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Liban

« Ils nous ont dispersés de force », accusent les manifestants de Dalyeh

Quelques dizaines de pêcheurs du port de Dalyeh ont effectué hier un sit-in au cours duquel ils ont fermé la route côtière de Raouché durant environ deux heures, avant que leur mouvement ne soit réprimé par les forces de l'ordre et qu'ils ne battent en retraite vers la mer. Selon des manifestants sur place, « les forces antiémeutes ont utilisé des bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants, blessant trois d'entre eux ». « Les femmes n'ont pas été épargnées », toujours selon les manifestants.
Les pêcheurs protestent contre la volonté de trois compagnies immobilières de les déloger afin de construire un grand projet touristique à l'emplacement de ce petit port qui se trouve entre le site de Raouché et la plage de Ramlet el-Baïda (voir L'Orient-Le Jour du 7 février 2014). Ils font état « de pressions » exercées contre eux. Un procès est en cours entre les deux parties.
Aïda Saleh, l'une des porte-parole des pêcheurs, s'est insurgée, dans un entretien avec L'Orient-Le Jour, contre « la violence utilisée à l'encontre des pêcheurs lors du sit-in ». « Ce sont surtout les femmes qui ont été touchées, les hommes faisaient des efforts pour leur épargner les coups », dit-elle.
Une source de sécurité interrogée par L'Orient-Le Jour a nié que la force ait été utilisée contre les manifestants mais a souligné que « l'ordre devait être rétabli ». Selon cette source, « le calme est revenu dans la région après la fin du sit-in ».
Aïda Saleh nie catégoriquement ces faits. « Plusieurs blessés sont tombés, dont une femme enceinte, Khadijé Nabhan, qui a reçu des coups, dit-elle. Ce n'est que maintenant (ndlr : plus d'une heure après la dispersion des manifestants) qu'ils nous ont laissé évacuer deux des blessés, Khadijé et Siba Nabhan, vers les hôpitaux. Nous voulons organiser une conférence de presse mais ils empêchent les journalistes de descendre jusqu'à nous. »
La porte-parole des pêcheurs insiste sur le fait que la lutte se poursuit. « Ils n'auront pas les maisons que nous avons bâties pour nos fils, s'écrie-t-elle. Ils devront se battre pour cela. Et si leur argent a pu convaincre certains, qu'ils ne pensent pas être capables de diviser les pêcheurs de Dalyeh qui restent, sunnites et chiites, unis contre la délocalisation. Nous sommes toujours une quinzaine de familles qui refusons de quitter nos maisons. »
Au-delà de l'affaire de l'indemnisation ou de la délocalisation des pêcheurs, une question se pose actuellement : à travers ce qui semble être un futur projet privé, une nouvelle parcelle du littoral ne sera-t-elle pas bientôt fermée au public libanais ? Des militants de la société civile ont déjà entamé une campagne pour sauver cette partie du littoral beyrouthin : une pétition circule depuis plusieurs semaines, alarida.org, pour sauver Dalyeh de la privatisation.


Quelques dizaines de pêcheurs du port de Dalyeh ont effectué hier un sit-in au cours duquel ils ont fermé la route côtière de Raouché durant environ deux heures, avant que leur mouvement ne soit réprimé par les forces de l'ordre et qu'ils ne battent en retraite vers la mer. Selon des manifestants sur place, « les forces antiémeutes ont utilisé des bombes lacrymogènes pour disperser...

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