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Culture - Roman

Les tensions familiales se révèlent-elles « En cas de forte chaleur » ?

À travers les retrouvailles d'une famille irlandaise l'espace de trois jours caniculaires, Maggie O'Farrell explore le registre – universel – des tensions familiales. Avec finesse et fluidité.

Maggie O’Farrell, portraitiste virtuose des relations humaines, de la complexité des liens et du poids des secrets de famille.

Londres, juillet 1976. Une canicule féroce écrase la ville. L'air est lourd, pesant. Tout semble figé. Comme chaque matin, Robert Riordan, discret retraité, sort acheter son journal. Dix heures plus tard, il n'est toujours pas rentré. Greta, son épouse – à la personnalité un brin baroque – bat le rappel de leurs trois enfants. Il y a Monica, sa préférée, avec laquelle elle a un lien quasi télépathique. Divorcée, puis remariée, cette dernière ne se sent pas à l'aise dans sa nouvelle vie et, spécialement, dans son rôle de belle-mère abhorrée par les filles de son compagnon. Puis vient Michael-Francis, le fils qui, lui, se débat dans ses problèmes conjugaux et sa frustration professionnelle. Et, enfin, Aoife, la cadette qui a toujours été un peu spéciale et qui, préférant s'éloigner, vit depuis quelque temps à New York.
La disparition du père va à nouveau réunir les membres de cette famille ordinaire aux liens distendus par le cours de la vie, mais aussi et surtout par les rivalités sous-jacentes et les non-dits des uns et des autres.
Pourquoi Robert a-t-il disparu ? Est-ce un acte irraisonné dû à la forte chaleur ? Ou bien cet homme taciturne et routinier cachait-il une double vie ? L'attitude de Greta, la maman, semble bizarre. Dissimulerait-elle, elle aussi, quelque chose ? Les trois enfants du couple tentent de comprendre et retournent la maison de fond en comble pour essayer de trouver les raisons de cette disparition mystérieuse.
Leurs recherches, qui vont les conduire à leur village originel d'Irlande du Nord, les ramèneront vers leurs racines. Tout comme ils feront rejaillir, dessous les vieilles rancœurs et les secrets de familles dévoilés, la complicité d'avant...

Le pouvoir destructeur des non-dits
Dans En cas de forte chaleur (éd. Belfond ; 360 pages), Maggie O'Farrell, auteure irlandaise de romans intimistes, fait une nouvelle fois preuve de son talent en peignant avec justesse et sensibilité les situations et les ambiances familiales. Son écriture très visuelle (on a presque l'impression de regarder un film, tellement sa description des personnages, paysages et lieux est précise), la subtilité et le réalisme de ses portraits de personnages brossés dans leur complexité d'êtres affectifs ont déjà valu à cette ex-journaliste littéraire un large succès populaire (depuis son premier roman Quand tu es parti publié en 2000) couronné, en 2011, par le prestigieux Costa Book Award pour Cette main qui a pris la mienne (toujours en version française chez Belfond).
Dans sa note, l'éditeur signale que, pour ce sixième roman (également en lice pour le Costa Book Award), Maggie O'Farrell a puisé dans sa propre histoire familiale pour croquer celle de cette famille d'immigrés irlandais en crise. Dans laquelle les assidus de cette romancière retrouveront les thèmes qui lui sont chers, comme la maternité, la dépression, la culpabilité, le pouvoir destructeur des non-dits ou encore le besoin de
reconnaissance...
Assez agréablement traduit de l'anglais, En cas de forte chaleur* offre donc un vrai plaisir de lecture. De celui qu'on éprouve en retrouvant avec impatience chaque soir les héros de cette histoire, somme toute banale, d'évolution des rapports entre les membres d'une fratrie. Mais narrée d'un ton si empreint d'humanité, de psychologie simple (mais non simpliste !), relevé d'un brin de dérision, qu'on en dévore les pages goulûment. Sans doute est-ce ainsi que le processus d'identification opère !

*Disponible en librairie.

 

Londres, juillet 1976. Une canicule féroce écrase la ville. L'air est lourd, pesant. Tout semble figé. Comme chaque matin, Robert Riordan, discret retraité, sort acheter son journal. Dix heures plus tard, il n'est toujours pas rentré. Greta, son épouse – à la personnalité un brin baroque – bat le rappel de leurs trois enfants. Il y a Monica, sa préférée, avec laquelle elle a un lien quasi télépathique. Divorcée, puis remariée, cette dernière ne se sent pas à l'aise dans sa nouvelle vie et, spécialement, dans son rôle de belle-mère abhorrée par les filles de son compagnon. Puis vient Michael-Francis, le fils qui, lui, se débat dans ses problèmes conjugaux et sa frustration professionnelle. Et, enfin, Aoife, la cadette qui a toujours été un peu spéciale et qui, préférant s'éloigner, vit depuis quelque temps...
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