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Nos lecteurs ont la parole - Abdel Hamid El-Ahdab

Le gouvernement des consuls honoraires ...

Le premier gagnant du gouvernement « made in Lebanon » des consuls honoraires est le Dr Samir Geagea. L'histoire était à la recherche d'un nouveau Raymond Eddé, et voilà que le Dr Geagea brandit les slogans que le Amid avait jadis mis en avant contre l'accord du Caire, accord qui avait abouti à la guerre civile qui a duré quinze ans. Personne n'avait voulu écouter le Amid et tous lui avaient conseillé la modération, mais ce grand personnage affichait une fermeté sans faille dans les postions qu'il avait adoptées. Trois tentatives d'assassinat avaient été commises à son égard et on l'avait suivi jusqu'à Rome pour une quatrième tentative, mais il y avait heureusement échappé et il était demeuré la vraie conscience et le vrai défenseur du Liban.
Qui aurait imaginé que le « Hakim » succéderait au Amid ? Ce dernier considérait le Hakim comme son pire ennemi, mais celui-ci a beaucoup changé et n'a plus rien à voir avec le personnage d'hier. Il ne lui est resté, de l'héritage passé, qu'un ex-ministre de la Justice qui exerçait sa profession d'avocat au cours même de son mandat de ministre.
Sans le Hakim, le Liban aurait été réellement orphelin, et aux moments les plus difficiles de son histoire. Celle-ci se répète : le gouvernement « made in Lebanon » des consuls honoraires est le même que celui qui a été formé en 1969 après la signature de l'accord du Caire et la démission du gouvernement de Rachid Karamé. Ce dernier était demeuré attaché à l'accord du Caire et avait maintenu sa démission pendant dix mois. Un gouvernement groupant les « contraires » avait été finalement formé qui avait adopté l'accord du Caire. Le Parti national libéral y avait lui-même participé en la personne de Habib Moutran, en dépit de l'opposition de Camille Chamoun. Habib Moutran avait essayé de se justifier en disant qu'il en est ainsi en politique et que sa participation au gouvernement ne signifiait pas qu'il était en désaccord avec son parti ! Comprenne qui pourra...
Aujourd'hui, ce gouvernement qualifié de « pur produit libanais » n'est pas monté par un Rustom Ghazaleh (ce qui suscite la colère de Wi'am Wahhab et explique son boycott par Jamil Sayyed). Mais il demeure caractérisé par une énième participation d'un parti, le Hezbollah, devenu une colonie militaire iranienne qui combat et tue le peuple syrien. Les positions hier encore affichées par les consuls honoraires ont été abandonnées et ces barons s'assoient à présent à la même table que ceux qui assassinent le peuple syrien.
Un gouvernement avec au moins un ministre de l'Information qui lit le rapport de la réunion du Conseil des ministres sans commettre des fautes linguistiques et grammaticales comme l'ancien ministre continuellement moqué par Rachid Derbas à ce sujet.
Le ministre de l'Information a désormais des missions ministérielles et partisanes. Il est soudainement entré au parti Kataëb !
Le ministre des Kataëb, Sejaan Kazzi, qui était le compagnon de Bachir Gemayel qui disait « non à la Syrie, non à Israël » et avec lequel il défendait l'emblème du Liban des « 10 452 kilomètres carrés », brandit aujourd'hui l'emblème du « kilomètre », du seul kilomètre. Il maintient que « cheikh Amine » et Saad Hariri conçoivent, à l'image de « cheikh Béchara » et Riad el-Solh, un pacte national ! Cheikh Béchara ne mérite-t-il donc pas un peu plus de respect dans sa tombe ?
Et Alia el-Solh n'a-t-elle donc pas droit à quelque repos dans sa tombe ? L'on se demande un peu ce qu'elle aurait fait si elle avait entendu ce discours.
La « fabrication au Liban » n'est pas importante. Le plus important est la fabrication dans l'intérêt du Liban. Ce qui a été monté avec des consuls honoraires n'a pas été conçu dans l'intérêt du Liban. Un jour après l'annonce du nouveau gouvernement, Ounsi el-Hajj est mort. Les pays sont fiers de leurs grands hommes. L'Égypte est fière de Taha Hussein, la France est fière de Corneille et l'Angleterre est fière de Shakespeare. Notre Ounsi el-Hajj, nous l'avons, nous, tué. Personne n'en a entendu parler. Il était plus important que Taha Hussein, Shakespeare et Corneille, mais nous sommes un peuple qui ne mérite pas un Raymond Eddé, qui a transformé la maison de Fouad Chéhab en cabaret et qui estime que le Hakim est le grand perdant d'un gouvernement fabriqué au Liban pour aider au massacre du peuple syrien.
Le gouvernement « made in Lebanon » aurait dû être présidé par Rachid Karamé, ou Omar, ou Fayçal, soit l'accord du Caire, et non par Saëb Salam qui partageait le même avis que Raymond Eddé, mais qui était dans une position beaucoup moins confortable parce qu'il devait convaincre son environnement de l'erreur que constituait l'accord du Caire. Son environnement n'en fut convaincu qu'après sa mort et il brandit alors le slogan « Le Liban d'abord ». Saëb Salam ne fut jamais un consul honoraire et c'est la raison pour laquelle il fut menacé d'assassinat et qu'il émigra pendant quinze ans loin de Mousseitbé.
Si Ounsi el-Hajj était encore vivant, qu'aurait-il écrit le samedi dans al-Akhbar au sujet du gouvernement des consuls honoraires ?
Nombreux sont ceux qui écrivent et haussent la voix avec beaucoup de talent, comme Betty Taoutel dans la pièce de théâtre Passeport 10452. Elle y exprime toute la tragédie des Libanais gouvernés par les consuls honoraires, la souffrance des gens, leur subjugation, leur humiliation, avec un art extraordinaire et une voix fulgurante. Son fils, Omar, dans la pièce de théâtre (qui est de religion chrétienne), pleure parce que tous ses camarades de classe ont une autre nationalité venant s'ajouter à la nationalité libanaise, alors qu'il fait partie, lui, des minorités qui ne disposent que d'un seul passeport ! Pauvre Omar...
Mais où se cachent-ils, ces talents ? Ils sont le génie, la grandeur du Liban.
Si Ounsi el-Hajj avait rédigé un dernier article lors de la formation de ce gouvernement, il aurait écrit : « Un gouvernement de l'accord du Caire nous est offert à nouveau. Que Dieu vous honnisse, Messieurs les Consuls honoraires... »

Abdel Hamid EL-AHDAB
Avocat

Le premier gagnant du gouvernement « made in Lebanon » des consuls honoraires est le Dr Samir Geagea. L'histoire était à la recherche d'un nouveau Raymond Eddé, et voilà que le Dr Geagea brandit les slogans que le Amid avait jadis mis en avant contre l'accord du Caire, accord qui avait abouti à la guerre civile qui a duré quinze ans. Personne n'avait voulu écouter le Amid et tous lui avaient conseillé la modération, mais ce grand personnage affichait une fermeté sans faille dans les postions qu'il avait adoptées. Trois tentatives d'assassinat avaient été commises à son égard et on l'avait suivi jusqu'à Rome pour une quatrième tentative, mais il y avait heureusement échappé et il était demeuré la vraie conscience et le vrai défenseur du Liban.Qui aurait imaginé que le « Hakim » succéderait au Amid ? Ce...
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