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Nos lecteurs ont la parole - Jana Aouad

Entre terre et mère...

C'est le début du printemps... D'ailleurs, au Liban, le printemps a toujours été là, à l'heure. Et ne parlons pas du printemps des pays arabes qui s'est limité à une simple métaphore et qui ne s'est toujours pas concrétisé.
À l'occasion de cette semaine conçue pour la mère, nous n'allons pas jouer la carte clichée. Éloges, amour, remerciements. Les articles dans les journaux et sur les réseaux sociaux sont certainement toujours beaux à lire et, dans certains cas, catalyseurs de chaudes larmes qui nous rappellent que nous sommes toujours humains à l'intérieur, malgré la froideur qui nous enrobe depuis quelque temps.
Le printemps est là ? Mais il l'a toujours été, en catimini, même si, au Libnan, c'est l'hiver des cœurs qui régnait. La pluie, tel le dragon d'Éragon, a finalement lâché ses gouttes pour nous assurer qu'elle existe toujours. La fête, d'emblée, ne s'est point limitée à la mère charnelle, les sourires se sont dessinés dans les coins et les recoins des territoires libanais, tout en suscitant un calme prudent : chère terre-mère, arriveras-tu à survivre cette année ? Balzac avait dit que le cœur d'une mère est un abîme au fond duquel se trouve toujours un pardon. Alors, sommes-nous, chère mère, digne de tes pleurs ? D'être grondés ?
Mère, nous devenons tous amers de l'intérieur, des âmes errantes qui trouvent des excuses pour justifier leur décadence : la situation au Liban, les réseaux sociaux, le manque de foi et d'humanité partout, et pleins d'autres alibis qui justifient notre inhumanité. L'amour que nous éprouvons pour toi, chère mère, est incontestable, à la fois authentique et fort. Nos yeux d'où les larmes ne coulent plus à force de voir autant d'atrocités cherchent l'espoir désormais parmi les nuages.
Dans cette semaine consacrée à la mère, nous n'allons pas laisser couler des larmes ; par contre, nous répandrons la joie d'aimer et la joie d'avoir quelqu'un qui nous aime en retour. En cette saison où tout bourgeonne, la nature nous envoie des flots d'amour pour une terre aimée, enviée par tous. Réveillons l'humanité en nous, drainons toutes les saletés de notre âme cumulées à travers ces dernières années et admettons que pour être vivant, il faut aimer l'autre et non pas trouver un autre doigt pour se cacher derrière. Autrui peut être un homme, une femme, un enfant, un chat, une terre, une plume. Et pourquoi ne pas aimer une plume ? Il faut garder l'esprit ouvert pour ne pas se renfermer sans le savoir. Aimer l'autre, mais vraiment aimer sans prétendre, pas seulement pour un jour, pas d'une manière sélective, pas pour des intérêts personnels, pas jusqu'à en mourir, mais pour simplement pouvoir continuer à aller de l'avant. Aimer la vie, la terre et autrui, ce n'est pas la mer à boire.

Jana AOUAD

C'est le début du printemps... D'ailleurs, au Liban, le printemps a toujours été là, à l'heure. Et ne parlons pas du printemps des pays arabes qui s'est limité à une simple métaphore et qui ne s'est toujours pas concrétisé.À l'occasion de cette semaine conçue pour la mère, nous n'allons pas jouer la carte clichée. Éloges, amour, remerciements. Les articles dans les journaux et sur les réseaux sociaux sont certainement toujours beaux à lire et, dans certains cas, catalyseurs de chaudes larmes qui nous rappellent que nous sommes toujours humains à l'intérieur, malgré la froideur qui nous enrobe depuis quelque temps.Le printemps est là ? Mais il l'a toujours été, en catimini, même si, au Libnan, c'est l'hiver des cœurs qui régnait. La pluie, tel le dragon d'Éragon, a finalement lâché ses gouttes pour nous...
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