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Nos lecteurs ont la parole - Joe Acoury

L’ultime médiation

Le Liban baigne depuis de longs mois dans un exaspérant attentisme sécuritaire, politique, économique et touristique. Les avis des uns et des autres, les amateurs, les politiciens d'hier et d'aujourd'hui, les médiateurs, les chroniqueurs, les «stratèges» locaux et toute personne «bien intentionnée» semblent suspendus aux aléas suivants : l'influence de l'Arabie saoudite et celle de l'Iran, leurs pourparlers avec les grandes puissances, Genève 1 comme base des entretiens de Genève 2, le tribunal de La Haye... Le plus grave est la multiplicité des variantes identitaires de ce Liban où l'on trouvent, coexistant sans problème, dix-huit confessions et au moins autant d'allégeances. Tout cela aux dépens d'une fierté nationale rarement présente sur l'échelle des priorités. Comment fait-on donc pour habiter un lieu, faire partie d'une famille, d'un groupe, d'une communauté, d'un ordre social et faire quand même l'impasse sur ses aspirations au profit de courants et de directives venus de l'extérieur? On ne va quand même pas demander à l'enfant, à l'adolescent, à l'adulte et au vieillard d'adapter leurs vies et leurs évolutions au rythme de ces suiveurs plutôt que de vouloir préserver, défendre farouchement nos droits et d'un État, le nôtre, en
lambeaux.
La population reste traumatisée, non seulement par la violence des attentats, la panique engendrée par la présence de voitures aux origines douteuses et par les slogans extrémistes appelant aux dissensions, mais également, par la perte de références, du plus élémentaire bon sens politique.
M. Lakhdar Brahimi a récemment parlé devant la presse de protéger les libertés et a dénoncé la guerre qui permet au terrorisme de se propager. Il s'est engagé en outre à tout faire pour un accord concret qui autoriserait l'aménagement de corridors humanitaires, la libération de prisonniers de guerre en Syrie et des hommes de religion kidnappés. M. Brahimi est prié de ne pas oublier aussi de réclamer haut et fort la mise à l'écart de nombre de « responsables » qui ont pris en otage le peuple en raison de leurs appartenances et de la stérilité de leurs conflits.

Le Liban baigne depuis de longs mois dans un exaspérant attentisme sécuritaire, politique, économique et touristique. Les avis des uns et des autres, les amateurs, les politiciens d'hier et d'aujourd'hui, les médiateurs, les chroniqueurs, les «stratèges» locaux et toute personne «bien intentionnée» semblent suspendus aux aléas suivants : l'influence de l'Arabie saoudite et celle de l'Iran, leurs pourparlers avec les grandes puissances, Genève 1 comme base des entretiens de Genève 2, le tribunal de La Haye... Le plus grave est la multiplicité des variantes identitaires de ce Liban où l'on trouvent, coexistant sans problème, dix-huit confessions et au moins autant d'allégeances. Tout cela aux dépens d'une fierté nationale rarement présente sur l'échelle des priorités. Comment fait-on donc pour habiter un lieu, faire...
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