La faim, lorsque les convois humanitaires essuient des tirs, devient une arme de guerre en Syrie. Des milliers d'innocents servant de boucliers humains, assiégés jusqu'à l'épuisement total, des femmes, des enfants, des personnes âgées se sont réfugiés au Liban dans un état de misère absolue, ne mangeant pas à leur faim et n'ayant pas accès aux soins médicaux.
Peut-on croire qu'au XXIe siècle, la famine décime impunément une population, au vu et au su du monde entier, impuissant à contenir ce déferlement de sauvagerie, de violence et d'inhumanité.
La communauté internationale a « largement échoué sur le plan humanitaire en Syrie où se déroule la pire tragédie de notre époque (...). C'est la grande honte du monde » déplore Emma Bonino, ancienne ministre des Affaires étrangères d'Italie.
Oui, les gens meurent littéralement de faim, de froid et par manque de soins.
C'est ainsi qu'un peuple, abandonné à son sort, fuyant la violence qui sévit dans son pays, s'enfonce dans le dépouillement total, la misère et la maladie, menaçant le pays d'accueil de retombées dramatiques aux niveaux de la santé publique, de la sécurité, de la stabilité et du chômage, sans compter le préjudice occasionné à l'équilibre socio-économique.
Selon la Banque mondiale, les dégâts subis du fait de l'afflux des réfugiés syriens s'élèvent à 7,5 milliards de dollars entre 2012 et 2014, ce qui suscite un problème existentiel au Liban.
Le nombre de réfugiés, qui devrait atteindre 1600000 fin 2014, représentant presque le tiers de la population libanaise, ainsi que l'assistance matérielle nécessaire, évaluée à des milliards de dollars non disponibles, exigent une stratégie de lutte pour prévenir la catastrophe qui risque de s'abattre sur notre pays.
Les pauvres sont les plus exposés aux maladies, aux infections et aux risques liés à la malnutrition et à l'environnement insalubre. Les logements précaires, les taudis, le manque d'eau potable, la promiscuité qui favorise les maladies infectieuses, l'usage excessif de pesticides dans les milieux ruraux agraires et les produits de consommation périmés constituent une menace supplémentaire à la santé déjà précaire des mal nourris.
Les grossesses non désirées et les avortements mal gérés contribuent à ruiner la santé des femmes. La fécondité et la croissance démographique sont les plus élevées dans les pays démunis et baissent progressivement à mesure qu'on passe aux populations nanties. Dans les pays les moins avancés, l'espérance de vie à la naissance est inférieure à 50 ans, contre 77 ans dans les pays développés.
Constatant que la pauvreté constitue une atteinte à la dignité humaine et aux droits fondamentaux de la personne, le pape François a critiqué l'Église, coupable selon lui de «mettre le dogme avant l'amour et de hiérarchiser les doctrines morales plutôt que de servir les pauvres et les marginalisés».
Le déséquilibre entre la démographie rapide et l'insuffisance des ressources nécessaires à la survie met à rude épreuve l'organisation sociale et exige un effort soutenu des institutions qui s'occupent des démunis.
En général, ce sont les ONG humanitaires et les institutions religieuses et caritatives, notamment les lieux de culte, les écoles, les hôpitaux, les réseaux de distribution de vivres et les dispensaires qui fournissent souvent l'assistance nécessaire dans les milieux pauvres, aidant en cela les services publics inadaptés ou défaillants.
Les huit pays les plus industrialisés – le G8 –, rejoints à l'Aquila en Italie par d'autres États, se sont engagés, en juillet 2009, à mobiliser 20 milliards de dollars sur trois ans pour lutter contre la faim dans le monde. Ces fonds devaient permettre d'accroître les investissements dans l'agriculture des pays en voie de développement. L'impact de la crise financière et économique de 2008 et la flambée des prix alimentaires avaient entraîné des émeutes de la faim dans plusieurs pays.
La FAO, agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, dénombre plus d'un milliard de personnes souffrant aujourd'hui de la faim dans le monde.
Tous ces facteurs, conduisant à la pauvreté, contribuent, au sein d'une nation, à susciter des troubles politiques, la déstabilisation et la fanatisme et à créer des courants de migration illégale massive surtout depuis la crise de 2008, entraînant une instabilité politique et sécuritaire, et accentuant la menace de violence et de criminalité à laquelle le monde civilisé et industrialisé devra faire face.
Échapper à la pauvreté n'est pas le résultat d'un acte strictement individuel. Il faut pour cela une stratégie globale renforcée, une responsabilité partagée et le soutien d'institutions aussi bien nationales qu'internationales. Le succès suppose un engagement collectif et un effort commun, des secteurs privé et public, avec tout ce que cela implique en termes de plan d'action, d'assistance, de ressources et d'investissement.
La mobilisation générale, la réduction des inégalités et la solidarité internationale constituent, dès lors, le moyen le plus efficace pour répondre au défi de la faim et à ses conséquences afin que les populations marginalisées aient accès à une vie digne et s'intègrent peu à peu dans le processus mondial d'égalité, de justice et de paix.
Nos lecteurs ont la parole - Alia Berti Zein
Lutter contre la faim dans le monde
OLJ / le 08 avril 2014 à 00h10


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
HYPOCRITES ! LES ACCAPAREURS DE FORTUNES COLOSSALES MONDIALES... CAR ILS SONT APRÈS LA STAGNATION DE TOUS LES PEUPLES DU MONDE. LIBRES ÉCHANGES... LIBRES MARCHÉS... EST-IL POSSIBLE QUE LES PAYS AFRICAINS, POUR EXEMPLE, ET TANT D'AUTRES PAUVRES AUSSI, DE PAR LE MONDE, PUISSENT FAIRE LA COMPÉTITION AUX RAPACES DU PROFIT INTERNATIONAL QUI LES PRIVENT DE LEURS MATIÈRES PREMIÈRES NÉCESSAIRES À LEUR SURVIE ? DEPUIS QUAND DANS L'UN DES PLATEAU DE LA BALANCE UN PACHYDERME ET DANS L'AUTRE UNE SOURIS S'ÉGALISENT EN POIDS ?
12 h 20, le 09 avril 2014