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Liban

À Vartov, l’héritage de Grundtvig et la formation au dialogue

La statue de Grundtvig dans la cour de Vartov.

Si le Danemark est bien ancré dans la tradition de l'acceptation de l'autre, c'est qu'il a bien été influencé par la pensée d'un pasteur, écrivain, poète et théologien : Grundtvig. Figure emblématique du pays, il croyait que l'homme portait les empreintes de Dieu, et que Dieu n'aurait pu devenir homme si l'homme n'avait rien de divin. Pour lui aussi, la culture d'un être humain faisait partie intégrante de lui, et la religion n'était que l'invitée de la culture. Un homme est homme avant d'être chrétien et danois, disait-il, affirmant que la culture danoise est forte de l'acceptation d'autres cultures, et que la liberté de religion était sacrée, « puisqu'elle fait partie de l'identité de l'homme, de la tradition dans laquelle Dieu lui parle ». Et c'est à Vartov, imposant édifice en briques, autrefois hôpital et église, et où Grundtvig a vécu les trente dernières années de sa vie, que les experts libanais se sont réunis pendant plus de trois jours pour discuter de leur projet de manuel d'éducation religieuse avec des experts danois. Là-bas, ils ont d'abord suivi un séminaire concernant les meilleurs moyens de faciliter le dialogue au sein d'équipes diversifiées.
La difficulté majeure notée durant ces échanges était la différence entre l'approche religieuse et éducative danoise et libanaise, cette dernière favorisant davantage le jugement et les directives imposées, selon les Danois, qui ont fait remarquer qu'une passion réunit les experts libanais, les appelant à parler de leurs appréhensions en toute liberté, et à éviter de se comparer les uns aux autres. Violette Msann et cheikh Naïm Hazer ont pour leur part expliqué comment le manuel a été élaboré « selon des objectifs pédagogiques, des compétences, des exercices d'application et d'évaluation précis favorisant l'interaction, utilisant l'Évangile comme unique référence pour les leçons d'éducation chrétienne et le Coran et les Hadis communs entre chiites et sunnites pour les musulmans ». Les experts danois ont de leur côté émis des conseils à ce sujet et présenté leur évaluation du manuel qui sera prêt fin décembre, appelant à pousser les élèves à penser de façon critique sans débuter les leçons de façon directe par des textes religieux et à tester le manuel bientôt.
Enfin, c'est au siège de Danmission, dans une maison bâtie en 1908, dans un des quartiers les plus huppés de Copenhague, loin du centre-ville, que la journée de la délégation Adyan a pris fin. Après une messe célébrée par le père Gaby Hachem et une homélie autour de la parabole du bon Samaritain, à la cathédrale catholique Saint-Angers, près du palais royal Amalienborg, les pédagogues libanais se sont réunis autour d'un dîner préparé par le chef danois de renom, Claus Meyers, dont le restaurant Noma a été élu meilleur restaurant au monde pour trois ans consécutifs.
« Nous avons été heureux de vous recevoir au Danemark, affirme Agnete Holm à l'adresse des convives. Nous attendons impatiemment ce produit final, ce manuel qui est une source d'inspiration pour nous tous et dont nous profiterons sans aucun doute. Le partenariat d'Adyan avec Danmission, la plus ancienne mission au Danemark, active depuis 190 ans, et qui travaille pour la réduction de la pauvreté, le dialogue interreligieux, et le développement de l'Église dans le monde, aidée par plus de 8 000 volontaires, est incontestablement le partenariat le plus fort de la mission au Moyen-Orient. »

Si le Danemark est bien ancré dans la tradition de l'acceptation de l'autre, c'est qu'il a bien été influencé par la pensée d'un pasteur, écrivain, poète et théologien : Grundtvig. Figure emblématique du pays, il croyait que l'homme portait les empreintes de Dieu, et que Dieu n'aurait pu devenir homme si l'homme n'avait rien de divin. Pour lui aussi, la culture d'un être humain faisait partie intégrante de lui, et la religion n'était que l'invitée de la culture. Un homme est homme avant d'être chrétien et danois, disait-il, affirmant que la culture danoise est forte de l'acceptation d'autres cultures, et que la liberté de religion était sacrée, « puisqu'elle fait partie de l'identité de l'homme, de la tradition dans laquelle Dieu lui parle ». Et c'est à Vartov, imposant édifice en briques, autrefois hôpital et...
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