Passons rapidement sur ce qui était attendu. La Fed a réduit de 10 milliards de dollars le rythme mensuel de ses injections de liquidités et a abandonné sa guidance quantitative. Arrêtons-nous plutôt sur ce qui a surpris. Chaque membre du FOMC a revu ses prévisions économiques et adapté en conséquence la trajectoire de taux directeur appropriée. Il en ressort que :
a) le chômage baisserait un peu plus vite que ce qui était prévu en décembre ;
b) l'inflation remonterait très graduellement vers sa cible ;
c) la remontée des taux directeurs commencerait plus tôt dans le courant de 2015.
En décembre, le scénario médian mettait le taux directeur à 0,75% fin 2015 et 1,75% fin 2016. Désormais, ce taux serait de 1% fin 2015 et de 2,25% fin 2016. En somme, le FOMC a ajouté une hausse des taux de 25 bp en 2015 et une autre en 2016. Il s'agit d'un léger resserrement du réglage monétaire futur. Mais ce signal modeste a été renforcé – peut-être de manière non intentionnelle – par Mme Yellen. La Fed considérait depuis longtemps qu'il y aurait une « période considérable » entre la fin des achats d'actifs et la sortie de la politique de taux zéro. Mme Yellen s'est aventurée à qualifier ce terme
« considérable » en disant que cela couvrait une période d'environ six mois. Le calcul est alors vite fait : fin du QE vers octobre 2014, 6 mois = première hausse des taux au printemps 2015. Cela pourrait provoquer un changement assez notable des anticipations du marché qui s'attendait jusqu'alors à une première hausse des taux vers l'automne 2015. Nous ne sommes pas certains que Mme Yellen ait voulu envoyer un signal aussi restrictif.
D'une part, la vue majoritaire à la Fed n'est pas que l'économie est en plein boom ni que l'inflation est une menace imminente. D'autre part, le réglage monétaire qui est décrit par Mme Yellen et ses collègues est en fait très (voire trop) accommodant. Ainsi, à la fin 2016, le FOMC considère que la Fed aura rempli son double mandat puisque le chômage est vu à 5,6% (le niveau de plein emploi est 5,5%) et l'inflation à 1,9% (la cible est de 2%). Dans ces conditions, la politique monétaire devrait être neutre, autrement dit un taux des fonds fédéraux devrait être de l'ordre de 4%. Or le FOMC suggère que ce taux n'aura alors même pas dépassé 2,5%. C'est ce point-là qui paraît le plus notable ou étonnant dans la communication de la Fed.
Économie
La Fed hausse des taux un peu plus précoces
OLJ / le 21 mars 2014 à 00h00

