Achraf Rifi recevant la famille de Joseph Sader, hier. Photo ANI
L'affaire du cadre supérieur de la MEA Joseph Sader, enlevé il y a près de cinq ans sur la route de l'aéroport par des miliciens qui se sont repliés vers la banlieue sud, est-elle enfin sortie des oubliettes? L'attitude adoptée par le président Michel Sleiman et le nouveau ministre de la Justice, le général Achraf Rifi, permet de l'espérer.
Le général Rifi a ainsi réaffirmé hier sa détermination à suivre ce dossier « jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix », soulignant qu'il considère cette affaire comme étant la sienne. Le ministre de la Justice a fait une déclaration en ce sens à l'issue d'une réunion qu'il a tenue avec la famille de Joseph Sader, venue le remercier pour « son suivi sérieux du dossier ». « Cette affaire est la mienne et celle de tout citoyen libanais libre, et nous ne l'abandonnerons pas », a affirmé le général Rifi, qui a déploré le fait que « ce dossier discuté lors d'une réunion de la commission parlementaire des droits de l'homme, il y a deux ans, n'ait pas eu de suivi ». « Aucune enquête sérieuse n'est venue élucider les points évoqués lors de cette réunion très importante, a relevé le ministre de la Justice, mais le président de la République Michel Sleiman a saisi les autorités judiciaires des propos que j'ai tenus devant les médias et a demandé de considérer ces propos comme une note d'information. Ils ont été transférés au parquet près la Cour de cassation puis au ministère de la Justice, et le dossier a enfin été transféré au Parlement, et nous avons pu avoir le compte rendu de la séance » (de la commission des Droits de l'homme).
Le ministre Rifi a ensuite souligné qu'il ressort des données qui sont en sa possession et des propos de l'épouse de Joseph Sader que le rapt a eu lieu afin que Joseph Sader soit remplacé par quelqu'un d'autre au sein de la compagnie. Le général Rifi a en outre mis l'accent sur les informations évoquées par Sofia Sader, la fille du disparu. Cette dernière a en effet confirmé que la voiture des ravisseurs, sa marque et sa couleur, ainsi qu'une partie de sa plaque d'immatriculation (trois chiffres) et la destination vers laquelle elle s'était dirigée, étaient connues. « Nous savons aussi que les ravisseurs ont brandi leurs armes en direction des membres des Forces de sécurité intérieure qui poursuivaient la voiture et ont contraint ces derniers à se retirer de la zone où ils se trouvaient », a souligné Sofia Sader, évoquant les instructions reçues, une semaine avant le rapt, par certains établissements commerciaux présents sur la route de l'aéroport qui possèdent des caméras de surveillance, qui ont été priés de ne pas diriger le champ de leur caméra en direction de la route de l'aéroport, prétextant des considérations d'ordre sécuritaire.
« Nous comptons sur M. Rifi pour aboutir au résultat escompté », a ajouté Sofia Sader, qui a remercié le ministre de la Justice et le président Sleiman « qui prennent cette affaire au sérieux, et qui la prennent à cœur ». Et d'ajouter : « Notre histoire n'est pas une affaire de famille, mais elle est en rapport avec le pays. Nous sommes heureux de savoir que ce dossier a été rouvert après cinq ans, et nous rencontrerons tous les responsables politiques bientôt pour aboutir à un résultat satisfaisant. »
Le procès contre Ibrahim el-Amine débute le 9 avril
Sur un autre plan, le ministre de la Justice a commenté le transfert du dossier du journaliste Ibrahim el-Amine devant le parquet général de cassation, en disant: « Je crois en la liberté des médias et je refuse l'État sécuritaire de façon catégorique, mais l'atteinte au symbole que représente le président de la République est inadmissible et défendue par la loi. Un État sans respect n'en est pas un. Le temps de la calomnie est révolu. »
Le Tribunal des iImprimés, présidé par le juge Roxe Rizk, a reçu par ailleurs hier le dossier de l'accusation contre le journaliste Ibrahim el- Amine et le quotidien al-Akhbar accusés d'atteinte à la dignité du chef de l'État et de diffamation à l'égard du président de la République dans le cadre de deux articles parus les 3 et 4 mars. Le juge Roxe Rizk a fixé la date du début du procès au 9 avril.


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