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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Coca light

J'ai joué à l'Euromillions. Enfin, j'ai demandé à une copine de le faire pour moi puisqu'elle vient d'aller à Paris. En le demandant, je me suis tout de suite vue multimillionnaire. Une multimillionnaire virtuelle. On s'est tous vu multimillionnaires. Avec, en vrac, un cottage dans les Hamptons, une villa aux Maldives, un loft à New York, des centaines de stilettos, une Aston Martin, un don à tous ceux qu'on aime, un compte épargne, un bateau, une demeure en Corse, un chalet à Verbier, un tour du monde, un mégabureau à Beyrouth. Non, pas de mégabureau, on arrêterait de bosser. La conversation part en vrille. Mais non, tu ne peux pas arrêter de travailler, tu t'ennuierais. À quoi serviraient toutes ces maisons, prend une suite à l'année au Waldorf Astoria. La chou le bateau, tu as le mal de mer ? Nzallo men el-siyyara.
Aucun de nous n'a jamais gagné au Loto. Encore fallait-il jouer. Conversation stérile où on dit n'importe quoi, mais conversation légère. Et la légèreté, en ce moment, on en a besoin. On a besoin de déconne, de blagues débiles et vulgaires, de cuites à la téquila, de jeux de société crétins, de coups foireux, de chansons kitsch, de comédies, romantiques ou pas, de Voici ou Pif Gadget, de végéter, de souvenirs d'enfance, de comfort food et de bulles. Du léger, du pétillant. Pas envie de disserter sur la stérilité des baleines dans le Pacifique Sud, sur la Chine qui commande 70 Airbus pour plus de 7 milliards d'euros, pas envie de se prendre la tête à propos des réunions parlementaires qui paralysent le centre-ville ou à propos de l'œuvre de Nietzche et sa critique de la culture occidentale moderne et de l'ensemble de ses valeurs morales, politiques ou philosophiques. Non, on ne parlera pas de dualisme métaphysique ni de l'extase de Sainte Thérèse d'Avila. Même si on prend plaisir à le faire quand l'occasion se présente. Tout comme on a pris plaisir à voir Dallas Buyers Club, 12 Years a Slave ou Blue Jasmine, à lire Stephen Zweig ou Dostoïevski, à écouter Martha Argerich jouer la Polonaise n°6 l'héroïque de Chopin. Oui. Mais pas maintenant. Maintenant, là, tout de suite, un peu de légèreté ne ferait non pas de mal à personne, mais ferait du bien. Un peu comme si on troquait une escalope de foie gras sautée aux figues et sauce pain d'épices, accompagnée d'un Dom Pérignon millésimé contre un double cheeseburger servi sur un lit de mayonnaise avec, dans la coupe, un cocktail mangue/avocat/achta. Une légèreté un peu lourde, certes. On a besoin, terriblement besoin, viscéralement besoin d'insouciance. De ne pas réfléchir. De ne pas se poser de questions. Et de faire de nos heures, des instants qu'on pourrait croire futiles. Regarder Rambo 4, Confessions intimes ou Secret Story 12, lire Voici ou Closer et même al-Jarass. Écouter Jean-Pierre François ou Bézu, faire la danse de la pintade sur And when the rain begins to fall et mettre en boucle Saute saute petit lapin de la grande Sabouha. Prendre un avion pour DC sur un coup de tête. Écumer les blagues d'Abou el-Abed, énumérer toutes les insultes qu'on connaît en arabe, et se demander pourquoi dit-on « pussy », « chatte » et « ott ». On se comprend. Question existentielle. Débat prolifique. Et explications aussi saugrenues que logiques. Appelons un chat, un chat. Et soyons impertinents. Pas d'histoires d'amour, seulement des sans lendemains. Pas de scrabble ni de mots croisés, mais un post-it scotché sur le front ou un Huit la folle. Un Crazy Eight quoi. Pas de corvées, juste de folles virées jusqu'à Amchit pour nager à 2 heures du mat, dans une eau à 16°, pour aller danser le sirtaki autour d'un kès arak. Des corvées à remplacer par une pyjama party, des dizaines de « it's a match » sur Tinder, un coup de fil anonyme et inattendu à une femme qui nous plaît, 20 pizzas pepperoni livrées chez son collègue de bureau, un baiser volé sous une porte cochère. Et, pour couronner le tout, se décharger de l'inutile, de l'accessoire. Du matériel comme du spirituel. Jeter du lest et s'alléger au possible.
Et, grâce à ces moments-là, on aura le vertige. Cet enivrement qui n'est pas la peur de tomber, mais l'envie de voler. Avec désinvolture.

J'ai joué à l'Euromillions. Enfin, j'ai demandé à une copine de le faire pour moi puisqu'elle vient d'aller à Paris. En le demandant, je me suis tout de suite vue multimillionnaire. Une multimillionnaire virtuelle. On s'est tous vu multimillionnaires. Avec, en vrac, un cottage dans les Hamptons, une villa aux Maldives, un loft à New York, des centaines de stilettos, une Aston Martin, un don à tous ceux qu'on aime, un compte épargne, un bateau, une demeure en Corse, un chalet à Verbier, un tour du monde, un mégabureau à Beyrouth. Non, pas de mégabureau, on arrêterait de bosser. La conversation part en vrille. Mais non, tu ne peux pas arrêter de travailler, tu t'ennuierais. À quoi serviraient toutes ces maisons, prend une suite à l'année au Waldorf Astoria. La chou le bateau, tu as le mal de mer ? Nzallo men...
commentaires (5)

CORRECTION ! Merci : "... coincés laissent les Beaux Sains Paresseux Syriens et Libanais un peu respirer...".

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

15 h 22, le 05 avril 2014

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Commentaires (5)

  • CORRECTION ! Merci : "... coincés laissent les Beaux Sains Paresseux Syriens et Libanais un peu respirer...".

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    15 h 22, le 05 avril 2014

  • À FORCE DE RÊVER ET DE NE RIEN FAIRE, AU RÉVEIL TU TE RETROUVES DEVANT UN CANON DIRIGÉ SUR TA TÊTE ET ENTOURÉ PAR LES BÉRÉS NOIRS.

    Gebran Eid

    13 h 03, le 05 avril 2014

  • Ha! Ha! Ha! Vous m'avez bien fait rigoler ce matin!

    Michele Aoun

    10 h 52, le 05 avril 2014

  • Que ces Malsains coincés laissent les Sains Paresseux Syriens et Libanais un peu respirer, ils s’occuperont bien d’eux assez tôt ; c’est-à-dire quand leurs deux Arabes Printanières auront vaincu bientôt. Mais qu’ils les lâchent, nom d’un de ces dieux ne serait-ce qu’un instant, avec leurs vaticinations, leurs prophéties de malheur dès qu’une circonstance fâcheuse vient contrarier l’espoir d’une embellie ! Que ces Malsains consTipés s’étouffent tous avec leurs dénigrements éructant et leurs désespérantes prédictions vomies. Et qu’ils laissent les Libanais Sains partager avec les Sains Syriens des moments de paresse et d’allégresse d’autant plus poignants, qu’ils en avaient oublié la saveur depuis le départ du grand Hariri et l’arrivée du néfaste Little big Mik, et du Chî Tamâm le drolatique ! Ils ont les bras levés au ciel, actuellement, les Sains sereins : Et ben, oui, ce bras levé vers ce ciel bleu de ces deux Kottor-contrées, de ce bleu méditerranéen et levantin, ils le dirigent non comme un bras d’honneur vilain, mais bien comme on lève une main pour esquisser un avenir enfin serein ! Pour eux, c’est comme si cette bouffée printanière de ces fabuleuses Printanières Arabes s’offrait, hors saison, un petit revenez-y en Saine "fertile contrée". Un point d’orgue, en tout cas, après un parcours biais malaisé, mais en définitive bientôt réussi tant ici au Grand-Liban que là-bas en New Sœur-Syrie.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 48, le 05 avril 2014

  • 100% juste

    Bahijeh Akoury

    08 h 28, le 05 avril 2014

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