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À La Une - Les Femmes De La Semaine

Municipales à Paris : L’héritière contre l’affranchie

Anne Hidalgo est en tête des sondages face à Nathalie Kosciusko-Morizet.

La socialiste Anne Hidalgo (à droite sur la photo) et l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet se disputent la succession de Bertrand Delanoë à Paris. AFP PHOTO / JOEL SAGET

Pour la première fois dans l'histoire de France, une femme va être élue fin mars maire de Paris à l'issue d'un duel inédit entre une ex-ministre de droite à l'ambition affichée et une militante de gauche longtemps restée dans l'ombre mais donnée favorite. La socialiste Anne Hidalgo et l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) se disputent la succession de Bertrand Delanoë à Paris, où la droite caresse l'espoir ténu d'une alternance treize ans après la victoire de la gauche.

Le premier tour des municipales aura lieu ce dimanche, le second, le dimanche suivant, le 30 mars.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet se décrit comme une "tueuse" : "Je suis une tueuse. Tout le monde, en politique, est un tueur. Certains savent tirer, d'autres non. Certains tirent en pleine face, la plupart le font dans le dos. Je tire en pleine face", avait confié NKM à NBC News.

La seconde a lancé récemment lors d'un meeting : "Etre maire de Paris, c'est aimer les concierges et les stars, parce que les concierges sont les stars de notre quotidien!". C'est la récompense d'une carrière bâtie pierre à pierre, avec une patience et une détermination d'airain : à 54 ans, la socialiste Anne hidalgo est favorite pour accéder à la tête de la mairie de Paris, sa "ville fantasme". Elle assure d'ailleurs avoir repoussé un ministère pour se lancer dès septembre 2012 dans son "combat pour Paris". Née en Andalousie le 19 juin 1959, immigrée en France en 1961 avec ses parents avec lesquels elle vécut "une enfance heureuse" dans une cité ouvrière lyonnaise, la brune ambitieuse réussit en 1982 le concours national de l'Inspection du travail.

 

Anne Hidalgo et le maire de Paris Bertrand Delanoë lors d'un meeting électoral le 13 mars à Paris. REUTERS/Philippe Wojazer

 

Elle prend sa carte du Parti socialiste en 1994 et rencontre en 1999 Bertrand Delanoë, qui lui conseille de labourer le terrain et de tisser des alliances qui lui servent aujourd'hui. Un incident, en octobre 2002, décide du destin s'esquissant à l'ombre du maire de Paris, qui a fait d'elle sa première adjointe dès son élection en 2001. Bertrand Delanoë, poignardé par un déséquilibré, est hospitalisé dans un état grave. Elle prend les rênes de la municipalité, affichant une inébranlable loyauté face aux appétits naissants. Bertrand Delanoë l'adoube.

"C'est une main de fer dans un gant de velours", entend-on souvent au sujet d'Anne Hidalgo, qui est mère de trois enfants. Ses partisans la jugent "bosseuse" et "battante", au prix de quelques "colères froides", ses détracteurs la qualifient de "sectaire", "cassante", "méprisante".

 

Face à elle, Nathalie Kosciusko-Morizet porte à 40 ans les espoirs d'une droite parisienne malade de ses querelles, incarnant selon les stratèges de l'UMP "l'hybride politique" à même de séduire un électorat qui s'embourgeoise tout en s'ancrant à gauche.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet lors d'un meeting de campagne au Cirque d'Hiver à Paris, le 19 mars 2014. REUTERS/Charles Platiau

 

L'ancienne ministre de l'Ecologie de Nicolas Sarkozy serait le reflet de "la bourgeoise tout à la fois chic et bohême" susceptible de réconcilier les "beaux quartiers" et les arrondissements populaires de la capitale.

Le défi, insurmontable si l'on en croit les derniers sondages, n'a pas effrayé cette ambitieuse à la chevelure vénitienne et à la sophistication un peu hautaine.

Son entrée en lice a pourtant été critiquée autant dans son propre camp, où elle a malmené les barons parisiens, qu'à gauche. "Parachutage" (députée de l'Essonne depuis 2002, elle a abandonné son mandat de maire de Lonjumeau en février 2013), "tourisme électoral", "candidate des médias et du système": les amabilités n'ont pas manqué au sein de la droite parisienne et ont émaillé la campagne de la primaire qui l'a désignée chef de file le 3 juin 2013 avec 58,16% des voix.

Violoncelliste et ingénieure des Eaux et Forêts, Nathalie Kosciusko-Morizet cache sous une fragilité apparente de grands desseins et un fort caractère, qui lui valent un relatif isolement au sein de sa famille politique. En effet, NKM, dont les aïeux sont polonais, ne fait pas mystère de ses ambitions présidentielles. Mais lorsque ses adversaires l'accusent de ne considérer la mairie de Paris que comme un marche-pied, elle affirme que "sa seule obsession est la bataille pour Paris".

 

Le duel entre NKM, diplômée de la prestigieuse École polytechnique, et Mme Hidalgo, ancienne inspectrice du travail, s'est davantage manifesté par de petites phrases assassines sur l'image de chacune que sur l'avenir d'une métropole de 2,2 millions d'habitants. Des réseaux sociaux ont notamment régulièrement pris NKM pour cible durant une campagne à la stratégie parfois hasardeuse. La candidate de droite a fait l'objet de railleries après avoir décrit le métro comme un "lieu de charme" où l'on peut connaître "des moments de grâce".

 

Des passants devant les affiches électorales d'Anne Hidalgo et NKM à Paris le 18 mars 2014. REUTERS/Charles Platiau

 

Côté programme, les deux candidates se livrent à une bataille de chiffres pour que Paris reste fidèle à son image de "plus belle ville du monde".

Anne Hidalgo, soutenue également par le Parti communiste, a présenté un programme d'investissements de 8,5 milliards d'euros. Elle cite au rang de ses priorités un meilleur accès à un logement, des transports plus confortables, l'importance de la nature dans la ville.

"NKM" a de son côté annoncé sa volonté de réduire les effectifs de fonctionnaires à Paris pour atteindre une économie de 225 millions d'euros d'ici à 2020. Elle voudrait aussi "piétonniser" le centre-ville et renforcer la politique de sécurité...

La pollution à Paris a aussi fait l'objet ces derniers jours d'une passe d'armes entre les deux femmes.

Dans ce "duel de femmes" inédit décliné ab libitum par les médias, les autres candidats, un élu écologiste, la secrétaire nationale du Parti de gauche, un avocat du Front national (extrême droite) et un dissident de l'équipe de "NKM", suspendu par son parti, sont réduits à faire de la figuration.

 

Pour la première fois dans l'histoire de France, une femme va être élue fin mars maire de Paris à l'issue d'un duel inédit entre une ex-ministre de droite à l'ambition affichée et une militante de gauche longtemps restée dans l'ombre mais donnée favorite. La socialiste Anne Hidalgo et l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) se disputent la succession de Bertrand Delanoë à Paris, où la droite caresse l'espoir ténu d'une alternance treize ans après la victoire de la gauche.
Le premier tour des municipales aura lieu ce dimanche, le second, le dimanche suivant, le 30 mars.
 
Nathalie Kosciusko-Morizet se décrit comme une "tueuse" : "Je suis une tueuse. Tout le monde, en politique, est un tueur. Certains savent tirer, d'autres non. Certains tirent en pleine face, la plupart le font dans le dos. Je tire en pleine face",...
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