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CD, DVD - Un Peu Plus De...

French night

Et voilà, une fois de plus, un nouvel effet de mode sévit à Beyrouth. Une mode qui existe depuis quelques années déjà, mais qui connaît aujourd'hui un boom typiquement libanais. Les french nights et les 80's nights. Coincées dans la programmation de la semaine entre une soirée karaoké, une bellydancer party et un quinoa gathering. Pas n'importe quelle french night. Pas une compilation de ce que la France fait de mieux aujourd'hui. Pas de Daft Punk ou de Benjamin Biolay, ni de Phoenix ou de Woodkid. Non. La french night sauce debs el-remman, c'est Claude Barzotti, Herbert Léonard et Desireless. Les démons de minuit, Nuit de folie ou On va s'aimer. Une espèce de combo dans le même genre qu'une salade du chef servie par Bernard à l'Atcl au jeune homme en chemise Faço et Sebago. Un mélange totalement désuet, mais qu'on chérit particulièrement au Liban. La nostalgie est le leitmotiv des Libanais. Tout ce qui leur rappelle leur passé, ils adorent. Et ils connaissent par cœur les paroles de toutes les chansons du Rital – qui a drainé 4 000 personnes lors de ses récitals de la Saint-Valentin – comme s'ils avaient appris les textes en classe de 1e B pour les présenter à l'oral de l'anticipation. Un phénomène aussi étrange que surprenant. Pour qui a vécu en France à la même époque que l'éclosion de ces chansons, tout ceci est totalement anachronique. Qui sont donc Mario Pelchat, Bernard Sauvat ou encore Joe Diverio ? Pour les anciens expats, personne. Par contre, pour les résistants de la première heure, c'est Ho capito che ti amo. Chantez-leur un extrait de cette chanson dont vous n'avez jamais entendu parler, ce sont direct des centaines de souvenirs qui resurgissent. Et les souvenirs impliquent des retrouvailles. Une sorte de Facebook à grande échelle où on se retrouve au Cellar pour célébrer les 20 ans de la promotion 88. Au Cellar ou au Gargotier. Et pour les «vingtenaires» de 1993, les quadras d'aujourd'hui, c'est au rythme de la voix d'Alain Barrière qui chante la Piaf sur Elle va chanter. Réminiscences du Music Box et de ses escaliers. Alain Barrière, l'idole de leurs parents, époque Salut les Copains. Si les 80's nights sont un phénomène récurrent en France et en Europe, un phénomène qui permet aux stars oubliées, aux fabricants des One Wit Wonder de se rappeler au bon souvenir de leurs anciens fans et de remonter sur scène dans des tournées où on fait tourner les serviettes, les french nights sont plutôt un miracle local. Après ces soirées où on chante à tue-tête Life is Life, la tête flanquée d'un chapeau pointu et d'une fausse perruque rasta en acrylique, les yeux planqués derrière de gigantesques lunettes à paillettes, des cotillons dans la main droite et des serpentins dans la gauche comme dans une mauvaise soirée de Nouvel An, applaudissant le DJ qui se prend pour une rock star, les bras levés vers le ciel, on va tanguer sur le parquet ciré. Ici, ce n'est plus le chapeau argenté qui est pointu. C'est le style musical. Qui dit morceaux français connus par la crowd libanaise, dit aussi 80's. On lorgne vers Peter et Sloane et on s'injecte des shots de Cloclo et de Dalida au passage. Et les vingtenaires d'aujourd'hui balancent leurs bras comme les sirènes du port d'Alexandrie. Parce que la nostalgie frenchie coucou est contagieuse et qu'elle passe de génération en génération. Un peu comme si on voyait nos gamins conduire une BM 2002, un whiskey coke à la main venu remplacer le Jamaïca sans alcool. Ils connaissent les faces B des seuls disques qui réussissaient à arriver au Liban dans les années de guerre. Ces années qui rendent nostalgiques les Libanais. Comme si cette période aussi violente était plus douce qu'aujourd'hui. Comme si survivre c'était vivre. Comme si ces chansons qu'on écoutait à la lumière de la bougie, coincés dans un abri, sur une radiocassette alimentée à la « battariyé Reovac » étaient le seul témoignage de cette tranche d'histoire dont on a fait table rase. Comme si un morceau de Raoul Di Blasio que l'on fredonne au volant de sa voiture, les fenêtres fermées, faisait office de monument historique, de memoriam. Comme si on réalisait aujourd'hui avec mélancolie que c'était vraiment mieux avant. Le paradoxe libanais dans toute sa puissance.

Et voilà, une fois de plus, un nouvel effet de mode sévit à Beyrouth. Une mode qui existe depuis quelques années déjà, mais qui connaît aujourd'hui un boom typiquement libanais. Les french nights et les 80's nights. Coincées dans la programmation de la semaine entre une soirée karaoké, une bellydancer party et un quinoa gathering. Pas n'importe quelle french night. Pas une compilation de ce que la France fait de mieux aujourd'hui. Pas de Daft Punk ou de Benjamin Biolay, ni de Phoenix ou de Woodkid. Non. La french night sauce debs el-remman, c'est Claude Barzotti, Herbert Léonard et Desireless. Les démons de minuit, Nuit de folie ou On va s'aimer. Une espèce de combo dans le même genre qu'une salade du chef servie par Bernard à l'Atcl au jeune homme en chemise Faço et Sebago. Un mélange totalement désuet, mais qu'on...
commentaires (1)

Que la Saine parole soit la meilleure et la pire des choses, on peut l'admettre. Il faut dire qu’il s’agit plutôt de figures tellement frappantes, d'expressions, de manières de dire si éloquentes, qu'elles traduisent ce qu’on s’efforce d'exprimer bien mieux qu’on ne saurait le faire. Il ne faudrait s'excuser que brièvement de cette manie tant le bonheur de son utilisation est sublime ! Et pour s'absoudre de tant parler d’eux avec les mots des autres, on peut dire qu’on ne parlerait pas tant d’eux s'il y avait quelqu'un d'autre que l’on connait aussi bien. On comprend donc que des Niais soient séduits par des "personnes" que le monde n'intéresserait que dans la mesure où il pourrait leur donner des indices sur leur "propre" personne ! Et ils sont à l'évidence moult dans ce cas parmi ces Pseudo-araméanisés. Ce nombrilisme surdimensionné ne conduit ces individus qu’à déblatérer des prétendues performances pour espérer rester encore maybe(h) dans l’actualité, comme disent leurs pétulants admirateurs. Puisque dans leur Petite histoire on relève notamment la mauvaise désobéissance ; pas celle bien sûr qui inspira Gandhi le Mahatma ; et surtout la lutte contre l’intégrité car il est obligatoire, semble- t-il, de rappeler sans cesse qu'ils ne sont que de simples farceurs dévergondés ! Comme s'il était plausible de prendre pour des humanistes épris de déontologie, des mercantiles phénicisés.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

07 h 11, le 15 mars 2014

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Commentaires (1)

  • Que la Saine parole soit la meilleure et la pire des choses, on peut l'admettre. Il faut dire qu’il s’agit plutôt de figures tellement frappantes, d'expressions, de manières de dire si éloquentes, qu'elles traduisent ce qu’on s’efforce d'exprimer bien mieux qu’on ne saurait le faire. Il ne faudrait s'excuser que brièvement de cette manie tant le bonheur de son utilisation est sublime ! Et pour s'absoudre de tant parler d’eux avec les mots des autres, on peut dire qu’on ne parlerait pas tant d’eux s'il y avait quelqu'un d'autre que l’on connait aussi bien. On comprend donc que des Niais soient séduits par des "personnes" que le monde n'intéresserait que dans la mesure où il pourrait leur donner des indices sur leur "propre" personne ! Et ils sont à l'évidence moult dans ce cas parmi ces Pseudo-araméanisés. Ce nombrilisme surdimensionné ne conduit ces individus qu’à déblatérer des prétendues performances pour espérer rester encore maybe(h) dans l’actualité, comme disent leurs pétulants admirateurs. Puisque dans leur Petite histoire on relève notamment la mauvaise désobéissance ; pas celle bien sûr qui inspira Gandhi le Mahatma ; et surtout la lutte contre l’intégrité car il est obligatoire, semble- t-il, de rappeler sans cesse qu'ils ne sont que de simples farceurs dévergondés ! Comme s'il était plausible de prendre pour des humanistes épris de déontologie, des mercantiles phénicisés.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 11, le 15 mars 2014

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