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Nos lecteurs ont la parole - Louis Ingea

Le Liban, un paysage ?

Quelqu'un a dû l'écrire et une amie me l'a rapporté.
Il paraît que le Liban n'est pas un pays... mais un
paysage!
Ah! Que c'est méchant et que c'est vrai! J'en ai ri plein les joues. De plus, mis à part le calembour et les termes employés, la remarque est non seulement poignante mais dramatiquement vérifiée.
Ainsi nous vivons vous et moi dans un paysage! Nous ne sommes donc pas des citoyens malgré notre statut de contribuables et nous n'avons d'autre rôle que celui de figurants sur une scène ou de pions sur un échiquier.
Les vrais acteurs sont nos politiciens, pour qui la préférence va davantage vers le théâtre de marionnettes. Les scénaristes, quant à eux, hantent la région aux alentours. Diplomates, tyrans ou bêtes de somme, ce sont eux qui détiennent en fait les rênes de tous les pouvoirs et peuvent disposer de nos vies à leur convenance.
Le paysage, lui, fut conçu beau... autrefois. Vert, bleu, ensoleillé, tendre et volatil à la fois, il avait nourri pendant des siècles nos aîeux et même nos parents directs. Puis il a viré au catalogue pour touristes de deuxième choix avant de se figer en paysage brouillé, sous le vernis que lui impose de force la société actuelle de consommation et de bêtise.
C'est un paysage-miroir! Miroir aux alouettes, s'entend. Un paysage dans lequel les honnêtes gens s'étonnent de se trouver et où pullulent des magouilleurs, des forcenés fanatisés et des réfugiés aux abois. Une véritable «cour des miracles» comme l'on eût dit au Moyen Âge. Car les miracles s'y font et s'y défont à tout instant. Le premier d'entre eux étant que vous et moi soyons encore debout.
Aussi, le paysage, aujourd'hui, est-il descendu dans la rue au ras du caniveau. De ce train-là, le tableau finira bien par s'écailler. Et l'on fera en sorte qu'un beau matin il sera liquidé au rabais, aux brocanteurs du coin ou, mieux, foulé aux pieds des envahisseurs avant de disparaître de la circulation.
Pourquoi s'en offusquer? Il n'est ni le premier ni le dernier coin de la planète à subir sa mutation ou sa mutilation. Souvenons-nous de la Mésopotamie, de l'Empire romain et, plus près dans le temps, de la Géorgie ou de la Crimée, pour ne citer que les plus récents...
Oh! Ce n'est pas que la montagne se rétrécira, que les rochers changeront de position ou que la mer tournera au rouge. Non! Bien sûr! Des individus continueront d'y végéter, de s'y agiter et puis de crever. Il y aura un jour, il y aura une nuit, mais les couleurs seront définitivement ternies. Et l'Oriental qui, de nature, n'a jamais évolué, sera encore tout heureux de retrouver au vingt et unième siècle de notre ère l'ambiance primitive et nostalgique des premeirs siècles de l'humanité.
Il y retrouvera ses aises du temps des grottes, dans des nids d'une architecture hybride, le long de passages tortueux aménagés entre gratte-ciel, culs-de-sac, bouges et véhicules à pollution accélérée.
Certains s'y laisseront adapter. D'autres préféreront émigrer. Le paysage, devenu papier glacé, se contentera d'orner les comptoirs des fast-foods et des supermarchés... Au profit de futures générations qui regarderont, béates et évidées, ce rappel des temps anciens dans lesquels avaient vécu leurs pauvres et primitifs prédécesseurs... qui ignoraient encore la robotisation des masses, l'abrutissement aseptisé des consciences et le botox nourricier de nos belles.
Bonjour, tristesse!

 

Quelqu'un a dû l'écrire et une amie me l'a rapporté.Il paraît que le Liban n'est pas un pays... mais unpaysage!Ah! Que c'est méchant et que c'est vrai! J'en ai ri plein les joues. De plus, mis à part le calembour et les termes employés, la remarque est non seulement poignante mais dramatiquement vérifiée.Ainsi nous vivons vous et moi dans un paysage! Nous ne sommes donc pas des citoyens malgré notre statut de contribuables et nous n'avons d'autre rôle que celui de figurants sur une scène ou de pions sur un échiquier.Les vrais acteurs sont nos politiciens, pour qui la préférence va davantage vers le théâtre de marionnettes. Les scénaristes, quant à eux, hantent la région aux alentours. Diplomates, tyrans ou bêtes de somme, ce sont eux qui détiennent en fait les rênes de tous les pouvoirs et peuvent disposer de nos...
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