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Liban

L’Inspection centrale chargée du suivi des violences pratiquées par les enseignants dans les écoles

Le ministre Bou Saab, hier, au cours de sa conférence de presse. Photo Dalati et Nohra

Le ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab, a annoncé hier qu'il a chargé « l'Inspection centrale de suivre les affaires de violence des enseignants envers les élèves dans toutes les écoles ». Il a également invité l'institution « à prendre les mesures nécessaires en cas de nouveaux incidents », a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
M. Bou Saab a de plus demandé aux élèves victimes de violences infligées par des enseignants de rapporter ces actes à la direction générale de l'éducation au 01-772101. Le ministre a en outre appelé toutes les écoles à respecter les lois sous peine de sanctions.
« La sévérité dans l'enseignement ne justifie pas l'usage de la violence contre les élèves », a déclaré le ministre, demandant que le secteur éducatif soit mis à l'écart des problèmes politiques.


La conférence de presse de M. Bou Saab intervient au lendemain de l'affaire de l'école des Makassed qui a fait scandale au Liban. Une vidéo a circulé mardi sur Internet montrant un enseignant en train de battre ses élèves sur la plante des pieds avec un bâton, à l'école publique des Makassed, à Zahrani au Liban-Sud.

 

 


L'incident filmé n'est heureusement pas passé inaperçu. L'Association des Makassed a décidé de renvoyer l'enseignant et de se constituer partie civile. Condamnant les « images douloureuses », les Makassed ont également fermé leurs portes, hier, pour dénoncer la violence de cet enseignant. Le président de l'association s'est, par ailleurs, rendu à l'école Dayhat el-Arab, à Zahrani, à la tête d'une délégation.


Le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, a, lui aussi, dénoncé « la violence de cet enseignant ». « L'enseignement se fait désormais par des méthodes modernes et civilisées qui ont fait leurs preuves, a-t-il dit. Il ne se fait en aucun cas par la violence envers les jeunes enfants. » M. Derbas a promis que son ministère prendra très bientôt des mesures juridiques à l'encontre de l'enseignant.


Le problème réside dans le fait que la loi, à travers l'article 186 du code pénal, autorise les enseignants à avoir recours aux punitions corporelles. L'article 186 autorise « les corrections infligées aux enfants par leurs parents ou leurs maîtres dans la mesure où elles sont tolérées par l'usage commun ». Mais le ministère de l'Éducation, conscient du problème, envoie régulièrement et depuis plusieurs années des circulaires aux établissements scolaires publics et privés, interdisant formellement le recours à la violence, sous toutes ses formes.

 

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