Jonathan Pollard, un espion emprisonné aux États-Unis dont Israël réclame la grâce, pourrait devenir un pion majeur dans le marchandage qui entoure les efforts du secrétaire d'État américain John Kerry pour sauver le processus de paix.


Selon des sources proches du dossier, la libération de M. Pollard est sur la table des négociations mais aucune décision n'a encore été prise. Aux termes d'une proposition d'accord, l'espion pourrait être relâché avant la Pâque juive, à la mi-avril, afin de faciliter de nouvelles libérations de prisonniers palestiniens par Israël et la prolongation des négociations israélo-palestiniennes. Le département d'État et la Maison-Blanche n'ont rien confirmé, se bornant jusqu'à présent à répéter que M. Pollard « a été reconnu coupable d'espionnage et purge sa peine ». Selon l'administration pénitentiaire américaine, l'espion peut demander une libération conditionnelle à partir de novembre 2015.

 

(Lire aussi : Les pourparlers de paix israélo-palestiniens au bord du gouffre)


M. Pollard, condamné en 1987 à la prison à perpétuité par la justice américaine pour espionnage au profit d'Israël, est devenu une icône pour la droite nationaliste au pouvoir dans l'État hébreu, et une grande partie de la société israélienne a embrassé sa cause. Pour l'opinion publique israélienne, le refus obstiné de Washington d'accorder la grâce ou la réduction de peine qu'Israël réclame depuis des années est injustifié. Ancien expert de la marine américaine, âgé aujourd'hui de 59 ans, M. Pollard a transmis à Israël des milliers de documents secrets sur les activités du renseignement américain dans le monde arabe. Il avait été refoulé de l'ambassade d'Israël à Washington juste avant son arrestation en 1985, mais il a obtenu la nationalité israélienne 10 ans plus tard, et en 1998, il a été officiellement reconnu par l'État hébreu comme un agent israélien. Cette même année, il avait déjà été question d'une libération de M. Pollard en échange de l'élargissement de prisonniers palestiniens. Mais l'accord entre Benjamin Netanyahu, qui effectuait alors son premier mandat, et le chef palestinien Yasser Arafat n'avait pas abouti. Et selon la presse, le directeur de la CIA de l'époque, George Tenet, avait menacé de démissionner en cas de grâce de Pollard.


Et côté palestinien, 14 ans plus tard, c'est toujours le même son de cloche : « L'affaire Pollard est exclusivement entre Israël et les Américains, cela ne nous concerne pas. Nous rejetons tout lien entre Pollard et la libération de nos prisonniers ou la prolongation des négociations », a déclaré un membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Jamil Chehadeh, à la radio officielle Voix de la Palestine.

 

Comportement excentrique
Le dossier Pollard entache depuis bientôt 20 ans les relations israélo-américaines. L'arrestation de l'espion avait déclenché une crise qui ne s'était résolue qu'avec la promesse des Israéliens de mettre un terme à toutes leurs activités d'espionnage sur le sol américain.


Selon des documents de la CIA déclassifiés en 2012, l'espion avait un comportement excentrique. Noyé sous les dettes, il affirmait que sa femme avait été enlevée par l'Armée républicaine irlandaise. Ces documents précisent aussi la nature des missions de M. Pollard, par lequel Israël cherchait à obtenir des informations sur différents programmes nucléaires arabes et pakistanais. Ses informations auraient aussi aidé Israël à bombarder en 1985 le QG de l'Organisation de libération de la Palestine, alors exilée en Tunisie, et à assassiner le numéro deux de l'OLP, Abou Jihad, à Tunis en 1988.


En janvier, 106 des 120 députés israéliens ont remis au président Shimon Peres une pétition réclamant la clémence pour Jonathan Pollard : il « a passé 29 ans en prison pour les graves crimes qu'il a commis. Les conditions sont mûres pour sa libération ». Des centaines de milliers d'Israéliens ont également signé via Internet des appels en faveur de cette libération.


Divorcé de sa première épouse Ann, qui avait été condamnée à 5 ans de prison pour complicité, M. Pollard est devenu pratiquant en prison et s'est remarié en 1993 avec Esther Zeitz, une juive canadienne engagée dans la campagne pour sa libération. Son état de santé a récemment fait la une des médias israéliens. Son épouse a annoncé dans une interview qu'il avait été hospitalisé pour de multiples opérations gastriques. Il a depuis regagné sa cellule dans une prison de Caroline du Nord.
Plusieurs pièces de théâtre et films ont été consacrés à cette affaire, notamment le film français Les Patriotes (1994).

 

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ACE-AN-NAS

Toujours plein de simagrées ces emmerdeurs sionistes!

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Eh ben !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L'ABRUTISSEMENT SANS BORNES !

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