L'attentat-suicide qui a tué trois soldats à Wadi Ata dans le jurd de Ersal (nord-est de la Békaa) a suscité de vives réactions de tous bords, sur la base d'une même solidarité avec l'institution, sous-tendue toutefois par des arguments différents.
D'une manière générale, le Hezbollah a situé l'attentat de Ersal dans le cadre de « la méthode terroriste takfiriste ». Le ministre de l'Industrie Hussein Hajj Hassan a appelé à « soutenir l'armée sans réserve, ni condition, ni justification susceptible de donner une chance ou un prétexte aux terroristes ». Si le vice-président du comité exécutif du parti chiite, cheikh Nabil Kaouk, a appelé à « une modération véritable, au-delà des slogans et des mots doux », le président du même conseil, Hachem Safieddine, a défendu « la complémentarité entre ce que nous faisons en Syrie et ce qu'entreprend l'armée au Liban pour éloigner le danger ». En outre, le ministre de l'Industrie Hussein Hajj Hassan a stigmatisé « l'agression criminelle terroriste contre l'armée ».
En contrepartie, le bloc du Futur, qui a condamné l'attentat à Ersal, a estimé que « l'armée paie le prix des politiques erronées et de l'implication du Liban dans la guerre syrienne ». « Encore une fois, l'armée libanaise paie de la vie de ses officiers et de ses soldats le prix de la guerre contre le terrorisme aveugle qui n'a ni religion ni confession. » Le texte a réitéré l'appel à aider l'armée à contrôler les frontières, à faire face aux infiltrations des groupes armés et à mettre un terme à la participation du Hezbollah dans les combats en Syrie. Le bloc a également appelé à ne plus donner de prétextes à quiconque, ces prétextes pouvant encourager l'émergence de terroristes.
Un appel à lever le niveau d'alerte de l'armée a été lancé par le bureau politique du mouvement Amal.
Pour le ministre des Finances Ali Hassan Khalil, qui prenait part à une cérémonie organisée par le mouvement, « le terrorisme ne concerne pas une région ni une confession spécifique. Il vise chaque partie qui croit au dialogue ».
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a lui aussi condamné les attaques menées contre l'armée et les forces de sécurité appelant dans ce cadre à mettre en œuvre le plan sécuritaire approuvé par le gouvernement.
Le vice-président du Conseil des ministres Samir Mokbel a insisté sur « la détermination du gouvernement à mettre en exécution, malgré les difficultés, le plan sécuritaire global qu'il a approuvé ».
Pharaon
Ces propos ont été relayés par le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk, déclarant que « cet acte criminel terroriste ne nous dissuadera pas de poursuivre la mise en œuvre du plan sécuritaire jusqu'au bout, afin de garantir la sécurité et la quiétude des Libanais ».
Le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, a valorisé « le rôle efficace et influent » de l'armée et salué la dernière opération menée par ses services de renseignements à Ersal. « Les armes de cette institution sont pour tous les Libanais, et non pour une catégorie au détriment de l'autre », a-t-il affirmé dans un communiqué.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a mis en garde contre « deux dangers qui guettent le Liban : le terrorisme, d'une part, et l'implantation des réfugiés syriens, d'autre part, ce dernier danger ayant d'ailleurs été évoqué par l'ami du Liban, l'ambassadeur britannique Tom Fletcher ». « Nous avons une énorme responsabilité face à ces deux dangers auxquels nous ne pourrons faire face si nous restons divisés », a-t-il déclaré lors d'un dîner du Courant patriotique libre samedi soir. Plaçant sur un pied d'égalité le flux des déplacés syriens et la menace terroriste, le ministre a appelé à l'unité au niveau national mais surtout chrétien. « Nous sommes menacés dans notre existence, notre christianisme et notre libanité », a-t-il déclaré.


CAUSES DIFFÉRENTES... DES DEUX CÔTÉS AVEC RENTES !
14 h 25, le 31 mars 2014